SCÈNE XI
LE COMTE, puis JEANNE (1).
LE COMTE, seul d'abord. Le ciel confonde tous les niais qui retardent mon bonheur!... enfin je suis seul, bien seul, et Jeanne... {Il veut s'élancer vers le boudoir ; la porte s'ouvre, Jeanne paraît dans un état de somnolence. — Musique : les Filles de Smyrne. — Couleuvre blanche. — Gymnase.)
JEANNE. Vous m'avez appelée, mon ami?...
LE COMTE, s'arrétant immobile. C'est elle!... dans quel trouble!., elle est encore sous l'empire de cette atmosphère...
JEANNE, porlaJil la main à son front, comme si elle chancelait. Où êtes-vous donc?... c'est drôle.... je n'y vois pas... (Prenant samain qu'il avance.) Ah! vous voilà !... il me semble que j'ai dormi, que j'ai fait un rêve... un rêve délicieux!... car au milieu de ces vapeurs embaumées voire voix arrivait toujours à mon cœur!... comme un espoir, comme une musique ravissante!... Etpuis, il y avait des moments... ou j'entendais une autre voix... une voix de femme... qui me faisait froid, qui me faisait mal!... qui m'agaçail!
LK COMTE, doucement. Oai, oui!... c'était... ma tante la chanoinesse... qui me persécute... qui veut absolument mo marier..,
JEANNE, avec crainte et tendresse. Vous marier! à une autre que moi! vous, mon Flubert! Oh! mais vous ne le voulez pas?... tu ne ie veux pas... n'esi-il pas vrai?... tu ne me quitteras jamais...
LE COMTE. Jamais!... je lui ai juré que loi seule serais ma femme.
JEANNE, avec tendresse et abandon. Ta femme !... 0 Hubert! merci de cette bonne parole !... (Musique trés-douce qui ie lie à la précédente, motif de l'entracte de Lestocq. .Jeanne, penchant sa tête sur son épaule, le regarde avec un doux sourire.) Comme on est bien ainsi... et que j'étais folio de me défier de loi... d'avoir peur!