SCÈNE II
TRIBOULARD, FRANÇOIS; puis, GÉDÉON, dans la chambre, à droite du public {\).
TRIBOLLARD, entrant par le fond, à gauche, avec un panier de pêcheur qu'il remet à François.
« Aux petits des poissons j'ai donné la pâture...
Va ma bonté s'étend sur la pisciculture! »
FRANÇOIS, la lettre et les journaux à la main. Monsieur...
L'ART DE DÉPLAlRi:,
TRIBOULARD, sauf: l'écoutfr, frappant discrètement a la porte de droite, d'une voix viiclleuse. M. Gédéon?... mon cher liôle?...
GÉDÉox, dans ta chambre, et d'une voix de stentor. Qu'est-ce qu'est ià?
TuiBOLLAun. Y aurait- il de l'indiscrétion à vous demander si vous dormez omoro?
GÉDÉoN. Non !
TniBOiLARD. Très-bien !... Et... verriez-vous quelque inconvénient à ce que l'on servit le déjeuner?.., ' GEDÉON. Pas le moindre!
TRiBOULAUD. A merveille!... (Appelant.) François!...
FRANÇOIS. Monsieur, voilà les journaux et une lettre, que...
TRiBouLARD, brus(]uement, cl posant les journaux sur le bureau (i). Au diable la lettre!... Le couvert... ici, dans ce petit salon !...
FKA.NÇiMS. Oui, Monsieur. {Tendant toujours sa lellre.) Ça vient de la préfecture!
TRIBOULARD, faisant un bond. De la préfecture!...
FRANÇOIS. C'est un gendarme, en bourgeois, qui l'a apportée.
TRIBOULARD, prctiaut la lettre avec humeur. Une ordonnance!... je sais... {La froissant.) Leur damnée roule communale, qu'ils veulent faire passerau beau milieu de mes élaiigsel de mes carpes!... {Mettant la lettre avec colère dans sa poche.) Je ne la lirai pas, leur lettre!... elle me ferait monter la moutarde!... (A François, qui allait pour sortir.) Ma fille, est-elle prêle?
FRANÇOIS, d'un air pudibond. Comme ce n'est pas moi, d'habilude, qui habille mademoiselL'... TRIBOULARD. C'esl juslc!... Quand une réflexion est juste.., je ne suis pas ridicule... (A lui-même.) Je vais la diligenter. {Il fait un p,is à gauche, et revient à la porte de droite.) Ne vous impatientez pas, mon gendre... je suis à vous!.. {A lui-même, en regardant la porte.) Bon jeune homme! arrivé d'hier soir, pendant que Viclorine et moi, nous étions au bal, chez le préfet, je n'ai pu lenlrevoir... (Appuyant.) Mais, d'après tout le bien que m'en a dit mon ami IMaisanlii\ \... {En sortant par la gauche.) Viclorine !... ma petite Torinel... (Il disparaît.)