‹ Le voyage artistique à BayreuthChapitre 73 sur 107 · JO · texte numérisé non relu

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citations de ce Chant de L'oiseau, les unes très étendues et appelant forcément l'attention, d'autres consistant en quelques notes seulement : témoin celle-ci, qu'on trouvera dans l'interlude instrumental pendant lequel Siegfried traversera les flammes (3e acte, après la fin de la scène ii). Ici, quatre motifs sont en conjonction.]

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Donc, Siegfried, ayant entendu l'Oiseau, essaye d'abord de l'imiter au moyen d'un chalumeau rustique qu'il taille avec son Epée, ce qui motive un incident d'un doux comique ; n'y parvenant pas, il embouche son cor, et sonne sa joyeuse fanfare, L'Appel du fils des bois, dans laquelle il intercale, comme pour se mieux faire connaître, Siegfried gardien de l'Epée.

C'est Le Dragon qui lui répond par d'effroyables bail-

lemenls ; c'est Fafner qui sort de son antre pour livrer combat à son provocateur. Le combat a lieu; L'Épée atteint le cœur; Fafner va mourir. Mais, avant de mourir, il retrace son histoire, que l'orchestre commente à l'aide de plusieurs Leit-motifs appropriés : Le Travail de destruction, La Malédiction de l'anneau, Le Gardien de l'Épée, son vainqueur, Les Géants, L' Anneau, Le Dragon, Le Fils des bois, et enfin Fafner meurt, sur un coup de timbale, au second temps de la mesure.

Une éclatante fanfare du Fils des bois célèbre cette première victoire, puis aussitôt reprennent les « Murmures de la forêt ». Mais cette fois le langage de L'Oiseau est devenu intelligible ])our le jeune guerrier, parce qu'il a sucé le sang du dragon (?) ; pour nous aussi, mais par une autre raison : c'est qu'il est confié à un soprano.

Scène m. — La scène m, malgré son grand développement et sa complication, ne fait connaître aucun motif nouveau; il n'y a donc qu'à y rechercher ceux déjà présentés. Pour plus de clarté, considérons-la comme divisée en quatre parties.

Dans la première (dialogue entre ?\Iime et Alberich), les seuls motifs légèrement esquissés sont : Le Pouvoir du Casque, La Forge, et Le Cri de triomphe du Nibelung.

Dans la deuxième (quand Siegfried sort de la caverne), apparaissent : L'Anneau, L'Adoration de l'Or, L'Or, puis de nouveau les « Murmures de la forêt », bientôt associés à la Race des Wàlsungs.

Dans la troisième (lorsque Mime s'approche obséquieusement de Siegfried), c'est d'abord L'Oiseau et La Fonte de l'acier ; plus loin, la Complainte de l'Éducation, dont le ton doucereux est démenti par les paroles ; au moment de la mort de Mime, remarquer la singulière suite

de 3*='^^ descendantes et discordantes, empruntées à La Réflexion, qui, jointes au ricanement d'Alberich 'Za Forge), lui font une assez piteuse mais digne oraison funèbre.

Dans la quatrième partie (qui va de là jusqu'à la fin de la scène , paraissent ou reparaissent La Malédiction de l'anneau, La Forge, quand Siegfried jette dans l'antre le cadavre de Mime ; Fafner, quand il y roule celui du Dragon; puis L'Anneau, et, suivi du rappel de L'Oiseau, le chant de L'Amour filial, qui, avec quelques souvenirs de la. Forge, nous conduit à un dernier retour des « Murmures de la forêt ». Cette fois, L'Oiseau propose à Siegfried de le conduire auprès de la \YaIkyrie endormie au milieu d'un cercle de feu (voir p. 430); aussi les derniers motifs de l'acte sont-ils : Le Charme des flammes, Siegfried gardien de l'Épée, Le Sommeil de Brûnnhilde. .. et, brochant sur le tout, le ramage de L'Oiseau, qui ne se tait qu'à l'accord final.

3™« Acte.

Prélude. — Un rythme persistant de Chevaucliée nous fait pressentir la venue de Wotan. En même temps reparaît un imposant dessin ascendant de basse, dans lequel on peut reconnaître soit Les Nornes, soit La Détresse des dieux, soit encore, lorsqu'il passe en majeur, Le PJiin, tous motifs proches parents, par leur contexture et leur sens symbolique, et dont la présence ici s'explique aussi naturellement pour l'un que pour l'autre. Le Courroux de Wotan, Le Traité, Le Déclin des dieux, La Puissance d'Aïberich, apparaissent çà et là, et le Prélude se soude à la

Scène i par l'harmonie mystérieuse et solennelle du Sommeil éternel, à laquelle succèdent, sans interruption, Le Sort, Le Traité, et, juste avant le premier mot du Voyageur, L'Annonce d'une nouvelle vie.

Les mêmes motifs accompagnent le monologue de Wotan, révocation d'Erda, avec un rappel de JVotan errant; ils dominent aussi dans la réponse d'Erda et son dialogue avec Wotan, pendant lesquels reparaissent en plus : L'Anneau, Le Regret de l'amour. Le Walhalla, Le Travail de destruction des Nibelungs, Le Chant d'adieu de Wotan, et quelques autres motifs seulement esquissés.

C'est seulement à la fin de cette scène, qui compte parmi les plus admirables de la « Tétralogie ^> tout entière, qu'apparaît un thème nouveau, L'Héritage du monde.

VITERITAGE VU yO'SLE

de ce monde sur lequel Wotan, prévoyant el désirant la fin des dieux, n'entend plus régner, et qu'il lègue à son fils, au Wàlsung triomphant. Aussi ce motif, qui est exposé à plusieurs reprises avant la disparition d'Erda, est-il escorté de ceux qui touchent de près le jeune héros : Siegfried gardien del'Épée, L'Épée, Le Walhalla, La Puissance de l'anneau, La Fuite, L'Amour ; quand Erda s'enfonce sous terre, quatre beaux accords nous annoncent qu'elle se plonge de nouveau dans son Sommeil éternel.

ScÈXE II. — Guidé par L'Oiseau, Siegfried approche, portant son Épée. Wotan lui barre le chemin, et l'oblige à lui raconter le but de son voyage, aussi bien que les raisons qui l'ont porté à l'entreprendre.

De là les fréquentes allusions orchestrales à L'Oiseau qui l'a conduit, à Fafner dont le sang lui a donné le pouvoir de comprendre le chant des oiseaux, à La Forge où il a été élevé ; à La Race des Wàlsungs dont il est issu ; à U Amour de la vie qui l'anime; les paroles du Voyageur, au contraire, sont soulignées par Wotari errant, par Le WaUialla, par Le Courroux de Wotan, plus tard par Le Traité, par les dessins chromatiques de Loge, par Le Charme des flammes, par La Chevauchée et Le Sommeil éternel, lorsqu'il déclare être le gardien de la roche où dort la Walkyrie ; à ces motifs, Siegfried, toujours inspiré par le souvenir de L'Oiseau, oppose les siens, Le Gardien de l'Épée, La Race des Wàlsungs, puis enfin, d'un seul coup, L'Épée brise la lance du dieu. Alors reparaissent, assombris, Le Traité, Le Déclin des dieux. Le Regret de l'amour, toujours entremêlés des joyeux gazouillements de L'Oiseau, et Siegfried s'élance à travers les flammes, accompagné par la merveilleuse combinaison de thèmes typiques que nous avons déjà signalée par avance ^p. 431) et où se retrouvent simultanément L'Appel du fils des bois. Le Charme des flammes, Siegfried gardien de l'Épée, V Adoration deVor, L'Oiseau, Loge, puis, quelques mesures plus loin. Le Sommeil éternel et Le Sommeil de Brûnnhilde. Tout ce dernier déploiement de Leit-motifs a lieu pendant qu'un rideau de feu et de vapeurs embrasées nous masque le changement de décor.

Scène m. — Les vapeurs se dissipent tandis que transparaissent les motifs du Sommeil de Brûnnhilde et du Sort, suivis d'un chatoyant dessin des violons seuls, dans lequel on reconnaît en plus le profil de Fréta, la déesse de l'amour. Puis Le Sort, L'Adoration de l'or, L'Oiseau.

Pendant que Siegfried contemple la Walkyrie immo-

bile, se fait entendre très discrètement d'abord le motif de La Fascination de l'amour, que nous n'avons pas eu à signaler depuis la 2^ scène de « l'Or du Rhin », et dont l'emploi devient par là ])articulièrement expressif. Nous retrouvons Brùnnhilde comme entourée encore des motifs au milieu desquels nous l'avons laissée, La ChevaucJiée, Le Chant d'adieu de Wotan qui se déploie en entier ; en quelques délicats coups d^Épée, Siegfried coupe les liens de la cuirasse ; La Fascination de l'amour prend plus d'importance. Le souvenir de La Race des Wàlsungs est évoqué, et nécessairement Le Sommeil de Brànnhilde reparaît souvent, accompagné du séduisant contour de Freïa, qu'entrecoupe sinistrement la question du Sort, mais dont les élégants enlacements annoncent gracieusement le réveil de la déesse déchue.

Ce réveil a lieu sur les accords clairs et lumineux du Salut au monde, d'un merveilleux étincellement,

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