‹ Le voyage artistique à BayreuthChapitre 72 sur 107 · MIME RAMPANT · texte numérisé non relu

MIME RAMPANT

MIXiE

Htm

car elle ne s'applique à aucun autre personnage.

Avant que commence son interrogatoire, Mime cherche un prétexte pour s'esquiver ; il allègue qu'il habite depuis longtemps sa Forge et ne sait plus rien du monde : car il a reconnu Wotan dans le Voyageur, ainsi que nous l'apprend un court rappel du Wallialla ; pourtant il doit courber la tête sous La Servitude ; donc, il répondra.

ANALYSE MUSICALE 42ô

En premier lieu, Wotan lui demande ce qu'il sait de « la race héroïque à laquelle il semble cruel ». La réponse de Mime est accompagnée par tous les motifs des IVaîsu/tgs, leur Race, leur Héroïsme, et même Siegfried gardien de l'Épée.

En second lieu, il veut savoir « quel fer doit brandir le jeune homme pour conquérir l'anneau en terrassant le Dragon ». Ici le seul motif qui se mélange à ceux de Mime rampant et de La Forge, c'est L'Epée, l'épée des dieux.

En troisième lieu enQn, il est rais en demeure de désigner « celui qui j)ourra reforger cette lame brisée ». C'est alors que Mime se perd, car il ne sait pas nom- (uer Siegfried ; mais l'orchestre nous le fait connaître par le retour persistant de V Amour de la vie, qui ne laisse aucun doute sul^sister sur la personnalité du héros.

Wotan va se retirer. L'harmonie étrange et solennelle qui la introduit, Wotan errant, reparaît, pour bientôt faire place à L'Épée, au Traité, au Dragon, lorsque le dieu vainqueur voue la tête du vaincu à celui qui n'a jamais connu la peur, à celui qui tuera le Dragon, autreireraent dit à Siegfried gardien de l'Épée.

Les sifflements railleurs de Loge apparaissent sous les dernières paroles de Wotan, pour continuer pendant une bonne partie de la scène qui vient.

Scène m. — Quoique très développée et du plus grand intérêt, celle-ci s'analyse assez rapidement.

Mime, resté seul, est d'abord terrorisé par les crépitements de feu de Loge; revient Siegfried, et avec lui les gais motifs du Désir de voyager et de L'Amour de la vie ; puis, accompagnant de la façon la plus spirituelle chaque phrase, parfois chaque mot du dialogue, on reconnaît successivement : Le Dragon, LJÉpée, L.a Servitude,

VOYAGE A BAYRKUTH

M'oran errant, Le Gardien de l'Épée, L'Amour de la pie, La Race des Wàlsungs, Loge, Le Charme des flammes. Le Sommeil éternel. Le Sommeil de Brïinnhilde , L' Appel du fils des bois... Pendant ce temps, Siegfried ne songe qu'à forger lui-même son glaive avec les tronçons que Mime lui a remis. Il se met à l'œuvre et chante gaiement, tout en limant l'acier et activant le feu. un joyeux Chant en trois couplets, le troisième avec d'élégantes variations, dont l'accompagnement imite le sifflement du soufflet de la forge, comme précédemment on a entendu le grincement de la lime : appelons-le Chant du soufflet, pour le distinguer d'un autre qui le suit de près. Mime, dans un coin, lui prépare sournoisement un breuvage empoisonné qui, selon lui, doit le plonger dans Le Sommeil éierncf et lui permettra de s'emparer lâchement du glaive si vaillamment reconstitué, après qu'il aura conquis à son profit L'Or et L'Anneau.) Peu après que Siegfried a trempé la forme en la plongeant dans une cuve d eau, ce c{!ii donne lieu à un curieux effet de sonorité imitative, apparaît le seul thème nouveau de cette scène, qu'on appelle généralement La Fonte de l'acier.

LA FONTE nE.L'ACJER

SIEGFRIED

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ANALYSE ilUSICALE

el qui se mélange avec une sorte de reprise en majeur du Chant du soufflet.

Ici se place un nouveau chant, le Chant de la Forge, rythmé par des coups de marteau sur l'enclume, d'une vérité étonnante; celui-là n"a que deux couplets, séparés par une réplique de Mime, qui continue ses manipulations malfaisantes.

Le deuxième couplet est à peine achevé lorsque Siegfried plonge de nouveau 1 arme encore rouge dans l'eau et s'amuse du bruit qu'elle fait en se refroidissant.

Ensuite, pendant qu il la termine et l'assujettit dans sa poignée, la martèle une dernière fois, nous reconnaissons les motifs de La Forge, de Mime rampant, de La Fonte de l'acier, de L'Épée, avec de curieux rythmes de deux et trois mesures, et finalement, lorsque Siegfried brise lenclume pour essayer le tranchant de son arme, jaillit le motif du Fils des bois, qui termine joyeusement l'acte.

2»« Acie.

Scène I. — Le Prélude, intimement lié à la scène i, nous fait tout d'abord entendre les rauques rugissements de Fafner, le survivant des deux Géants du prologue, trans-

formé en Dragon, et couvant jalousement son trésor et son Anneau (je rappelle que ce motif de Fafner n'est au tre qu'une transformation de celui des Géants, dont la note la plus grave est abaissée d'un demi-ton).

TAFNEK

Vers le milieu éclate La Malédiction de l'anneau, que suivent de près le r^-thme du Travail de destruction et Le Cri de tnoniphe du Nibelung. Alberich est en scène.

Aces motifs viennent s'adjoindre, peu après le lever du rideau, un dessin de Chevauchée et le thème de La Détresse des dieux, annonçant l'arrivée du dieu- voyageur, que salue un rappel du Walhalla.

L'état d'âme du gnome haineux à l'égard du dieu, dont il n'a pas oublié les procédés peu délicats, se manifeste par un nouveau motif, La Vengeance,

LA VElSGEAPiCE

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qui n'a dans l'ouvrage qu'une importance secondaire.

[Il reparaîtra pourtant dans le a Crépuscule des Dieux » au 2" acte, •cènes iv et v, sous uue forme plus saisissante.]

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On retrouve plus loin les thèmes de Wotan errant, du Courroux de Wotan, du Traité, de Xa Convention avec les géants, de Loge, de Za Malédiction de l'anneau, et d'autres faciles à reconnaître. Les quelques mots de Fafner à Wotan sont soulignés par son propre thème, auquel se mélange curieusement, pendant un instant, L'Épée qui semble menacer L'Anneau. Ensuite on reconnaît Les Norncs. Le Désir de voyager ; puis, au moment du départ de Wotan, La Chevauchée reparaît, avec un souvenir du Chant d'adieu de Wotan, immédiatement suivi de Z« iWalédiction de l'anneau, deux fois répétée, avec le rythme de Destruction, et la scène finit comme elle a commencé, par le motif de Fafner, sinistre et menaçant.

Scène ii. — Arrive Siegfried, conduit par Mime; L'Amour de la vie et le joyeux début de la strophe variée du Chant du Soufflet leur font escorte, avec quelques rythmes de Forge et une sorte de pressentiment du Sommeil de BrûnnJiilde. Mime, désireux d'enseigner La Peur à son élève, emprunte à Loge quelques traits chromatiques; on entend rugir Fafner, auquel Siegfried oppose L' Héroïsme des Wdlsungs ; L'Amour de la vie aussi est brièvement r8i^)elé.

Mime parti, ou plutôt caché, Siegfried reste seul en scène. Ici commence, à proprement parler, avec les dessins de doubles croches à 6/8, en m/ majeur, la ravissante

idylle dite « Les Murmures de la forêt », que les pages précédentes avaient déjà annoncée. A travers ces frais et calmes bruissements, nous percevons les idées qui se pressent dans lame du jeune héros ; il pense d'abord à La Race des Wàlsungs, puis à sa mère, ainsi que nous l'apprend L'Amour filial, ce qui le conduit à entrevoir la beauté et L'Amour, représenté ici par le thème de Freïa. Mais son attention est bientôt attirée par le chant d'un oiseau, qui sautille et gazouille dans les branches audessus de lui; voici quelques fragments de ce délicieux chant de L Oiseau.

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i^Il est bon de savoir que chacun des fragments ci-dessus aura parla suite une signification pré- L'oiseau. A

cise. Pour n'en donner quun seul exemple, le 3"^. par lequel L'Oiseau réTélera à Siegfried l'existence de la Walkyrie endormie, est identique au thème du Sommeil de Briinnhilde. lequel n'est lui-même qu'une transposition, avec modifications rythmiques , des Filles du RhinÀ

[A partir diri, il sera fait perpétuellement des allusions et aes

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