‹ Le voyage d'Anacharsis; vaudeville en 3 actes et 5 tableauxChapitre 60 sur 429 · DIU-DIU · texte numérisé non relu

DIU-DIU

Pendant vingt ans, en Egypte!... puis chameau. . .

GllDO.

Vraiment!... Eh bien, il vous en reste encore quelque chose.

DIU-UIG.

Je ne dis pas!... Mais vous, rien qu'en vous voyant, je pourrais vous dire... Vous avez dû être mouton.

UUIDO, froidement.

C'est possible!...

DKi-DU;.

Un beau mouton.

GUIDO

Je le croirais assez... D'abordje l'aime beaucoup... ce qui est peut-ôlre un reste d'égoïsme!... Ensuite, la facilité que j'ai toutours oue à me laisser manger la laine sur le... Ah! mon Dieu! quand j'y pense... puisque vous êtes si savant, j'ai une demande à vous faire... une demande d'où dépend le bonheur de ma vie.

nic-nic.

Parlez, mon fiKs.

GL'IDO.

Vous saurez que j'ai ici une chatte charmante... un angora magnifique!...

DIG-DIG

Je la connais.

GUIDO, avec une iiiiance de juloiisie.

Comment? vous la connaissez I

DIG-DIG

Je l'ai souvent admirée, quand Marianne, votre vieille gouvernante, la portait sur son bras. J'ai même fait causer cette brave femme plusieurs fois, et j'en sais sur vous plus que vous ne croyez.

GDIDO.

Eh bien, dites-moi, qu'est-ce que vous pensez de Minette? qu'est ce que ça doit être?

UIG-DIG.

C'est bien aisé à voir! à l'esprit qui brille dans ses yeux... à la grâce qui anime tous ses mouvements, je vous dirai, mon cher, que cette enveloppe cache la jeune fille la plus jolie et la plus malicieuse.

GUIDO, aver traii^porl.

Dieu! que me dites-vous là? tout s'explique maintenant... et l'instinct de l'amour n'est point une chimère! Apprenez que mon cœur avait deviné sa métamorphose, et que cette

jeune fille si aimabie. . . si gincieusu. . . je l'aimd . . je l'adore...

Il serait possible!

GUIDO

Et c'en est fait du jeune Guido, si vous no m'enseign>.z pas quelque moyen, quelque secret... il doit y en avoir... ô vénérable Indien! DIG-DIG, avec mystère.

Chut! je ne dis pas non... Vous sentez bien qu'on n'a pas été, pendant dix ans, près du Gouron sans avoir escamoté quelques-uns do ses secrets... et j'ai là un amulette dont la vertu est infaillible pour opérer la transmigration des âmes à volonté. (Il montra une bague.)

GUIDO

En vérité I

DIG-UIG.

Il ÈulTil de la frotter en prononçant trois fois le nom de Bralima.

GUIDO

Ah! mon ami! mon cher ami! si vous vouliez me la céder... tout ce que j'ai... mon sang, ma vie...

DIG-DIG

Je ne vous cache pas que c'est fort cher... ce sont des articles qui manquent dans le commerce... et à moins de 2()0 florins.

GUIDO, allant au coffre.

Tenez, tenez, en voilà déjà cent... ils ne seront pas restés longtemps en caisse... et pour le reste, je vous ferai mon billet.

DIG-DIG

lieu! quelle tête! et quelle imagination !... si c'est ainsi que vous faites toutes vos affaires, ô mon fils! Tenez... prenez...

GUIDO, prenant la bap:ue.

Elle est à moi!... quel bonheur!

(Il court au lit où repose Minette.) DIG-DIG, l'nnèlanl.

Prenez garde, prenez garde, vous ne savez pas ce que vous désirez, et avant la fin du jour, vous vous repentirez peut-être d'avoir fait usage de ce talisman! songez-y bien, ô jeûna imprudent!

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