‹ Le voyage d'Anacharsis; vaudeville en 3 actes et 5 tableauxChapitre 346 sur 429 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

WARDEN, seul. Qui a pu le mettre sur la piste, ce \ieux fou?.. Je n'ai pas proféré une parole!..

1 B Vi. s.

LA BATAFLLK DE LA VIE

(Légèrement.) Qaet m'importe, après tout?.. (Prenant If billet qu'il a serré dans sa poche.) Je possède celte réponse de ma divine Marion !.. Elle est enfin touchée de mon amour... Oh! oui... (Ouvrant le impier qu'il porte à ses lèvres.) Je ne lui demandais qu'un mol, qu'un seul... et ce mot, le voici!.. (Ouvrant le billet arec joie.) « Parlez. » (Stupéfait.) Partez?., quand j'attendais : restez'., je vous aime!.. Partez! mais c'est alTreux !... Après six mois de tendresse, de respects, de lettres passionnées, el une épaule démise... voilà ce que j'obtiens!.. (Se promenant avec agitation ) Et pourquoi? Parce qu'elle est fijiicée à M Alfred Milson, un petit cousin, un mari d'onfance qu elle ne peul pas aimer, (Plus viennent.) qu'elle n'aime pas, cela saute aux yeux... Toutes les iois que sa sœur prononce !e nom de M Milson, Marion détourne la conversation el parle d'autre chose... (^Avec force et comme s'il discutait avec quelqu'un.) Elle ne l'aime pas, vous dis-je; je m'y connais, morbleu!.. Ils sont fiancés !.. Belle rai.-on !.. Est-ce que cela empêche d'écouler un nouvel adorateur... présenté... par son cheval, dans des circonstances romanesi]ues? Le cœur des jeunes filles se laisse si complaisammeut bercer à toutes les chansons d'amour!.. (Se promenant plus vivement.) Oh! je n'accepte point ce congé... (R'h'san/.) Partez!.. Si c'était d'une grande dame, cela voudrait dire : ne parlez pas !.. c'est évident!., lié! hé! une enfant de dix-huit ans... quoiqu'élevée dans la .solitude... peul avoir un luomeni d'inspiration , qui lui révèle les finesses de la langue!.. (Avec résolution ) Je pose en fait qu'elle ne veut pas que je m'éloigne... et je reste! ( R prenant sa promenade. ) Quant à M, Alfred , ce peul être un fort aimable garçpn... mais je ne l'ai jamais \u, je ne lui dois rien, je ne le trahis pas... j'aime la femme qu'il aime, voilà tout .. je la lui enlè\e... cela $e f<iii journellement !.. (Avec passion ) Ce n'est pas ma faute... je sens que je l'aime, celle belle Marion!.. oh ! mais à faire mille extravagances que je n ai jamais faites... à me marier môme... (Avec força.) Oji!.. a me marier... (Se reprenant.) c'esl-àdire... (Avec ahandnn] ma foi oui !.. (Regardant le bouquet de fleurs d'oranijer à droite.) El la vue de ce bouquet qui semble me narguer, de ce bouquet que M. Alfred Ipi a envoyé comme un avant-coureur de son tripinpht;, me donne des mouvements de rage... (Cauraut au bouquet qu'il saisit et écrase souh ses pieds.) Non... elle ne portera pas ces fleurs! .. je n'aurai pas la douleur de les voir 3 sop corsage m'huinilier !.. m'insulter!.. (Dans ce mouvement, son bras accroche le vase qui tombe et se brise; au même instant, Marion parait a gauche et le regarde silencieusement. Warden continuant, s ns se préoccuper du vase 6rtse.) La!... là !.. la!.. (Il

lève les yeux'et aperçoit Marion : il reste immobile et tout honteux. — A pari.) Dieu! c'est elle!..

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