‹ Le voyage d'Anacharsis; vaudeville en 3 actes et 5 tableauxChapitre 380 sur 429 · SCÈNE XVI ET DERNIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI ET DERNIÈRE

Les mêmes, WARDEN, un peu pâte et le poignet

entouré d'un mouchoir de soie noire. Smitchey

le soutient.

TOUS. M. Warden!..

WAiiDEN, avec un sourire. C'est encore moi... docteur!.. Il paraU que je suis destiné a vous arriver t0U|0urs éclopé, mais celle lois je ne lai pas fait exprès!., je vous le jure!

LE DOCTEUR, lui Saisissant la main. Blessé!..

WARDEN. Oh! légèrement!

ALFRED, vivement, se désignant. Et par un fou un insensé qui rougit de son emportement!.. Je ne sais quelle rage aveugle m'a fait lever le bras, quand il s'exposait à mes coups... quand il refude se défendre !..

MARION, émue, à Wardn. Quoi! Monsieur!..

ALFRED ET WARDEN, étonnés. Marion !..

LE DOCTEUR, prenant la main de Marion. Plus digne que jamais de nos respects, de notre amour...

MARION. à Warden. El c'est moi qui suis cause!..

WARDEN, le regardant. J'obéissais?.. Et cependant... vous vous taisez? Ah! je devine... (Avec désespoir.) J'espérais en vain! {Faisant un mouvement pour s'éloiyuer.) Adieu ! adieu !

MAnIO^, à Warden.

Air : Bert/w, croyez-moi.

Si je fus pour vous, uu guide, un mentor, Grâce à ces rameaux, précieux l'ésor...

Lui montrant. une petite branche de fleur d'oranger quelle tire de son sein.) Je n'en ai plus qu'un .. restez, jn l'ordonne !..

{Souriant et lui présentant le rameau.) Ne voulez-vous pas quand je vous le donne, M'obéir encore ? (Bis.)

WARDEN, transporté de joie, et couvrant de baisers la main de Marion. Qu'ai-je entendu?

MARION, souriant. C'est le dernier rameau... et mon pouvoir expire!..

■WARDEN, lui baisant la main. Il sera plus fort que jamais... chore Marion! [Serrant la main de

LA BATAILLE DE LA VIE

tous ceux qui l'entourent.) Docteur! Lucy... Alfred!.- ah! je le sens... je vais mourir de joie...

SMiTCHEY, faisant un bond. Ah! bon!., il ne manquerait plus que ça!.. Monsieur! conservezvous pour votre femme, pour vos enfanls!.. je vous le demande comme un service personnel. Dans quelques années, je vous réponds d'une fortune magnifique.

WARDKN, avec élan et montrant Marion. Hé ! que voulez-vous que j'en fasse? Vous ne me rendrez jamais aussi riche ijue je le suis à présent!.. Celle fortune, répandez la sur tout ce qui nous entoure, à commencer par celle bonne Clémence. Achelez-lui cette maison que je lui donne.

CLÉMENCE, pleurant de joie. Voilà un mauvais sujet qui est bien le plus honnête garçon!..

BRETAGNE, la poussant. Soyez donc philosophe, Clémence ; acceptez la fortune avec résignation. (Saluant Warden.) En vous remerciant. Monsieur...

SMITCHEY, ou docteur. Eh bien! docteur... trouvez-vous encore que cette bataille de la vie ne soit qu'un spectacle grotesque... une bouffonnerie?

LE DOCTEUR, entre ses deux filles qu'il serre sur son cœur. Oh! non, ce nionde est plein de nobles cœurs... et Dieu sait quels trésors sont cachés sous l'enveloppe de sa plus humble créature!

FIN

Lagnt. — Imprimerie de Vialat et C'^.

Page 1