‹ Le voyage artistique à BayreuthChapitre 77 sur 107 · LA FOI · texte numérisé non relu

LA FOI

longuement et pompeusement développé, un instant coupé par un retour du Graal, et s'épanouissant magnifiquement.

Un mystérieux roulement de timbales, auquel succeae un trémolo prolongé des instruments à cordes, annonce et

accompagne la réapparition de La Cène avec de nouvelles et curieuses harmonies, dont se détache un motif formé de quatre de ses notes, qui personnifiera La Lance

et reparaîtra constamment dans toutes les parties de l'ouvrage, saut dans le Prélude du 2™^ acte et dans la scène des Filles-Fleurs. Bien que fort court, il est aisément reconnaissable et souvent orchestré d'une façon mordante et incisive qui appelle sur lui l'attention.

[Ces quatre motifs, La Cène, Le Gi'aal,La Foi et La Lance constituent, avec un cinquième qui paraîtra bientôt (La Promesse), l'élément religieux et en quelque sorte liturgique qui domine dans les actes I et III. Seul parmi ces motifs importants, celui de La Foi est soumis à des transformations harmoniques et rj-thmiques qui peuvent empêcher de le reconnaître à première vue, et dont il est bon d'être prévenu; et»*, pourquoi j'ouvre ici une parenthèse pour le présenter sous plusieurs «spects différents qu'il revêt des le commencement du lo-acte (aux mesures 34, 134, 404 et 486), toujours dans le rôle de Gurnemanz, le chevalier à robuste croyauco, dont c'est, naturellement, le thème favori.] ClKNEMANZ

GL'RNEMAN'Z

glknemanz

^^^rrrir

GIRNEMAS:

Après un court développement de La Lance, le motif de La Cène vient enchaîner le Prélude au l^"" acte.

l" Acte.

— Parsifal n'étant pas divisé par scènes, nous devrons, pour la clarté de l'analyse, établir des démarcations de convention entre les diverses parties d'un même acte.

Pour le l^^ distinguons trois parties : 1, du début à l'arrivée de Parsifal; 2, de l'arrivée de Parsifal au changement de décor; 3, la scène dans le temple. —

Les motifs de La Cène, du Graal, deZa Foi et tncnre de £rt Cène donnent le signal du réveil et de la prière matinale. Le dialogue s'engage entre Gurnemanz et deux de ses jeunes compagnons, deux écuyers du Graal; ici l'orchestre nous présente La Fol sous la première transformation indiquée ci-dessus (en si maj.), et, quatre mesures plus loin, un douloureux dessin de basse nous raconte La Souffrance physique du roi, d'Amfortas, qui descend, porté sur une litière, prendre le bain qui seul lui apporte un soulagement momentané.

Gl'RNEMANZ

LA SOVFVRANCE

A la 65* mesure de l'acte, rorchestre indique expres-

sivement, mais encore vaguement, le motif de La Promesse^ qu'on saisira mieux quelques pages plus loin (voir p. 479).

Un bruissement de feuilles donnant la sensation d'une course échevelée se fait entendre, suivi du rythme nerveux et saccadé de La Galopade,

Page 1