‹ Le voyage artistique à BayreuthChapitre 83 sur 107 · LES FILLES FLELHS FILLES FLEURS · texte numérisé non relu

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s'enlacent de la façon la plus voluptueuse et la plus clia-

t03-ante. Moitié chanteuses, moitié danseuses frnimes], les Filles-Fleurs renouvellent bien des fois leurs assauts, que PrtrsZ/'rt/ repousse toujours avec une douceur qui n'est pas exempte d'une certaine curiosité, bien excusable en présence de si provocantes agaceries; de là de fréquents entrelacements du motif typique du chaste héros et de ceux, pleins de perverse càlinerie, des charmeuses séductrices.

PARSIFAL

C'est alors que Kundry entre enjeu; c'est aussi la pitmière fois que le nom de Parsifal est prononcé, ^t les notes sur lesquelles il est prononcé ne sont autres que celles du motif de La Promesse. La perfide enchanteresse commence par l'attendrir en lui parlant longuement ae sa mère, Herzeleïde, après avoir renvoyé la folâtre troupe dont on reconnaît encore La Plainte.

La grande scène de séduction, fortement développée et l'une des plus importantes de l'œuvre, met en action plusieurs des thèmes déjà connus, et nous en fait connaître deux nouveaux; voici à peu près dans quel ordre les uns et les autres se présentent : La Promesse, personnifiant le caractère chaste et pur du héros; La Lance, qu'il vient conquérir; La Magie, qui lui tend ses filets; Herzeleïde, Le Deuil d' Herzeleïde qu'on appelle souvent 2'"^ motif d' Herzeleïde],

ANALYSE MUSICALE LE fiEUIL DHERZELEIHE

Ensuite reparaît le thème propre à Kundry ; le baiser de celle-ci appartient à La Magie; mais aussitôt Parsifal se souvient de La Cène à laquelle il a assisté, de L'Appel au Sauveur, il comprend le rôle odieux de Kundry, La Souffrance d'Amfortas lui revient à l'esprit avec Le Graal, La Lance... Tous ces motifs, puissamment développés, luttent avec ceux de La Magie et de Kundry, qu'il reconnaît pour être celle qui a perdu le Roi. Elle-même lui révèle sa nature psychique, la malédiction qui pèse sur elle, et la faute par laquelle elle a mérité ce châtiment : qu'elle a vu le Sauveur {La Cène], au jour de son supplice [Le Vendredi Saint ^),

LE VEiMïFEDI SAfyT

KUNDRY

qu'elle a ri (Kundry) , qu'elle est la cause des douleurs

1. Il faut bien se garder de confondre ce motif avec Le Charme du Vendredi Saint (ci-après, p. 498), d'un tout autre caractère.

d'Amfortas La Souffrance), qu'elle agit sous la puissance de l'envoûtement d'un magicien [Kllngsop, La Magie). Parsifal promet à Kundry sa rédemption [La Promesse, La Foi ; elle, de plus en plus passionnée, déploie de nouveau tous ses moyens de séduction, elle le supplie [Plainte des Filles-Fleurs), elle le menace, le poursuit [La Galopade), elle veut de force l'étreindre dans ses bras [Kundry]... Soudain apparaît Klingsor, brandissant La Lance dont il menace Parsifal; mais l'arme reste suspendue immobile au-dessus de la tête de celui-ci, qui s'en saisit et trace dans les airs le signe de la croix [Le Graal)^. A ce signe, les jardins s'effondrent, les fleurs magiques se dessèchent, Klingsor tombe mort.

On voit avec quel art admirable le procédé des Leitmotifs est exploité dans cette scène capitale, dont, grâce à eux, on peut suivre pas à pas les émouvantes péripéties, même dans lignorance de la langue ou sans distinguer les paroles.

3"» Acte.

— Ce dernier acte se divise de lui-même en deux tableaux : 1, la cabane du vieux chevalier Gurnemanz, sur les domaines du Graal ; 2, la scène dans le Temple. —

Le Prélude, qui, ici encore, s'unit directement à l'action, nous présente, dès le début, un des aspects à la fois riants et austères de la campagne avoisinant le burg du Montsalvat^ celui du Désert fertile et pittoresque.

1. A l'instant précis où Klingsor lance l'arme sacrée dans la direction de Parsifal. un curieux effet d'orchestre mérite d'être signalé à l'auditeur attentif : pour produire l'impression du sifflement de la lance dans l'air. Wagner tmploie un \on^ gUssando des harpes, sur une étendue de deux ortaves, singulièrement descriptif.

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où a établi sa retraite le pieux serviteur du Graal, ainsi que les sujets qui font l'objet de sa méditation constante, Ténigmatique Kundry, La Promesse dun nouveau rédempteur, les sortilèges de La Magie, La Lance que seul « un pur et simple » pourrait reconquérir, le rôle diabolique des Filles-Fleurs (représentées par leur Plainte) et du sorcier Klingsor. L'attention de Gurnemanz est attirée par des gémissements qui semblent partir d'un buisson, et auxquels sa piété le porte aussitôt à rattacher l'idée de L'EXPIATloy

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