‹ Le voyage d'Anacharsis; vaudeville en 3 actes et 5 tableauxChapitre 335 sur 429 · L.V BAJAlLUi: l)K LA VÏE · texte numérisé non relu

L.V BAJAlLUi: l)K LA VÏE

Air de V. Montaubry.

\ouslo SJiTCz mieux que personne, Vous, mou lion père... qui toujours Prodiguez vos soins et vos jours A ceux que le sor( ybaudonue, Vous le savez mieux que personne. (Bis.) Que ces scnliments soient les noires; Dieu (ionue aux uns la charité, [Bis] Et d.ius sa toucliaiile bonté, Il ût le repentir pour ramener les autres...

REl'RISE.

Vous le savei mieux que personne...

ALFRED, avec enthousiasme. 0 chère Marion !.. Vous êtes un ange !..

LE DOCTEUR, rtonf, a Marion. Hé! hé! ce petit docteur en cornette... Mais les heures s'écoulenl! (A son neveu.) Alfred, mes funclions de tuieur expirent aujourd'hui!.. Suivant le désir de votre père... vous allez passer un an à Londres, pour obtenir votre diplôme de médecin, {Souriant.) puisqu'on ne peut ixpédierles gens sans garantie de la Faculté!.. (Sérieusement.) Je crois avoir bien rempli mon mandai?

ALFRED , se levant et lui pressant la main. Comme un second père, mon digne ami... et le souvenir de vos bienfaits...

LE DOCTEDR, l'interrompant. C'est bon !.. c'est bon!.. Voilà noire voisin Smitchey qui apporte les comptes de tutelle et autres balivernes !..

SMiTCHEV, mangeant toujours (1). Que M. Alfred a approuvés sans les lire!

ALRFED, à Smitchey. Monsieur Smitchey, ce que mon cher tuteur a fait pour son pupille, nul ne le sait mieux que moi, et, ce qui vient de lui.., je le signe les yt^ux fermés.

LE DOCTEUR, légèrement. A la bonne heure !.. Maintenant, sa malle, sa valise... et guettez l'ar-^ rivée de la voiture... (Bretagne rentre dans la maison et en ressort un moment après avec une malle, une valise; puis il disparaît par la grille verger.)

ALFRED, avec un soupir. Quitter celte maison où j'ai été si heureux ! (A Lucy.^ à mi-voix et lui montrant Marion (1). Bonne Lucy !.. votre sœur... ce que j'ai de plus cher au monde... je vous la confie...

LUCY, avec émotion. J'ai vu naître votre amour mutuel, Alfred... (Avec plus d'émotion.) ]e m'en suis réjouie pour son bonheur! Jugez... main tenant que le \ôtre en dépend, si la lâche de veiller sur elle me sera douce !..

ALFRED, vivement. Cette assurance calme mes crainies...

LucY. Vos craintes?..

ALFRED. Hé! sans doute, les amants ont peur de tout!.. Et je le sens là, voyez-vous... celui qui m'en'èverait le cœur de '.iarioti !.. je le tuerais! .

Lucv, troublée. Voulez-vous bien vous taire !.. Est-ce (|ue c'est possible!..

BRETAGNE, au fond et criant. Coche, au sommet de la colline !

LE DOCTEUR (1). Vous entendez, Alfred?

ALFRED. Oui, mon oncle! {Marion qui les a observés tous deux, se rapproche en ce moment.) Ah! je disais à votre sœur, chère et bien aimée Marion, que je confiais à sa tendresse, mon unique trésor!.. Mon Dieu! Un an de séparation!..

LUCY, soujiirant. C'esl bien long!..

ALFRED. Si je pouvais, à force de travail, abréger ce temps d'épreuve !

LUCY, tendrement. Pour cela, pensez à Marion!..

MARION, «ne main dans celle d'Alfred, et Vautre posée sur l'épaule de sa sœur, quelle observe avec un sourire doux et mélancolique. Pensez à toutes deux!

ALFRED. Oui, mes sœurs chéries.

LE DOCTEUR. Allons, mou garçon!..

ALFRED, tristement. Je suis prêt !

BRETAGNE, flu fond, criant (2). Coche, sur le pont!

ALFRED (3). Adieu, Marion , adieu tout ce que j'aime ! (On entend le roulement de la voiture et le grelot des chevaux.)

BRETAGNE, criant. Coche, au bout de l'avenue! (// disparaît pour aller charger les paquets.)

LE DOCTEUR. Hé, vltc!.. OU routo !

ENSEMBLE

Air : État plein de charmes (Carlo-Beati).

Des maux de l'absenee

Soufl ^g°^ en silence !

Le ciel saura protéger l'amour!

La douce espérance,

Vous P^'otnet d'avance, Un heureux retour!

{Alfred disparaît par la grille; Clémence est au fond et le suit des yeux. La musique continue.)

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