L. Puissance divine
Mime rampant
•■•iii
La Fonte de l'acier
L'i've'nt'èàn' é
LOiseau
Eulhousiasme de l'amour
La Paix
La tiécision d'aimer
3runnhilde
L'Amour héro-ique
La TralSson par la magie
Bienvenue de Gutriine
Justice de l'expiation
Le Meurtre
le rideau se lève... nous ne sommes nullement surpris de nous trouver au fond d'un large fleuve coulant à pleins bords; notre esprit l'avait déjà conçu tel que le montre le décor.
[Ce prodigieux motif, qu'on appelle souvent motif de l'Élément Originel, restera destiné, dans toute la « Tétralogie », à personnifier Le Rhin, et néanmoins ses rappels ne seront pas des plus fréquents. En dehors du Prologue, qu'il encadre, nous le retrouverons seulement, d'une façon incidente, esquissé en passant dans la i'^ scène de « Siegfried )>, simplement parce que celui-ci, dans son langage imagé, parle de poissons qui nagent; il reprend la plus grande importance dans le « Crépuscule », toutes les fois qu il est question de rendre son bien au Rhin, considéré ici comme représentation de l'élément primordial, l'eau.
Mais son importance capitale domine l'œuvre entière, et se manifeste en ceci que la plupart des motifs les plus essentiels sont form^és de ses éléments constitutifs, c'est-à-dire des sons harmoniques naturels (l'accord parfait majeur), groupés de différentes façons et plus ou moins ornés de notes de passage que tout musicien saura discerner. Parmi ceux qui en dérivent ainsi le plus indubitablement et qu'on rencontrera par la suite, je citerai principalement : Les Filles du Rhin, VOr du Rhin, Les Pommes d'or, Les Nomes, Le Déclin des Dieux, L'Incantation du Tonnerre, L' Arc-en-ciel, L'Épée, La Chevauchée des Walkyries, Le Sommeil de Rrûnnhilde,... dont la signification, soit matérielle, soit psychologique, soit métaphysique, permet toujours d'établir un lien quelconque entre eux et l'idée de l'élément originel.]
Voici donc ce très important motif sous quelques-unes des formes principales qu'il revêt successivement dès le début du Prélude,
LE HHiy
lequel Prélude il remplit dans son entier, toujours croissant, grandissant et envahissant, sans jamais quitter le seul et unique accord de mi ^ majeur.
C'est une merveille d'audace et de génie.
Scène i. — Aussitôt qu'apparaît un nouvel accord, la vie elle-même se manifeste par la présence et le chant plein de séduisante innocence des charmantes Filles du Rhin, nageant gracieusement autour de leur Or.
LES FILLES TiC HHiy
WOGLINOE
Ce motif souple et charmeur, mélangé avec celui du Rliin, domine tout l'ensemble de la scène i, dans laquelle pourtant se dessinent certains rythmes saccadés et heurtés, apparaissant l'un à l'entrée d'Alberich [sol mineur), l'autre au 2/4, tous deux caractérisant, sans nul doute, la disgracieuse démarche et les allures répulsives de l'antipathique gnome.
[On reconnaîtra le deuxième au début de la scène iii.j
Lorsque Alberich a successivement essuyé les refus moqueurs des trois Ondines, il exhale sa rage en une sorte de cri douloureux, deux fois répété, formé de deux notes seulement, en seconde mineure descendante, qui exprime énergiquement le désespoir que lui cause son impuissance.
ALBRRICM
LA SEHVITUIjF
tria*:
as:^
Sv
Sp
Sv
Sv
[Cette brève formule restera attachée, pendant tout le cours de la «Tétralogie», aux idées de Servitude, de servage, d'asservissement, et ses emplois seront très fréquents, pour ne pas dire perpétuels.
Si elle est difficile à reconnaître en raison de sa brièveté, en revanche le caractère pénible de son expression la signale toujours à î/attention.]
Au moment où l'Or s'illumine, il est salué par une brillante fanfare, plusieurs fois répétée, qui restera son motif caractéristique,
LOn
visiblement dérivé du Rhin, ainsi que le veut la logique, puisque c'est de TOr du Rhin qu'il s'agit.
Dans l'ensemble chatoyant des trois voix qui suit immédiatement cette apparition de l'Or, il est glorifié par une sorte de cri de joie des n3''mphes, lequel affecte deux formes différentes, pouvant se présenter séparément ou réunies sans pour cela rien perdre de leur signification, mais ne restant pas plus attaché à leur personne qu'il n'entraînera nécessairement par la suite l'idée de la joie. C'est L' Adoration de l'Or, et rien autre.
Cette première forme est généralement répétée deux fois. (Il est d'ailleurs à remarquer que lorsque Wagner veut incruster un Leit-motif dans l'oreille de l'auditeur, il ne craint jamais d'insister dessus, et c'est là une des choses qui font qu'on n'a nul besoin de les chercher; il suffit de savoir écouter.)
\VELLG'lM)E ÀfiOHATlOA de LOM FLOSSHILDE
Dans la deuxième forme, il faut distinguer l'accent vocal, son inflexion caractéristique, et le dessin instrumental, scintillant comme du métal poli; l'un et l'autre seront employés isolément, sans que leur signification soit modifiée : c'est toujours L'Adoration de l'Or
C'est alors que Tune des nymphes commet l'imprudence insigne de révéler au gnome la toute-puissance qui serait attachée à cet or forgé en anneau, et cela, au moyen de ce nouveau motif, qui, on le remarquera, offre beaucoup de rapports avec celui de l'Anneau, lequel n'apparaît qu'un peu plus loin.
LA PilSSAyCE DE L'AyyEAl'
WELLGLNDE
fe
àS
Ici se noue, à vrai dire, l'action du drame entier; sans le bavardage inconsidéré des Nixes, Alberich n'aurait pas songé à dérober l'Or, qui va causer tant de malheurs.
Mais, pour posséder cet or, lui apprend à son tour une autre fille du Rhin, il faudrait renoncer à l'amour.
FEyoycE.MEyr a lamolb
WOCLINDE
''*• f. >,jv|
— : Mvi
-4Vi-» —
pp
JV
PiT'^^P
fr''i "-"
'^yi — [m
Alberich n'hésite pas longtemps; se voyant dans l'impossibilité d'atteindre et d'enlacer les agiles nymphes, il tourne son ambition vers la richesse et la puissance; l'orchestre, écho de sa pensée, murmure sourdement le thème de La Puissance de l' Anneau, suivi de la formule de Renoncement, et dès lors, s'élançant âprement sur le roc, le gravissant, l'escaladant plutôt, il peut s'emparer de ror convoité.
A l'extrême fin de la scène i apparaît pour la première fois le thème spécialement attaché à L'Anneau.
L'Ay.yEAV
[Celui-là, bien entendu, traversera l'ouvrage tout entier."]
Scène ii. — Par un procédé fréquent chez Wagner, mais qui trouve ici une de ses plus belles applications, le motif précédent, au moyen d'une suite de transfor- Diations insensibles, vient se fondre en celui du Walhalla,
878 VOYAGE A BAYREUTII
d'un caractère absolument différent, et dépeignant majestueusement la somptuosité du Palais des dieux. Ce motif déroule placidement sa splendeur dans la douce et calme tonalité de ré ^ majeur.