SCENE III
MADAME BERTHOLIN, assise à son bureau, LONGJUMEAU, retournant à ses confitures (2).
MADAME BERTHOLIN, feuilletant son registre.
C'est à ne pas s'y reconnaître!.. {Regardant Longjumeau en dessous.) Ah ! qu'une pauvre veuve est à plaindre !
i A. luad. B.
LONGJUMEAU, souplrant comme elle.
Ah! oui... une veuve inconsolable... qui continue son commerce!... môme rue, môme numéro.
MADAME BURTiionN, à part , regardant toujours Longjumeau.
C'est drôle, qu'il ne comprenne pas... Il est un peu simple... mais si bon garçon !.. ça ferait un cxoollent mari!.. (Se levant.) Voyons donc... {Haut.) Longjumeau !
LONGJUMEAU, se rciournant.
Bourgeoise !
MADAME BERTHOLIN , haussant les épaules et l'imitant.
Bourgeoise! bourgeoise! {Vivement.) Savezvous que l'on tient des propos sur nous ?.. ça ne peut guère être autrement... une veuve jeune... et son premier garçon... sous le même toit!.. LONGJUMEAU, S approchant.
Est-ce que l'intention de Madame serait de me flanquer à la porte... de son toit?
MADAME BERTHOLIN.
Que c'est bête, ce que vous me dites là! Si je songeais à me séparer de vous... aurais-je pris, à la mort de sa marraine, votre petite sœur Louise avec nous?
Ah' : J'en guette un petit de mon âge. Louis', mou bijou, mon idole I Un enfant si vif, si charmant!
Qui m'aime bien! dont je raffole t Qui m'appelle sa p'tit' maman!
Comme une fille elle m'est chère...
LONGJUMEAU
Et vous avez raison, ma foi !
Car, voyez-vous, ma sœur et moi, Nous vous regardons comm' not' mèret
MADAME BERTHOLI.N.
Bien obligé ! {Voyant qu'il retourne à ses confitures.) Eh bien !.. où allez-vous donc?
LONGJUMEAU
La bourgeoise ne volt pas que pendant que nous bavardons, les mouches dévorent les confitures...
MADAME BERTHOLIN.
Laissez-les faire.
LONGJUMEAU
Par exemple! {A part.) Lou-Iou, passe encore, mais les mouches, ce n'est pas mon sang. MADAME BERTHOLIN, l'arrêtant du geste.
Je voulais dire seulement... {Le regardant en dessous.) que, pour fermer la bouche aux mauvaises langues... je ferais peut-être bien de me remarier?
LONGJUMEAU, ovcc bonkomie.
Je n'osais pas en parler à Madame... mais j'ai eu souvent la même idée!..
MADAME BERTHOLIN, ttVCC espoif.
Vrai;'
SCENIC l\.