SCÈNE II
Les mêmes, MADAME BERTHOLIN (I).
MADAME BERTiiOLiN, à Longjumcau.
Vous n'avez pas vu les factures du mois passé ?. {Allant à son bureau, et s'asseijant.) Je ne puis les trouver... {Cherchant sur le bureau.) Depuis que le feu a pris à la grande armoire et que tout a été brûlé... c'est un désordre !
LONGJUMEAU
Oh !.. de vieilles paperasses, à trois sous la livre !..
MADAME BERTIIOLIN.
Oui, des paperasses ?.. nos mains-courantes... des titres très-importants peut-être !.. enûn, les vingt mille francs que défunt mon mari avaic empruntés à son cousin, M. Antinous Pilon... AMiNOLS, à part.
Mes vingt mille francs ?
MADAME BEUTHOLIN.
Eh bien !.. depuis deux jours, je cherche la quittance... rien !.. je suis sûr qu'elle était dans l'armoire...
LONGJUMEAU
El qu'elle est flambée ?
ANTINOUS, à part.
Oh ! oh !.. ceci est bon à savoir !.. je suis incapable d'en abuser... mais...
MADAME BERTIIOLIN.
S'il a été payé... je le crois assez délicat...
LONGIUMKAU.
Je le crois délicat... de santé... {A part.) Mais, pour le reste !.. pouh !.. c'est ma bête noire que ce ci-devant marchand de chocolat.
ANTINOUS, à part.
lié, vite, courons m'adoniser... une loilelle incendiaire !.. elle aura lu mon billet... (Regar^ dant.) Elle a le pied dessus !
MADAME BERTHOLIN, OVeC hUTHeUr.
Fermez donc la fenêtre de la cour, Longjumeau... il y a des vents coulis !..
ANTINOUS, à part, souriant.
Elle me prend pour un... {Au moment où Longjumeau ferme la fenêtre.) A bientôt, léoparde! {Il disparaît.)