‹ Le voyage d'Anacharsis; vaudeville en 3 actes et 5 tableauxChapitre 347 sur 429 · SCÈNE VH · texte numérisé non relu

SCÈNE VH

MARION, WAUDEN.

MARION, froidement, et après un silence. Je vojs avec plaisir, monsieur Warden, que vos forces sont tout à fait revenues!

WAUDiiN . biilbuliant. Pardon, Miss!., j'étais distrait!., el je ne sais comment. .. il est arrivé... , MARION. Que dans voire distraction, vousayiez foulé aux pieds ces pauvres Heurs, qui n'avaient rien fait pour s'attirer votre colère?

WARDKN, vivement. Rien fait!.. Et celte menace qu'i Iles m'adressent? (Montrant son billet froissé-) El ce mol cruel qu'elles vous ont inspiré?

MARION, avec un peu d'ironie. Ah!., ce n'est pas celui que vous attendiez?

WABDiiN. Je l'avoue, Miss!.. Sans avoir la solle faïuiié de croire que six mois de tendresse respectueuse aient pu vous faire oublier l'engagemi^nl qui nous lie... je me disais : « Elle est « bunne... autant que bellp!.. Elle aura pitié de « tourments qu elle seule a causés!., el, au lieu • d'un mol d exil, bien sec, biep dur... elle vien- « dra iij'apporter quelques paroles de consola- « lion... me tendre sa main en signe d'adieij ej, « de pardon ! »

MARION, arec douceur. Eh biefl' vops le voyez... je siiisbonne... car je suis venue!.. Ma main, monsieur Warden? Mon Dieu! la voici' Je vous pardonne volontiers l'étrangelé c)p vp? paroles et de vos idée.s !.. Mais franchement, il faut que, pendant votre séjour dans la maison de mon père, vous ayiez bien peu appris a me connaître, pour vous projrp obligé... parce c|ue je suis jeune... jolie peut-être, de m'oUrjr votre cœur... comme on offre un siège d^ins «n s*iop !.. De m'écrire chaque jour que vous oi'ador^?, qye vpjjg mourez d'amour... el tous ces jolis riens, ces aimables fadeurs d'un monde que je ne connais pas... et que vous avez débitées à cent autres!.. De bonne foi, monsieur Warden, ce langage banal n'est digne ni de vous... ni de moi!

vvABDEN, déconcerté, fl part. G'.est uniqu3 !.. Une jeune Glle élevée à U campagne! {Haut.) Vous êtes injuste, Mademoiselle! mais c'esL là le cbâliment de ma vie passée... de vous yoir railler le seul amour vrai que J'aie jamais ressenti!.. [Amèrement.) M. Alfred est plus heureux !.. On le croit, lui... on ne doute pas d'une seule da«es paroles!..

MARION. Vous vous tronipez, monsieur Warden... ce n'est pas le souvenir d'Alfred qui m« rend révère envers vous!..

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