‹ Le voyage d'Anacharsis; vaudeville en 3 actes et 5 tableauxChapitre 328 sur 429 · ACTE I, SŒNK IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SŒNK IV

Li'CY. Bii-n belle, chore Manon... car c'est aujourd'tiui l'anniversaire de la naissance!..

M.\i\ioN, ijniemcnt. J'ai dé^à dix-huil ans?.. Comme je suis vieilli'!

Licv, l'embrassant. J'ai voulu <^lrc la premicro a l'embrasser !

MARioN. Bonne scDiir...el mère chérie... devraisjc ajouior! N'est-ce pas loi, en efTel, qui depuis mon enfance, as remplacé celle que Dieu nous a enlevée !..

Li'CY. Comme l'aînée!., c'éiaii mon droit!

MAiiioN Oh ! Ion droil dalnes.'^e, ma Liicy, c'est surtout celui (]ui' l'assurent labonlé, la tendresse pour moi...

i.ucv. Oh! . oui, je donnerais loul au monde pour te savoir heureuse autiinl que je t'aime !..

M\iiiON, la regardant avec tendresse. El moi, je \oudrais reporter sur toi tout le bonheur qui m'esi destiné...

LicY. Eufani ! qu'aurai-je à désirer quand tu seras la femme d'Alfied?

MARio.N De notre cousin':*.. Pourquoi dom me parle.s-tu toujours i!e lui ?

Licv. Paice qu'il l'amie, Marion... pane (ju il na pas une pensée... qui ne se rattache â loi! (Avec ab.indon.) C'est un cœur si loyal, bi yénéroux!

MARION, s*? levant et regardant ^a sceuv. Quel enlliousia>me!.. (^4 part.) Voilà déjà plusieurs fois!.. {Ildul et d'un Ion enjoué.) Mon Dieu ! Luey, jf sais loul cela... et je l'aime aussi de toule mou àme, ce bon Allied... N'a-l-il pas élé élevé avec nous'?.. Des notre enfance, ne l'appelions-nuus pas toutes deux, noire pelil mari?.. C'était noire seule querelle:

LfCY. souriant. Oui, querelle de petites filles, qui jouent encore à la poupée!

MABioN. Cou)ment n'aurail-il pas tout mon amour! [Chanyeanl de ton.) ^lais, je lui en veux depuis hier.

LUCY. Bah!

MABio.N, d'un petit air boudeur. C'est un tyran, sans que ça paraisse?

LUCY. Alfred?

MARION. Parce qu'il part aujourd'hui... u'a-l-il pas voulu passer une soirée de famille? Cela nous a fait man(iuer le bal de mislret^s Nouwcome, noire voisine; et pourtant, quelle fêle je me faisais de danser à ce bal! J en ai rêvé toute la nuit; j'entendais les valses les plus ravissantes!

Air de M. Monteiubry.

Dans ce bc;iu «onge,

Joyen iu';i)>0'ii;f, A cbiiqiic coup d arcbel, Mou pied .s'L'Iaiiçnit; La lête me tournait...

L'orchestre m'enivrait, Et de plaisir... oui, de plaibir, mon coeur battait

La valse à p iiir finie, Une aiilrc oiifor pliisjollc, Suud.iin ■s'\f\i\ U n-tcnlir...

{Avic regret.) Mui, j't-'taiii pr^tc k partir ;

ISuuntint.] Mais elle et-tii .si jolie, Ah ! coninu'iit rn n>trr l.*! ?

fArcc un sourire plus marqua./ El mon duiircur... cl iiion danseur m'enlrniiia, Ali ' ah : ah ! ,ih '

REPRISK.

D.ius CL' IXMU .•■onge, Joyeux iueii»oiige... etc.

i,ii<;Y. Moi, je n'ai pensé qu'au dépari d'Alfred! .

MARION. Moi aussi... {Arec un petit soupir.) Mait l'ai bien regrette les contredanses! [Quatre musiciens qui ont paru derrière la (jrilk du fond, font entendre une joyeuse aubade.)

i.ucY. ()u'en!endsje?

MARION, écoutant. La charmante surprise ! D'où f)euvenl venir ces musicien";?

Mcv. Je devine!., une galaiilorie d'Alfred'

MAiiio.N. Tu crois ?

i.i cv. Il aur.i vu Ips regrttt,.- cl ne puuviuil le rendre la soirée dont il l'a privée... il t'envoie l'orchesire pour te dédommager.

.MARIO.N, avec une gaieté d'enfmt. Oh! uno idée délicieuse... si nous les faisions entrer... et que nous nous donnions... ici même,., un pelil bal... a pous deux?

LL'tY. Sans cavaliers '.'

MARION. Tu seras le mien.

LLCY. (Juel enfantillage!..

MARION, vivement. Je t'en prie, bonne sœur? loi qui es si indulgente pour tous mes petits caprices de jeune fille I

LUCY, courant ouvrir la grille (1). Soitî... pusque que cela t'amuse... (Aux musiciens.) Entrez, Mes.*ieurs, entrez ..

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