‹ Le voyage d'Anacharsis; vaudeville en 3 actes et 5 tableauxChapitre 428 sur 429 · ACTE m, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE XII

qu'un chagrin!., en prenant uno carrière!.. Pauvre mère, elle prévoyait les lourmenls qui m'atlendaienl!,. je lui ai désobéi!., elle ma pardonné... mais moi, je ne me le suis jamais pardonné, el quand je l'ai perdue... les larmes que je lui avais fait verser me pesaient là comme un remords!., ce souvenir m'op[)rcsso encore aujourd'hui... (Essuyant une turinc] Il n'y a pas de succès qui ait pu m'en consoler!..

LbLiA, émue.

Qu'enlends-jo?

SULLIVAN

Je me dis chaque jour que m'a désobéissance a peut-être hâté sa tin!..

LKLiA, arec un retour sur elle-même.

Juste ciel!..

SULLIVAN

El si votre père... ne pouvant supporter voire abandon...

LÉLiA, avec un cri de douleur.

N'achevez pas !

SULLIVAN, vivetnent.

Vous me délesteriez alors... et vous auriez raison !

LÉLIA, combattue.

Oh! non, je ne puis croire!., el cependant celle seule pensée... mon Dieu! mon Dieu! que faire ?

SULLIVAN, lui prenant la main.

Ce que voire cœur vous dicte en ce moment... elceque le mien accepte avec résignation !.. Mais avant de m éloigner pour toujours... (^youfcnien^ de Lélia.) Je l'avais refusé à votre père... et aujourd'hui que ma vie est bfisée... j y souscris... je m'pxile !. . mais ce qu'il me faut avant tout, c'est que Leiia reprenne, dans le monde, la place qui lui est due... qu'elle puisse s'y montrer la léie haute... forte de l'amour de son père... de sa soumission à ses volontés!., ce qu'il me faut surtout... c'est qu'un jour, ses enfants soient fiers de leur mère... et ne puissent s'autoriser d'un exemple funeste, pour déchirer son âme!

LÉLIA, avec effroi.

Monsieur Sullivan !..

SULLIVAN

Restez près de M. Jenkins!.. qu'il doive à voire tendresse le calme et le bonheur de ses vieux jours... c'est la lâche la plus douce à remplir pour une fille!.. Si l'époux qu'il vous impose ne répond pas à son espoir... s'il vous voit souffrir... so\ez-en sûre, Lélia... c'est lui qui sera le plus malheureux... car vous lui aurez obéi... et c'est vous alors qui serez obligée de le consoler ! LÉLIA, entraînée.

Oh! je n'y résiste plus !.. Je vous l'ai dit. Monsieur, vous êtes maître de mon sort!., ordonnez! je jure de faire ce que vous prescrirez!.. SULLIVAN, cachant son émotion, et affectant le calme.

Eh bien!., je vais vous conduire à votre père!

je lui [dirai : voilà votre fille... toujours pure, toujours digne de vous:.. Reprenez-la... je vous la rends.

JKNKi.Ns, en larmes, s'élançant entre eux, et saisissant la matn de sa fille.

Oui, je la reprends .. (A Sullivan.) Mais pour le la donner... à loi, le plus honnête lionunede la terre !

SULLIVAN, hors de lui.

Que vois-je!,.

LÉLIA, dans les bras de Jenkins.

Mon père:..

JtNKiNs, l'embrassant à plusieurs reprises. Lélia!.. mon enfant !..

LÉLIA, tenant son père embrassé.

Ne me trompez-vous pas?

JENKINS

Non, non !.. lui seul est digne!.. La Compagnie des Indes en dira ce qu'elle voudra... (.1 Sullivan.) mais tu seras mon gendre.

SULLIVAN

Moi, voire gendre?

JENKINS

Oui, morbleu !.. El j'irai l'applaudir! el j'aurai le courage d'être fier de toi!

SULLIVAN, éperdu.

Je no puis croire!.. .Monsieur, vous vous repentiriez d'un moment d'entraînement, et je serais coupable d'accepter...

JENKINS, étonné.

Comment! il hésite?.. {Frappé d'un souvenir.) Ah! oui, je m'en souviens... la fierté... {Avecune bonhomie un peu solennelle.) Monsieur Georges Sullivan, voulez-vous me faire l'honneur d'être mon gendre?

SULLIVAN, se précipitant sur la main de Jenkins pour la baiser.

Ah! Monsieur!

JENKINS, lui ouvrant ses bras.

Dans mes bras, mon fils... dans mes bras!.. voilà une heure que j'en meurs d'envie. (A sa fille.)Eh bien! es-tu heureuse? es-lu contente?

LÉLIA

Ah! s'il m'élail possible de vous aimer davantage!

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