‹ Le voyage d'Anacharsis; vaudeville en 3 actes et 5 tableauxChapitre 317 sur 429 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

MARANS, puis ANNAH.

MARANS. d'abord seul. Suis-je bien éveillé ?.. Oli! non, c'est un songe... la Glle unique d'un

(les premiers pairs d'Anglclerro!.. et, cependant, ses traits, le son mémo do sa voix!.. (La voyant revenir et restant immobile.) C'est elle! ah! si jo pouvais...

ANNAH, revenant étourdiment sur ses pas et feignant de chercher quelque chose. Qu'ai-je donc fait de mon éventail? je lavais en entrant. (Feignant d'apercevoir Marans pour la première fois.) Ah! paidon. Monsieur, je vous

croyais au salon! Mais, bon Dieu on dirait

que vous cherchez aussi quelque chose... ce regard inquiet!..

MARANS, l'arrêtant du geste. Oui, miss... et vous seule pouvez me tirer d'un doute qui me lue...

ANNAH, à part, souriant. Nous y voilà! (^Haut.) Quel doute?

MARANS. En arrivant ici.., j'avoue que je n'y venais que malgré moi; mais tout a changé, soudain... et, maintenant, rien n'égale mon bonheur !

ANNAH, avec intention. Il y a des jours comme ça!., sans m'en rendre compte... je me sens aussi tout heureuse !

MARANS, vù'enfenf. Ah! c'est qu'en vous voyant, moi... j'ai cru retrouver une personne que j'aime, de toutes les forces de mon âme1

ANNAH. Votre sœur?... oui, vous nous avez dit...

MARANS. Ma sœur... n'a jamais existé! non... je voulais parler de celle qui m'apparut, il y a un an, dans des circonstances... si étranges! au milieu de cette forôt...

ANNAH , souriant toujours. En vérité^ c'est M presque un roman. ^

MARANS. Un roman qui a décidé de ma vie

car, depuis cet instant, adieu mon repos, ma raison... J'ai parcouru toute l'Angleterre pour la revoir... Et maintenant que son image est là... devant moi... si j'entendais cette voix si douce... si flexible!.. M

ANNAH. Ah! elle chantait ?.. I|

MARANS. A ravir... Et si vous daigniez compléter l'illusion?..

ANNAH. Moi, Monsieur !.. (^ ;.iarL) Ah! mon Dieu !.. lesrecommandationsdomon père. (Haut.) Je le voudrais pour vous faire plaisir... mais... je ne chante pas...

MARANS, frappé. Vous ne chaalez pas?..

ANNAH. Du tout, du tout... jo nc sais pas une seule note. Mais, si vous le désirez, j'apprendrai.

MARANS, étonné. Si je le désire?..

ANNAH. Sans doute. A présent, mon devoir n'est-il pas de chercher à vous pljaire ?..

MARANS, à part. Que dit-elle?..

ANNAii. Et je suis charmée de ressemblera celle dont vous avez conservé un si doux souvenir... C'e.^t peut-être mal d'y mettre tant de franchise,

ACTK II, SCfvNI-: XI.

mais, au point ou nous en sommes, je puis bien vous ïa\oucr.{Ai'ec grâce et convnc en conpdeiii:' .) Cen'csl pas monévenlail que je venais chercher.

MABANS. Quoi, miss?..

ANNAii. Au moment d'ôlrc mariés... c'est bien le moins que l'on puisse causer un peu...

MARAMS. Comment!., nous!., mariés !.. Mais, .Madernoi>clle, ce n"esl pas moi...

A.N.NAii, émue. Que dites-vous!..

siAUANS. C'est à sir Francis que l'on vou.-; marie.

ANNAii, à part{\). L'autre!.. Ali ! mon Dieu!., je nelaipasrei^ardé, mais il m'a paru affreux !(//(ii(L) Ah! pardon de mon éiourdcrie... Monsieur, do gnke, oul)liez tout ce (|ue jo vous ai dit. {Elle veuts'i'loigner.)

MARANS, avec Atne. et la relcnant. Non... je ne veux rien oublier... Ah! par pitié, ne vous jouez pas de ma raison !.. C'est vous?., dites-le-moi. Mon cœur ne saurait s'y tromper... Ce chant délicieux que vous m'adressiez en parlant... je le retrouve sans cesse dans mes rêves... Ce bouquet tombé de votre main... (Le tirant de son sein.) Tenez, i! ne m'a jamais (juitté...

ANNAii, involontairement. Il l'avait gardé!..

MAnA.NS, avec un cri de joie. Ah ! c'est vous!.. f)Iu5 de doute !..

AN.NAii, émue. Mais... non...

MAUA.NS, à ses pieds, el couvrant sa viain de baisers. Annah!..

c.ULLiVKR, paraissant au fond. Oli!..

ANNAii, poussant un cri, et se sauvant de cfité. Ah!..

iiARANS, à part. Que la foudre l'écrase!..

sckm: X.

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