‹ Le voyage d'Anacharsis; vaudeville en 3 actes et 5 tableauxChapitre 365 sur 429 · ACTE IH, SCÈiNE III · texte numérisé non relu

ACTE IH, SCÈiNE III

ciller!., j'en rirais, voyez-vous... ah ! alil j'en rirais comme un bossu!..

sMiTCHKY, se levant. Grand bien vous fasse!.. {Chanfjeantde ton.) A propos, qu'csi-'ii nuo voire femme al'ail donc faire ce malin à IJIai kway ?

BRRTAGNK, l'iounê. A Blarkvvav, ma femme? Non ! elle est allée au marché de Stoi kfiold, {Muntranl le fond à nauche ) du côté opposé...

SMITCHKY, montrant la ilroite.. Je l'ai rencon- Irée... par ici.

BRKTAOK.sfl levantvivement. Moi... je l'ai vue partir par là.. {Montrant Inujnurs la gauche )

SMITCHKY buvant. Mon Dieu!., ne Nousfflchoz pas!.. Apres tout. .. qu'elle soit allée à Slocklield ou ailleurs!...

Brktagnb, se fâchant Innt à fait. Vous êles channanl, vous!., ou ailleurs!., on voit bien quo ce n'est pas \olre femme !.. mais je suis sûr qu9 vous Vous éles trompé... {Altuul regarder au fond.)Q\. qu'elle va revenir dececôlé. {Ilsetourne vert la gauche.)

SCKNE m.

Lbs mêmes, CLÉMEN(>1î, auriant de lu maison it drotlc, avec le costume des fermiers du Devonshire, plaid et capuchon, etc.

CLÉMENCE, à son mari qui lui tourne le do<!. Que re;;ardez-vous donc par la, monsieur Bretagne?

BnKTAGNE, sc retournant. Tiens 1 c'csi vous, Clémence?..

SMiTCHEV, se levant. Qu'est-ce que je disais?..

CLÉ.MENC , voyant Sun mari ouvrir de grands yeux (1). Oh î cet air étonné?

BnETAGNE, (jravemenl. Il y a de quoi, mistress Bretagne ! Je disais à monsieur Smitchey que vous étiez à Slockfield, tandis qu'il me soutenait vous avoir rencontrée...

CLÉMENCE. A Blackway?.. vous aviez raison tous deux! j'ai éléaStockfield...et je suis revenue I>ar Blackvvay, à preuve que j'y ai emprunté la carriole de la mère Roliin, parce (]ue j'avais pas mal de paquets. {Montrant la droite.) Je suis rentrée par la peli e cour... el me voila!.. Eh hien! vous ne m'embrassez pas, monsieur Bretagne?

BRETAGNE, soucieux. Je connais mes devoirs d'époux, Clémence ! [L'embrassant froidement.) Mais dites-moi, je vous prie...

CLÉMENCE. Votre servante, monsieur Smitchey !..

BRETAGNE, Continuant. Diles-moi un peu...

CLÉMENCE, à son mari. J'ai vendu le poney huit livres, trois schellings!.. êles-vous content?

BRETAGNE. Tres-couieni !.. il était boiteux et poussif. [Reprenant son idée.) Mais, diles-moi, je vous prie...

CLÉMENCE, (J Bretagne, en l'interrompant encore. El notre petit Tony, comment va-lil?..

BRETAGNE. Comiue un cœur!.. {Suivant son idée et avec une exiildsion c/eco/ére.) Mais je veux savoir pourquoi vous êtes allée a Blackvvay ?

SMITCHKY, .se muquitut de lui. Ah! ce philosophe qui devait rire coiunie un bossu...

BRETAGNE, u/i/ieu himleuaD. Jerisaussi...mais...

CLÉMENCE, tranquillement, l'ourquoi j'ai été à Ulackway, monsieur Bretagne?

BRETAGNE. Oui !

CLÉMENCE. lié! mon Dieu! pour des alfaires de ménage qui ne vousreganlent pas!.. Vous savez., vous m'avez toujours dit : Clémence, ne me rompez jamais la téio... de ces naiseries-là... c'est indigne d'un philosol...

BiiETAGNE, à SU femme. Cependant...

CLEMENCE. Ah! vous aurifz jelé de beaux cris, si j'étais venue vous corner aux oreilles...

BRETAGNE, ébahi. Corner!.. quoi? corner!,, quoi ?..

CLÉMENCE, s'irritant elle-même. Not' homme, fauiqueje passe à la ville pour ach 1er des navets, du linge, un pot de moutarde, de la laine pour vos bas, des brassières pour le petit !..

BRETAGNE, SC récriant (I). Bonté du ciel!..

CLÉMENCE, à Smitchey. Vous voyez!.. (A Bretagne.) J'ai donc bien fait!., réembrassez-moi un peu mieux que tcui à l'heure et allez débarrasser la carriole de tous les paquets... (fla*;, à Smitchey. Ne vous éloignez pas, monsieur Smitchey, il faut que je vous parle !..

SMITCHEY, surprifi. Hein?

BRETAGNE, se retournant. Quoi?..

CLÉMENCE. Vous les rangerez dans la salle basse!.. (Lut donnant de petites tapes sur les joues.) Allez... gros chat!..

BRETAGNE, à Smitchpy. Je ris malgré moi! Elle dit que les aflaires de ménage ne me regardent pas... et elle me les fait faire.

CLÉMENCE, riant. Comme de juste!

BRETAGNE, riant plus fort. Comme le mariage change les rôles!., un homme supérieur qui obéit à... et je pane que je vais y aller... el v'Ià que j'y vais...

Air : Pas du poignard Enfant prodigue).

Pauvres époux, Nous traînons uti bout de chaîne...

Dioul BOinmcs-nons, Patients, soumis et doux'.,

8MITCIIET.

Pour eirc heureux, C'est la recette certaine.

Pour C'trc heureux, L'un doit coiumaoder pour deux.

CLÊMEACE.

Et c'c^t V mari, S'il Cbt gcnli...

LA BATAILLE DE LA VIE

Qui doit ainsi D'obéir être ravi;..

Car les époux.

Méchants, jaloux, Sont, entre nous.

Malmenés comme des loups.

ENSEMBLE

BRETAGNE

Pauvres époux, Traînons, traînons rolre chaine ' Dieu ! souimes-nous Palienls, soumis et doux '

CLÉMENCE

Heureux époux, Traînons, traînons notre chafn(^

Ah .' soyez tous, Des moutons et non des loups.

SMITCHEY.

Heureux époux, Frùs de voire souveraine,

Montrez-vous tous, Des moulons et non des loups!

{Urelayne rentre dans la tnaison.)

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