SCÈNE XVI
TRIDOULARD; puis VICTORINE, AN.MS et MONGÉUAN.
TniBOULARD, seid, et tout effaré. Cet anthropophage!... me dire ça... au inomcnl de se mettre à table... c'est dans le cas de me couper rap[)élil! pourvu qu'il ne rencontre pas cet honnête jeune homme!... (Regardant à gauche, à la cantonade.) Non, je Taperçois avec ces dames... Je respire, ils ne pourront pas s'égorger'
vicToni.NK, accourant, toute joyeuse (1). Mon papa! mon papa!... le notaire, que vous aviez invité à dlncr, est là!..,
TBiBoiTLAno. Le notaire':' Ah bien! qu'il rolourne dîner chez lui... nous n'en avons plus besoin!
A.NAïs , entrant. Il me semble qu'il pourrait servir pour un autre...
TBiBOULABD, souriout, d'un air galant. Pour vous, belle dame?...
A.NAÏS, montrant Alongéran qui entre (2). Pour Monsieur, qui désire fort se marier.
TRiflOLLARD, à Anais. Avec vous"?...
ANAïs. Hé non !... avec noire chère Victorinc.
TRIBOULARD. étourdi(2). Avec Viclorine! plaîtil?... En voilà la première nouvelle!
ANAÏS. Il adore votre fille.
TRIBOULARD. Ah çà ! voyons!... vous m'embrouillez... je ne peux plus m'y reconnaître!...' comment? monsieur, que je vois aujourd'hui pour la première fois...
VICTORINE. Mais, non, mon papa... c'est mon valseur d'hier au soir!...
TRiBOL'LARD, SQUS Comprendre. Ton valseur?...
MONCKHAN, souriant. Je conviens que c'est aller bien vile. . mais l'accueil obligeant que vous avez fait à la lettre, dans laquelle je vous demande la main de mademoiselle...
TRiBour.ARD. Ah! permettez, jeuoe guerrier !... vous m'avezécrlt, c'est vrai... mais pour m'éclairer sur les dangers que je courais... [Mongéran veut parler.) Hé! parbleu... je puis vous montrer voire épllre... {Se fouillant.) où l'ai-je fourrée?... (Se
fouillant toujours.) Il n'y est pas plus question de ma fille!... elle est dans l'autre poche... {// tire la lettre encore cachetée que François lui a remise, à la scène deuxième.) La voici... non, celle-ci vient de la préfecture...
MONciÉRAN, regardant la suscription. Mais, jnsieuH-nt! c'est la mienne!... et vous ne l'avez pas ouverte!...
TRIBOULARD. Ma foi, non!...j'ai cru que c'était pour le chemin communal...
VICTORINE, vivement. Mais lisez donc, mon père!...
ANAÏS, de même (l).Mais lisez donc, Monsieur!..
TRiiio'jLARD, mettant ses lunetles. Lisez donc ! lisez donc!... ces petites têtes!... {Parcourant la lettre. ) C'est ma foi vrai... une demande en forme... signée Mongéran... seulement, on ne croirait jamais que c'est la môme plume... que l'autre lettre!... Et quelques lignes du préfel qui appuient sa demande... et me donnent les renseignements les plus flalteurs...
ANAÏS, appuyant. La recommandation d'un préfet mérile des égards...
VICTORINE. Elle en mérite beaucoup!...
TRIBOULARD, gravement (2). Monsieur!... vous comprenez qu'une ulTaire de celle importance exige de mûres réflexions... {Lui tendant lamain.) J'accepte !...
LES DEUX FE.MMES, avec jole. Est-il possible!
.Aïo.NGÉRAN, de même. Ah! Monsieur!...
TRIBOULARD. Je DO me décide pas légèrement; uiais , une fois que j'ai pris mon parti!... vous êtes le LTondre que j'avais rêvé!...
MONGÉRAN. Croyez que ma vie entière justi- (iera...
TRIBOULARD, S échauffant , a Viclorine.^ comme d'un ton de reproche. Et qu'on ne me parle plus de cet aulre intrigant, quej'îii jugé, au premier coup d'oeil... comme un être nul, sans esprit, .sans conduite! {A Mongéran.) et qui osait vous menacer !...
MONGÉRAN. Moi?
TRIBOULARD, riant. Oui, vous, mon gendre!... un officier de l'armée d'Afrique!...
VICTORINE, .Monsieur Gédéon s'est permis?...
ANAÏS, riant. Oh! je le crois trop pacifique !...
uoyGV.RK's, rassemblant ses souvenirs. AllCDÛez donc? un original que j'ai vu ici?... Hé mais, je l'ai provoqué, il doit m'altendre au bout du jardin !... {Fausse sortie. — Mouvement d'effroi de Victorine.)
TRIBOULARD. Laisscz donc, je l'ai chassé!
ANAÏS. Et moi, je l'ai traité !... ce monstre est déjà bien loin... et je vous réponds que vous ne le reverrez jamais (3)!
2 Ifl.T, A. Y.
L'AKT DE DÉPLAUŒ,