‹ Le voyage artistique à BayreuthChapitre 84 sur 107 · PT · texte numérisé non relu

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L'Expiation; en effet, sous des broussailles, il découvre le corps inerte de Kundry, encore sous l'influence occulte de La Magie. Il réussit à la ranimer, et en s'éveillant, avec un souvenir de La Plainte, de son sommeil hypnotique, bien que désormais sous la douce influence du Graal, elle pousse un grand cri, que continue sinistrement le dessin fantastique du ricanement de Kundry ; un rappel du Baume démontre clairement que nous sommes en présence de la Kundry bienfaisante et repentante. Gurnemanz remarque pourtant un changement dans ses allures, qu'il attribue à la sainteté du jour béni entre tous au Graal, le Vendredi Saint. Tout en vaquant à des occupalions qui paraissent lui être habituelles , elle prévient par signe Gurnemanz qu'un étranger s'approche du côté de la forêt. De suite l'orchestre nous apprend quel est cet étranger; c'est Parsifal, couvert d'une armure noire, visière baissée, et que Gurnemanz ne peut reconnaître. Il le reçoit pourtant avec bienveillance, avec le salut du Graal, et lui apprend qu'en ce jour de Vendredi Saint on ne marche pas en armes sur le domaine sacré. Parsifal alors se dépouille de son armure, et la dispose en une sorte de trophée, devant lequel il s'agenouille pieusement. Alors aussi Gurnemanz et Kundry le reconnaissent, ce qui ramène nécessairement les motifs saints de La Cène, de La Lance, que Gurnemanz revoit avec une fervente émotion, de La Promesse, de L'Appel au Sauveur, du Vendredi Saint, et, au moment où Parsifal achève sa prière, du Graal.

Ici se présente, sous quelques mots du vieux Chevalier, un court dessin mélodique qui se reproduira avec une certaine fréquence, et qu'on peut considérer comme un nouvel aspect de la campagne environnante, une deuxième forme du Désert;

huit mvîsures plus loin, remarquer un joli et séduisant retour de La Brise. Tous les motifs qui s'entre-croisent pendant la suite de la scène sont maintenant trop connus du lecteur pour qu'il y ait lieu de les lui signaler ; de même, pendant la scène d'essence biblique ou plutôt évangélique où Kundrylave les pieds de Parsifal, où Guraemanz le sacre et l'oint roi du Graal, nous retrouvons nécessairement tous les thèmes de caractère sacré, avec quelques rares allusions, comme soumises, à ceux de nature démoniaque, tels que celui de la Plainte des Filles- Fleurs, devenue à partir d'ici la Plainte de Kundry. Lorsqu'à son tour Parsifal baptise la pécheresse, c'est La Foi qui domine : le sinistre ricanement nerveux s'est tu et ne reparaîtra plus désormais.

Aussitôt après le baptême, une ravissante phrase, un dessin enveloppant et empreint de la plus douce onction, s'impose doucement à l'attention ; il a déjà été annoncé d'une façon vague et sous un rythme syncopé, dans le ton de la bémol, tel que je le reproduis ci-dessous,

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peu après le début de l'acte, à l'arrivée de ParsifaI, quand Kundry annonce à Gurnemanz l'approche d'un étrangerj ; sans constituer absolument un Leit-Motif, car une seule allusion y sera faite par la suite, il a une très grande importance dans cette scène, sur laquelle il répand un intense sentiment de calme et de doux recueillement ; on l'appelle Le Charme (ou ï Enchantement) du Vendredi Saint ^.

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