‹ Le voyage au ParnasseChapitre 18 sur 49 · LXXX1V · texte numérisé non relu

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à l'âge de soixante-huit ans six mois et quatorze jours. Il fui porté en terre le visage découvert, par les frères du tiers ordre de Saint-François; c'était l'usage de cette confrérie. Il fut inhumé, selon ses dernières volontés, dans l'église du couvent de la Trinité, où sa fille naturelle et unique, doiia Isabel de Saavedra, avait depuis peu pris le voile.

De tout ce qui précède, il résulte que Cervantes est mort à Madrid ; un extrait mortuaire des registres de dérès de la paroisse Saint- Sébastien est un document authentique et une preuve certaine de ce fait. Et non-seulement cette pièce démontre que Cervantes appartenait à cette paroisse; mais on sait, à n'en pas douter, que durant son séjour à Madrid, il habita successivement, en 1609, rue de la Magdalena, ensuite derrière le collège de Notre-Dame-de-Loretle; en 1610, rue del Léon, n° 9; en 16H, rue de lae Huertas'; l'année suivante, rue du Duod'Albe, d'où il fut judiciairement expulsé. En 1616, il était encore rue del Léon, dans une maison située au coin de celle de Francos, n° 20. C'est là qu'il mourut, ne laissant d'autre héritage que sa gloire sans tache. Aujourd'hui on ne sait pas où reposent ses cendres; nulle inscription ne fut gravée sur sa tombe et aucun signe n'en marqua la place. En 1633, les religieuses de la Trinité s'établirent dans leur nouveau couvent, rue de Cantarâ*nas, et l'on exhuma les restes des religieuses mortes depuis la fondation de la communauté, et ceux des fidèles enterrés dans l'an-

I. Dans snn Âdjunta al Parnasso, Cervantes suppose qu'Apollun lui écrit uuu letlre, dont l'adresse porte ;

» A Miguel de Cervantes Saavedra, en la calle de las Huertss, ironlero de las Casas dotide solia vivir el principe de MarruecoB, en Madrid. » - La date, 52 juillet Hli.

Noie (g), p. lv.

Comme le récit du chapelain de l'archevêque de Tolède, Francisco Marquez Torrea, a tous les caractères de l'authenticité, nous le reproduisons ici, à titre de document historique et non comme une simple anecdote littéraire. Francisco Marquez Torres avait reçu commission de l'ordinaire (le docteur Gutierre de Cetina, vicaire ecclésiastique résidant à Madrid) pour examiner, au double point de vue de la religion et des mœurs, la deuxième partie de -Don Quichotte. Voici en quels termes le censeur s'explique dans son approbation, autrement dit dans son permis d'imprimer, à la date du 27 février 1615 :

■ Certifico con verdad que en 25 de febrero, habiendo iJo el ilustrisimo seîior don Bernardo de San-

i. Cf. Vidade Miguel de Ctrràotet Saavedta, y AnâlUit dtl Qiiixote, pur don Vi rente de loi RJu, elles pièces justificatives, dons le premier volume de l'édition de Dan Quichotte publiée par l'Académie de Madrid en 1782. J'ai purtouL puisé 6 celte source «.oi est oiccllente — Vida de Miguel de Cervantes, par O. M. Francisco de Navarre' B, publié* par les soins de l'Académie espagnole (Madrid, IBiB, in-B). Celle biographie, irr-s-cornplèle el fort bien écrite, rén[;n:e tous les travaux antérieurs; l'auteur avait à sa imposition des docunienlB inconnus à ses devanciers : il en a tiré un eicellenl parti. — Ticknor. Histoire de la lillérature espa-

War, par MM? de &fjBOgôsel du Védiaf et IV. — Voir en outre Mesonero llomaiios, Eicenat Mairittniet, à l'article intitulé : ta Cma de Cerràntei. — Voir aussi lu revue El Ariiela, t. t, p, îtiS; t. Il, p. 13, Semanario Pinlontco, 1816, p. 349, ei la notice de B. Carlos Aribau dans l'édition de Rivadeneyra. Madrid, IB48.

(lova! y Rojas, arzobïspo de Toledo, mi seiior, a pacar la visita que â su llustrisima hizo el embajador de Francia, que vino a tratar cosas importantes a los casamientos de sus principes con los de Espaiia, muchos cahalleros franceses de los que vinieron acompariando al embajador, tau corteses como entendidos y amiRos de buenas lelras. se llegaron â ml y â otros capellanes del cardenal rai seîior, deseosos de saber qué libres de ingenio andaban mas validos; y locando acaso en este que yo estaba censurando, apenas oyeron el nombre de Miguel de Cervantes, cuando se comenzaron a liacer lenguas, encareciendo la estimacion en que asi en Francia como en los reinos sus confinantes se tenian sus obras, la Calatea, que al- (runo dellos tiene casi de memoria la primera parte (testa, y las Novelas. Fueron tantos sus encarecimientos, que me ofreci llevarles que viesen al autor délias, loque eslimaroncon mildemostracionesde vivos deseos. Preguntaronme muy por menor su edad, su profesion, calidad y cantidai. Hallcme obligado a decir que era Yiejo, soldarto, hidalgo y probre; a que uno respondiô esias formales palabras : jpues â tal nombre no le tiene Espaiia mvy rico y suslentado del erario publico? Acudiô olro de aqudlos caballeros con este pensamietito, y con mucha agudeza dijo : « Si neeesidad ha de obligarle â escribir, plega â Dios que nuuca lenga abundancia, para que con sus obras, siendo éi probre, haga rico â lodo el mundo. »

De cette historiette qui se trouve dans la censure de l'édition originale delà deuxième partie de Don QuichoUe, el qui a été reproduite dans le tome III de la petite édition de l'Académie espagnole (1782), le savant el ingénieux Capmany a cru pouvoir conclure hardiment que Cervantes fut invilé à se rendre à Paris pour enseigner la langue espagnole, ou, comme il dit. pour régenter un collège où il aurait expliqué lui-même son Don Quichotte.

* Se ignora el motivo porque noadmitio Cervantes

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