‹ Le voyage d'Anacharsis; vaudeville en 3 actes et 5 tableauxChapitre 348 sur 429 · ACTE II, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII

WARDEN, auec /"orce. Maison l'alleml, mais il va re\enir!..

MARioN. Ji' le sais !..

wAitDEN. El celle horrible pensée que bienlôl voire mariage avec lui!..

MARION, froidement. Oui vous dil que ce mariage aura lii-u!'..

WABOt.N. (^u"enlends-jc... ali ! no uio trompez pas!.. Au nom du ciel, ne vous jouez pas d un malheureux !..

MARION. Je ne me joue de personne, monsieur Warden... j'aitne Alfred;je l'estime plus que je ne puis vous dire!., et pourtant, jamais je ne serai sa foiiimH 1..

WAKOE.N, avec joie. Il serait possible!..

MAiiio.N. N'allez pas prendre ceci pour une espérance, au nioins!..

WARDEN, de mém<'. Non!., mais pour une lueur, un avenir qui peut me rattacher à la vie! . Vous no serez pas sa femme? Ce que j'avais cru entrevoir est donc vrai?.. Cet engagement, on vous la impo^é, on vous l'a surpris'.'.. Oui, oui, voire cœur est libre encore !.. Je puis vous aimer, vous le répéler... vous m'aimerez un jour!...

MARION. Mais je n'ai pas dil un mot de tout cela !..

WARDEN, <^/o;j»i^. ('omment':^

MARION , souriant. Voyez avec quelle facilité voire iniaginaiion change el tourne a tout vent !.. Tout à l'heure, vous accusiez le ciel, mes dédains, mon injustice!.. Et mainleiiani... que je n'épouse plus Alfred, il vous semble que je ne puis aimer que vous, et que les choses doivent aller toutes seules'..

WARDK.N, vivement. Non, non... Dieu nie préserve de m'abuser à ce point!.. Ce que je vous demande... Marion... iaissez-moi vous appeler ainsi... ce que je vous demande... c'est de me permettre de vous aimer, de chercher à vous mériter, d'ôlre, à partir de ce moment, votre esclave dévoué .. {Voyiint rju'elle va répondre et l'interrompant.) oh! vous verrez comme vous mo rendrez bon, coiiine mon coeur [)ies de vous retrouvera sa jeunesse, sa pureté!.. Mon Dieu ! ceia ne vous engage à rien... En vous.ionnant ma vie, je n'y meis poinl de condition... je n'en fais pus le prix de votre amour !.. VA si... plus tard... quand vous me connaUrea mieux, vous me dites : .Monsieur Warden, je ne vous aime pas! |e ne cesserai poinl de vous aimer, moi, cela me serait impossible... (Aoee effort.) mais je courberai la lêle... je m'éloignerai sans me plaindre... et je respecterai voire arrêt.

MARION, doucement. Oui... comme vous avez respecté ces fleurs... qui sont encore la... ^ vos pieds.

WARDEN, ramassant vivement les débris du bouquet. Ces fleurs!., ah! pardonnez un mouvement dont je n'ai pas été mailre... {Frappé

d'une idée.) ou plutôt... en expiation de ma faute, reprenez ces débris... (Qu'ils soient, entre vos main, le gagedemon obéis>ance à venir... de ma soumission a vos moindres désirs... (Avec cKm" leur.) Oui, Marion, en quelque lieu que je me trouve... si j'étais assez inallieureux pour avoir une pensée (|ui vous déplût... si j'allaiscommellre une action que vous blâmeriez...

MAHio.N. Eh bien.^

Page 1