SCÈNE IV
éludiant, moi... et que je lui répétais chaque jour: que dira le monde, Oàcar?.. la conàciencc surtout:..
BALTIMORE, lui prenant la main. C'est bien, cela, Ceibonncl!..
cEKBON.NKT, continuant. Tu no songes donc pas à co qu'il peul en résulter, niuUieureux?..
DALTi.MOHi::. Et il OU résulia?..
CEIIBU.N.M.T, avec un Aou^j'r. Ce que j'avais prévu !.. Un malin, il me prit à l'écarl... • Adolpbe, me dit-il, j'ai épui?é toutes mes ressources!., il ne mo reste quo lu faible somme.. . que lu vas me pré 1er. •
BALTiMouE, ému. Quoi, vous avez?., très-bien, Cerbiinnt'l!
cEiiBO.N.NET, Continuant avec ptus d'attendrissement.* Mais jciaisso une pauvre jeu ne fille... qui va devenir... jeune femme! je la dote... d'un trésor!., loi!.. Qu'elle ne manque de rien... ainsi que lo tendre fruit!., jo liens a co qu'il ail uno excellente nourrice, do beau lin^jo !.. »
BALTIMORE, /Wus attendri, lît c'est encore vous!
Air ; LU ' ma mère, est-c' que j' sais ça? C'est admirable!., quel homme!..
CERBONNET.
« Moi, je vais, ajouta-l-il,
« Avec cette faible somme,
« Teiiler foi tune, ;ui Brésil!..
« A la bonté tulélaire
« Je me Oe... et ne crains rien...
(Essuyant une larme.)
< Si tu m'écris que la mcre
« Et l'enfant se portent bien. {Bis.)
BALTIMORE. Alors, VOUS lui avez écill?..
CERBON.NET. Hélas ! six mois aptes avoir donné le jour,... à ce que vous savez.... la pauvre femme... {Geste expressif.)
BALTIMORE. Ah! sacr'!.. et le père?
CERBO.N.NET. Mort aussi... quand ses affaires élaient en pleine prospérité !.. mais je vou3 le demande, Baltimore, pouvais-je abandonner l'intéresianle petite créature?..
BALTIMORE, se jetant dans ses bras. Non ! non! vous ne le pouviez pas ! Quel beau caractère !.. généreux, sensible, délicat! cl moi qui l'ai traité dp... un philanthrope ! ah! Cerbonnet, ma parole 'a plus sacrée, il me prend des envies de me précipitera tes pieds! {Voulant s'y jeter.) Le veux-tu?
CERBONET, Ic repoussaT\t. Non !
BALTIMORE, Criant. Si!..
CERBO.NNET, de même. Oh!..
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SCÈiNE IV.
Les MÊMES, ÉLISA, revenant tout effrayée (I). ÉLiSA. Quel bruit! que se passe-t-il donc'? < B. E. C.
BALTIMORE, SB relevant majeslucusemenl. Ma niéie, jo vous ordonne de regarder monsieur comme volro époux.
ÉLisA,i'7o;i/((t'. Quoi!., vous, qui lout àllieure...
BALTiMouii. C'est ma volonté invariable.
cERBO.N.Ni.T, (il ec bunlicur. Ah ! .Mademoiselle...
KLtSA, un peu di-pitee. Alors, mou ondo, jo tiens à lairo connaître a monsieur, ce que je vo>is ai dit de ce jeuno homme... je suib trop franche...
ctRUO,\.M-.T, alarmé. Un jeune homme!
BALTIMORE, léycrcmcnt. Uien (I;! je connais l'difaire, elle m'a tout confié!
cEuuo.NNhT. Qucl osl CO jeuue homme/'
BALTiMoui:. Quel il est?... c'est la seule chose qu'elle ne m'ait pas dile.
ctMBo.N.NET. Éprouvail-ello pour lui un .■icnliment'.'..
BALTIMORE. Jo l'ignorc 1 mais vous pouvez élro tranquille.
CERBON.NET. PourqUOi?
BALTIMORE. Je n'en sais rien!
ÉLi-A. Vous saurez tout, Monsieur (2)... car je mo dois à moi-même...
CERBONNET. Vous me ferez plaisir.
BALTIMORE. AlIoHS... puisquo tu le veux absolument...
ÉLiSA, liuiidcment. Ce jeune homme... venait souvent chez ma marraine, avec qui je demeurais à Saint-Efihrem!.. il avait de bonnes façons, un esprit original!., et puis il portait toujours des bottes vernies, ce qui faisait qua Saint Kphrem les jeunes gens no pouvaient pas le souffrir. Il ne m'avait jamais adressé la parole, lorsqu'un jour j'étais seule... il accourut à moi, l'air tout bouleversé... et...
CERBONNET. Et?
ÉLISA, baissant les yeux. Il me fit uno déclaralion.
CERBONNET. D'amour?
BALTIMORE. Parblcu ! co n'était pas une déclaration do guerre!., mais toutes les femmes =ont exposées à ces sortes d'avanies!
ÉLiSA. Oui... mais on le surprit à mes genoux! ce fut un scandale, un bruit dans la ville!., je n'osais plus mo montrer!., quand mon oncle heu* reusement me fit venir près de lui, à Tours.
CERBONNET. Et CO monsicur auxbolLes vernies?
ÉLISA. Je ne l'ai plus revu! {A part.) El n'espère plus le revoir, pauvre garçon ! sans cela...
CERBONNET, transporté de joie. C'est tout?,, mais alors, Elisa, vous êtes un ange de pureté !
BALTIMORE, fièrement. En avez-vous douté un instant. Monsieur, sa candeur égale sà franchise! {Montrant Élisa.)
l\ CKIIVEÂU FÊLÉ,
Air : // csl toujours le inème.
Elle est, elle est la sincérité mémo ! Si, par hasard... car on n'est point parlait, Ma nièce vous trouvait Ennuyeux ii l'exlrôme, Sans tournure, mal lait.
Sans esprit, bêle et laid...
Mon Elisa \ous le dirait de même !
CERBO>NKT, à pari. Merci!
BALTiMôut;. Mais il n'rst pas question de ça... votre main, Cerbonnet (1). (A Élisa.) Tu vois son appartement? irès-convenable... {Montrant Cerbonnet.) Quant à l'homme?,, je suis encore ému... si lu savais... non... je te conterai cela quand lu seras mariée!.. {Serrant ta main de Cerbonnet.) Adieu, être vertueux!., ah! sans cela vous n'auriez pas eu ma nièce!.. (Se retournant.) A propos, nous dînons ensemble... chez vous...
CERBONNET. Ah!,.
BALTIMORE, Je VOUS dois cette marque de confiance, et nous signons le contratavant le potage ! je cours chez le notaire!..
ENSEMBLE
Air : Je vais donc au chalet (Johu EsbroufiQ*
CERBONNET, BALTIMORE.
Qi)el bonheur! quels beaux jours !
De l'hymen, des amours, Bienheureux tourtereaux, Allumons les flambeaux!
ÉLiSA, à part.
Adieu donc mes beaux jours!
Adieu doue mes amours!
De l'hymen les flambeaux ■Vont doubler tous mes maux 1
{Baltimore et Élisa sortent.)
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