ACTE H, SCÈNE XI
LE COMTE, ta faisant asseoir, et se ttuaul debout jirès (relie. Viens là causer do nos projets, (le notre amour, de notre mariage.
JEAN.NK, tendrement (1). De nolro mariage!... ah ! oui...
LE C0.MTK, regardant la porte du boudoir. VA puis, je veux que lu fasses connaissance a\cc ce cbàleaii cjui sera bientôt le tien ! far aujourd'hui lu es chi'Z moi... mais demain, anj^e, lu seras chez toi... chez nous... (// l'embrasse sur le front.)
JE.VNNE, entraînée. Chez nous!... que ce mot est i^onlil! [Comme revenant à elle, et portant la main à son front.) Ah !
LK CO.MTK. Ou'esl-CO dOHC?
JEA>NK. Uien! il me semble (jue jo respire plus à mon aise!... et ([uo mes pensées sont moins Confuses!... où élais-jo donc? où suis-jo maintenant!'...
LEcoMTi-, avec feu. Près de ton époux... et dans un lieu qu'aucune autre femme ne profana jamais.
JEA.N.NE, absorbée, et répctiint machinalement. Jamais... une autre femme!...
LE COMTE, <i parl^ la regardant. Non, jamais! jamais! ( Remontant. ) Assurons-nous que personne... [Ilremonle.)
JEANNE, revenant peu a peu à elle. Oh ! oui j'en suis bien sûre. (liencontrant sous sa main iécentail que la présidente a oublié sur la canapé.) Ciel! un évenlail! {Elle le regarde à la dérobée, tandis rju'il est près de la fenêtre.) Cilui do la présidente!... elle était là.
LE CO.MTK, à part, allant mettre les verrous. (Jue rien ne puisse troubler ce doux tôte-à-tôle!
JEANNE, agitée, à part (2'. Il me trompait encore!... oh!... dans quel piège!... seule... sans défense...
LE COMTE, revenant à droite. Et maintenant, cher ange !...
JEANNE, à part, se tordant les mains de désespoir. Que faire? que devenir?...
LE COMTE, lui tendant les bras. Eh bien ! vous me fuyez!... (Tendrement.) Tu me fuis, Jeanne?
JEANNE, (/e loin, avec un sourire forcé. iNIoi? du tout... (Montrant la cheminée qui est près d'elle.) Je regardais cette pendule.
LE COMTE, souriant. Tu mens!... tu es pûlci agitée... lu as encore peur !
JEANNE, repouss'int cette idée. Par exemple!
LE COMTE, avec chaleur. Enfant, que peux-tu craindre? n'cs-lu pas ma femme? n'as-iu pas mes serments!... (Lui ouvrant de nouveau les bras.) Viens!... viens donc!...
JEANNE, comme si elle allait s'élancer près de lui. Oh! de grand cœur!... [Elle fait un pas et s'arrête tout à coup en poussant un petit cri de douleur.) Ah! ..
LK COMTE, )>eleianl. ijuavez-vous?
JEANNE. Je ne sais... mon f)ied a porléà faux !... (/://(' veut faire un pas.) Ah! mon Dieu... je no peux plus marcher... c'est une entorse!...
LE COMTE, voulant la soutenir. Esl-il possible?
JEANNE, jetant les hauts cris. Aïe! Aie! ne me louchez pas!,..
LE COMTE, voulant regarder le pied malade. Mais il n'y a pas la moindre a|)parence...
JEANNE, pendant qu'il a la tiHe baissée, faisant par dessus un signe de menace malicieuse. Pardi... dans lo premier moment; mais demain vous verrez... j'aurai lo pied gros comme la télé...
LE COMTE. C'est un nerf tressailli!
JEANNE, boitant et s'appuyant contre unmeufjle. C'est une entorse, vous dis-je... je m'y connais... ce n'est pas la prcmièro fois!.. [Redoublant ses plaintes.) Ne m'approchez pas... oh Dieu! que jo souffre!...
LE COMTE, avec intérêt. Pauvre enfant, et aucun moyen de vous secourir!...
JEANNE, faisant toujours de petites grimaces. Il n'y en a qu'un seul!... un beau seau d'eau bien froide!... mon pied, seulement quelques secondes, et je serai guérie... bien sûr! bien sûr!...
LE COMTE. Un seau d'eau?... il est facile! (Appela n t.) l\o\'d.. Comtois! Valentin!...
JEANNE, à mi-voix et d'un ton de jrproche. C'est cela... appelez toute voire maison... [)Our que l'on nous voie... ici... ensemble!...
LE COMTE, 0 lui-même. VA'.c a raison!... d'ailleurs, ils sonl tous partis... c'est moi-môme qui ai recommandé...
JEANNE, se plaignant toujours. Oh!... ça augmente!... que je suis malheureuse!... si vous lardez trop.... il ne sora plus temps!... cl je serai forcé de garder la maison pendant six semaines au moins!...
LE COMTE. Mais, j'y pense!... il y a un puits là... (Montrant le fond.) au bas de la terrasse...
JEANNE, vivement. Do l'eau de puits... justement !... c'est ce qu'il faut !
LE COMTE, s'approchant pour lu prendre. Je vais l'y porter dans mes bras !...
JEANNE, reculant. Pour me faire jeter les hauts cri>!... du tout!... au moindre mouvement je vais m'évanouir... ah!...
L^cowTit., embarrassé. Comment donc faire?...
JEANNE, d'un ton câlin. Si vous étiez bien gentil, si vous m'aimez bien... puisque vous ne pouvez me porter jusqu'au puits...
LE COMTE, souriant. Je peux encore moins apporter le puiis prés de loi !
JEANNE. Oui... mais l'eau du puits... c'est si aisé... de... [Elle fait le signe de tirer un seau d'eau.)
LE COMTE, vivemenl. En effel!... après tout, personne ne peut me voir... (Regardant Jeanne.) el celle pauvre petite!... (Haut.) Aliends-moi
LE FAUCONNIER
1,1... Juanno!... (// ouvre la porte du fond et sort en courant.)
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