LES PAYSANS LE CO.NSIDERAIENT AVEC ÉTONNEUENT
fait impression sur son esprit, elle le reconnut tout de suite et faillit tomber à la renverse de frayeur en le voyant devant elle dans sa cuisine.
— Ne me faites pas de mal! cria-t-elle, en s'armant d'une énorme écumoire, ne me touchez pas, monsieur Mokodingo!
— Ne craignez rien, madame, dit Dumollet en prenant ses plus élégantes manières, je ne suis pas ce que vous croyez ! Un concours de circonstances...
— Vous parlez chrétien, dit la bonne femme à demi-rassurée, c'est pourtant vous que j'ai vu dimanche dernier grincer des dents et manger un lapin vivant !
— Le malheur m'avait jeté entre les mains des Turpinski, j'en suis sorti et je rentre dans la société, je ne suis pas anthropophage, madame, je suis un jeune homme tranquille, je suis de Paris et je vais à Saint-Malo pour me marier..., tout ce que je désire, c'est un lit pour moi et un peu de paille pour Coqueluchon.
La bonne femme alla conférer avec son mari, et en considération de la douceur de Dumollet, consentit à le recevoir.
Les deux voyageurs passèrent une bonne nuit ; par précaution, dès le petit jour, ils se remirent en route après avoir soldé leur dépense.
Mais la malechance n'abandonnait pas notre ami. Vers huit heures du matin, le ciel se brouilla et la pluie se mit à tomber. La petite pluie se changea peu à peu en averse et l'averse en tempête. Amère infortune! Dumollet avait oublié son parapluie chez les Turpinski!
La tête basse, les deux malheureux cheminaient tristement poussés parla