SCÈNE Xlll
Les MÊMES, CI.ÉMRNCE, LDCV, puis successivement BUKÏAG.NE. LE DOCTIiUK, M.AIUON.
LUCY, entrant préclpitammenl et courant a Alfred (2). Mon ami!., qu'y a-t-il donc?., j'ai entendu votre voix qui semblait tout émue!.. CLÉMENCE, troublée. Ah!.. Madame.
ALFRUD, bas. Silence! {Haut.) Vous vous êtes Iromp'îe, chère amie !
LUCY, remarquant le trouble de Clémence. Estce que l'enfant de Clémence est plus mal?..
ALFRED, c/ierc/»an(o/î<iec/io/)/jec. Au contraire!., il va mieux!,, beaucoup mieuxl.. mais c'est... {Apercevant Bretagne qui parait au fond.) C'est ce Bretagne que je demande... que j'appelle depuis une heure(l) !..
LUCY, eionne'e. Bretagne !..
BRETAGNE. Moi!..
ALFRED, allant à lui. Pour me conduire...
BRETAGNE OÙ Ç,l?..
ALFRED, lui faisantsigne. Chezcemalade, n'estce pas?., tu me cherchais?..
BRETAGNE. Du lOUt !..
ALFRED, l'entraînant. Si fait!.. {Bas.) Tu me serviras de témoin !
BRETAG.NE, à part, effrayé. De témoin ?..
ALFRED. Je reviens dans un instant! (Bas, et entraînant Bretagne.) Suis-moi!.. {A Lucy.) Adieu, chère amie!..
BRETAGNE, bas, et entraîné. Un duel!., un disciple de Jean-Jacques ! Oh !..
ALFRED, disparaissant avec lui. Tais-toi, taistoi !.. {Us sortent par le fond.)
LUCY, plus surprise. Ce trouble n'est pas naturel !.. et je ne puis comprendre !..
CLÉMENCE, regardant au fond (4). Je suis tranquille!., ils ne les rattraperont pas ! ..
LUCY, ô Clémence qui revient a elle. Que se passe-t-il donc, Clémence '?
3 L. A li. C.
LA BATAILLE DE LA VIE
CLÉMENCE. Dieu soit loué!., vous voici enfin, Madame!.. Vous avez du courage ?..
LucY. Que veux-tu dire'-., encore quelque nouveau malheur !..
CLÉMENCE. Non, non. rassurez-vous!., mais, du courage! Il en faut peut-ôire plus pour supporter une grande joie... un bonheur inailendu... que...
LUCY, vivement. Ah! tuas des nouvelles de Marion ?..
CLÉMENCE, luifdisant sifine de se calmer. Quand je vous disais que bien sûr, nous saurions quelque chose le jour de sa naissance !..
LUCY. C'est aujourd'hui!..
CLÉMENCE, regardant la maison. Eh bien '.. si vous me promeniez d'être bien snge, bien raisonnable... j'irais chercher le messager qu'elle a envoyé... {Baissant la voix et montrant la maison.) et qui est là.
LUCY, tremblant de joie. Le messager!..
CLÉMKNCE, en souriant. Comprenez-vous?
LLCY, de même. .Ab! j'ai peur de me tromper!.. mais va vite... va vite... chaque instant de relard me met à la torture !.. {Clémence, après avoir fait un signe expressif à Lucy, rentre dans la maison. — Musique.)
LUCY, seule et s approchant de la porte à droite. Userait possible!.. elle!..ellei.. oh! jenepuis contenir les b.iiiemenis de mon cœur!.. {Ses regards s'arrêtent avec anxiété sur la porte de la maison, pendant que le docteur Je^lt^r est entré doucement par la gauche.)
LED)CTEUR, à part et masqué par le pommier (1). Il y a quelque mystère que l'on me cache!., j'ai vu Lucy... {Clémence paraît s^r le seuil de si mnis-n, conduisant par la main une femme voilée.) Qui vient là?
LUCY, reniant de qaelq le^ pas. 0 ciel!.,
LE DOcTEUB, à part, très-ému. Une femoie voilée!..
LUCY. Sa taille!., sa démarche!,.
LE DOCTEUR, se Cachant derrière larbre. I^îon Dieu ! est-ce un songe?..
CLÉMENCE, bas, à la femme voilée. Reposezvous sur moi !.. je sais ce qui me reste à faire! [Elle lui baise la main et sort par le fond.)