‹ Le voyage artistique à BayreuthChapitre 93 sur 107 · I=1IS · texte numérisé non relu

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L'INTERPRETATION

Brûnnhilde. Amalie Materna.

L'Oiseau. Marie Haupt.

Ellen Gulbranson.

Lilli Lehmann-Kalisch.

Joséphine \. Artner.

LE CRÉPUSCULE DES DIEUX

Siegfried. Georg Unger.

Gunther.

Hagen.

Aiberich.

Eugen Gura.

Gustav Siehr.

Cari HiU.

Briinnhilde. Amalie Materna.

Gutrune.

Waltraute.

Les Nomes.

Les Filles du Rhin.

Mathilde Weckerlin.

Luise Jaide.

' Johanna Jachmann- I Wagner.

I Joséphine Schefzky.

Friedei-ike Griin.

Lilli Lehmann.

Marie Lehmann.

Minna Lammert.

Chœurs de 28 hommes et 9 femmes.

Alois Burgstaller.

"Wilhelm Grilning.

Gustav Seidel.

Cari Gross.

Johannes Elmblad.

Cari Greng.

Fried. Friedrichs.

Ellen Gulbranson.

Lilli Lehmann-Kalisch.

Luise Reuss-Belce.

E. Schumann-Heink.

Marie Lehmann.

Luise Reuss-Belce.

E. Schumann-Heink.

Joséphine t. Artner.

Katharina Rôsing.

Olive Fremstad.

Chœurs de .30 hommes et 12 femmes.

Vcir au Supplément (page 5S3) la distribuli

les ruies en

LOHENGRIN

' Julius Kniese.

i Hermann Levi.

Chefs d'orchestre :

< Félix MotU.

] Hans Richter.

l Richard Strauss,

' Cari Armbruster.

E. Humperdinck.

RÉPÉTITEURS

Oscar Jiinger.

et

Franz Mikorey.

musiciens-assistants

Cari Pohlig.

sur la scène :

Heinrich Porges.

Anton Schlosser.

Siegfried Wagner.

Le roi Henri.

Cari Greng. — Max Mosel.

Lohengrin.

Ernest van Dyck.

Frédéric.

Demeter Popovici.

Le Hérault.

Hermann Bachmann.

4 nobles.

Hans Breuer, Cari Bûcha, Joseph Heinr. Scheuten.

Cianda

Eisa.

Lilian Nordica.

Ortrude.

Marie Brema. — Pauline Muilhac.

Chœurs de 65 hommes et 52 femmes.

La composilion de l'orchestre est à peu près invariablement fixée; elle ne peut guère être augmentée, étant donnée l'inextensibilité de l'espace qui lui est réservé, mais certains ouvrages nécessitent la présence d'un nombre plus ou moins grand d'instrumentistes sur le théâtre.

Voici l'état numérique exact de la composition de l'orchestre aux diverses époques de représentations :

L'INTERPRETATION

Violons

Altos

Violoncelles , ,

Contrebasses

Flûtes

Hautbois

Cor anglais

Clarinettes

Clarinette-basse

Bassons

Contrebasson

Cors

Trompettes

Trompette-basse . . . .

Trombones .

Tromb. -contrebasse .

Tubas-ténors

Tubas-basses

Tuba contrebasse . . .

Paires de timbales . . . .

Harpes . .

Comme on voit le Quatuor n'a jamais subi que des modijfications insignifiantes; les plus curieuses se rapportent aux Cors, dont le nombre avarié de 7 à 11; la Trompettebasse, le Trombone-contrebasse et le Tuba-contrebasse n'apparaissent que lorsqu'on joue L'Anneau du Nibelung, qui seul exige également un troisième Timbalier, et 4 Harpes supplémentaires.

L'orchestre le plus nombreux a donc été celui de 1896, comprenant 125 musiciens, 9 de plus qu'en 1876.

Gomme le personnel chantant, celui de l'orchestre est recruté un peu de tous les côtés, en Allemagne surtout, naturellement, mais aussi, pour une assez grande partie, à l'étranger C'est un personnel d'élite, incontestablement, et il n'est pas rare d'y rencontrer des artistes remplissant ailleurs les fonctions et portant le titre de Chef

d'orchestre, de Gapellmeister, de Directeur de musique de la cour. . . Mais ici, sous l'admirable direction des grands artistes que sont MM. Hans Richter, Hermann Levi et Félix Mottl, ils reçoivent à la fois un complément d'instruction technique et une impulsion artistique qu'ils chercheraient vainement ailleurs.

Nul besoin de sévérité pour obtenir d'eux exactitude et discipline; tous sont venus bénévolement, avec la conscience de leur valeur, se ranger sous la grande et noble bannière; l'orchestre est une famille unie, et l'autorité indiscutée du chef est empreinte d'une bonhomie toute paternelle. A une récente répétition de Siegfried, l'un des timbaliers avait donné un coup de baguette un peu avant le moment voulu : « Monsieur, lui dit doucement Richter, je vous ferai observer que Fafner ne meurt qu'au deuxième temps. » Ce qui fut compris.

Pendant les exécutions, s'il lance un coup d'œil courroucé vers celui qui vient de commettre une faute (là comme ailleurs cela arrive) , il ne manque jamais d'adresser un sourire de satisfaction et d'encouragement au soliste qui vient de se distinguer par une interprétation exacte de son rôle; je dis rôle, car, il ne faut pas s'y tromper, tous les rôles ne sont pas sur la scène : il y en a beaucoup, et non des moins importants, exclusivement confiés à l'orchestre, et chaque musicien, de par l'instruction même acquise au cours des répétitions, sait, à tout moment, ce que veut dire ce qu'il fait, s'il concourt simplement à un effet d'ensemble, ou si le contour musical dont il est chargé possède une signification précise, à souligner, et dans quel sens elle doit être soulignée ; il n'est pas un d'eux qui ne connaisse, mieux encore que tous les commentateurs, la portée des Leit-motifs, souvent sans en savoir le nom, toujours de convention et

L'INTERPRETATION

souvent variable, mais en comprenant, ce qui vaut mieux, l'esprit et le sentiment intime. De là une exécution symphonique qui, si elle pèche parfois par la virtuosité indi-

Hans Richter.

viduelle, a pour caractéristique une intelligence excep lionnelle; ce n'est pas toujours la perfection, mais l'intention juste est toujours perceptible, et jamais ne se produit un non-sens.

A Bayreuth, l'orchestre, pourtant nombreux, n'est jamais bruyant. Si on pouvait lui adresser un reproche,. ce serait plutôt celui d'être parfois trop discret; il ne

Hermann Levi.

couvre jamais la voix du chanteur, et toutes les syllabes arrivent distinctement à l'auditeur; cela peut tenir partiellement à la diction généralement très nette des acteurs

L'INTERPRÉTATION 523

et aux consonnes multiples de la langue allemande; mais il est certain que la disposition même de l'orchestre en

Fclix Mottl.

sous-sol, comme un amphithéâtre renversé, et en partie recouvert par des écrans, y est pour beaucoup; la fusion des cuivres et des instruments à cordes dans le grave

y produit parfois une sonorité d'orgue qu'on n'entend que là.

Rien de plus curieux, d'ailleurs, que la physionomie de l'orchestre pendant une représentation; malheureusement personne, sans exception aucune, n'est autorisé à y pénétrer, la consigne est formelle. Les lampes à incandescence, soigneusement recouvertes d'abat-jour, n'éclairent que les pupitres devant lesquels sont assis les musiciens, la plupart en manches de chemise, car il fait chaud, en juillet, et on y va de tout cœur; on aime à raconter qu'auprès d'eux s'accumulent des bocks, auxquels on ne toucherait, bien entendu, que lorsqu'il y a un certain nombre de pauses à compter, mais c'est absolument faux. Ce qui est vrai, c'est que lorsque leur partie leur laisse des loisirs, les déshérités de l'orchestre, les Trombones, les Tubas, qui habitent le fond de la cave, grimpent subrepticement, se faufilant à travers les pupitres, pour essayer d'apercevoir, ne fût-ce qu'un instant, un coin de la scène, bonheur réservé seulement à ceux des l^'* et 2mes violons placés à la première rangée, celle du haut.

Seul, le chef d'orchestre (qui, comme les autres, a retiré sa'vareuse et sa cravate) est éclairé de face par deux lampes dont les puissants réflecteurs sont tournés vers lui, afin que personne, sur la scène ou dans l'orchestre, ne perde un de ses gestes, un de ses jeux de physionomie; ce n'est pas sa partition qu'on éclaire, il la sait par cœur et la regarde rarement; c'est lui, le maître absolu, le seul sur lequel retombe toute la responsabilité de l'ensemble de l'interprétation.

Malgré le talent et la conscience de chacun, malgré la profonde expérience et la conviction des chefs, ce n'est pas sans des études nombreuses et laborieuses qu'on

L'INTERPRÉTATION 525

arrive à mettre debout des œuvres aussi complexes que celles qui forment le répertoire de Bayreuth. Les chanteurs arrivent, sachant leurs rôles par cœur, et la plupart des musiciens ont déjà eu l'occasion, dans d'autres théâtres allemands, de jouer leur partie (sauf toutefois lorsqu'il s'agit de Parsifal, qui n'a jamais été représente ailleurs); mais il leur reste à acquérir cette merveilleuse cohésion, ce sentiment respectueux de l'œuvre, qui caractérise spécialement et donne une couleur particulière àTinterprétation-modèle du Théâtre des fêtes.

Aussi me paraît-il intéressant de mettre sous l'œil du lecteur, à titre d'exemple, le Tableau des Répétitions auxquelles a donné lieu, en 1896, la Tétralogie de L'Anneau du Nibelung.

Ce travail préparatoire, absolument combiné et arrêté d'avance, a duré du 15 juin au 18 juillet, sans autres arrêts que trois jours de repos, savamment ménagés vers la fin des études.

Le voici, avec tous ses détails :

L'Or du Rhin.

! 9 h. à 11 h. Instruments à vent*.

11 h. à 1 h. Instruments ù cordes.

10 h. En scène, au piano.

3h.l/2à5li.l/2. Tout l'orchestre.

5 h. 1/2 à 8 h. En scène, au piano.

( 9 h. à 11 h. Tout l'orchestre.

16 juin. / Il h. à 1 h. En scène, au piano.

/ 3 h. à 7 h. En scène, au piano.

( 10 h à 1 h. En scène, avec orchestre.

il 4 h. à 7 h. Orchestre.

17 juin.

1. Les répétitions partielles dorchestre ont lieu dans le Restaurant-Brasserie qui est à gauche en regardant le théâtre. Le chef d'orchestre s'installe bravement sur une table, avec sa chaise et son pupitre, et les musiciens se groupent autour de lui. C'est très pittoresque et très familial.

La Walkyrie.

18 juin

19 juin.

20 juin.

21 juin.

22 juin.

23 juin.

24 juin.

25 juin.

26 juin.

Instruments à vent.

1" Acte.

11 h. àlh.

Instruments à cordes.

En scène, au piano.

Tout l'orchestre.

En scène, au piano.

Instruments à vent.

2"'* Acte.

11 h. àlh.

Instruments à cordes.

10 h. àlh.

En scène, au piano.

Tout l'orchestre.

En scène, au piano.

Instruments à vent.

3"* Acte.

Instruments à cordes.

lOh. àl h.

Tout l'orchestre.

En scène, au piano.

En scène, avec orchestre.

1" et 2-^^ Acte».

En scène, avec orchestre.

Siegfried.

S"* Acte.

Instruments à vent.

1" Acte.

11 h. àl h.

Instruments à cordes.

En scène, au piano.

Tout l'orchestre.

Instruments à vent.

2"» Acte.

11 h. àlh.

Instruments à cordes.

En scène, au piano.

Tout l'orchestre.

En scène, au piano.

Instruments à vent.

3"'« Acte.

Instruments à cordes.

lOh. àl h.

En scène, au piano.

Tout l'orchestre.

9h. 1/2 àlh.

En scène, avec orchestre.

1" et 2"« Actes

En scène, avec orchestre.

Le Crépuscule des Dieux.

Instruments à vent.

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