‹ Le voyage de M. DumolletChapitre 6 sur 37 · LE POSTILLON DE SAEST-MALO · texte numérisé non relu

LE POSTILLON DE SAEST-MALO

Passy et les futaies du bois de Boulogne s'alignèrent des deux côtés de la route.

C'était bien la grande nature, le commencement de ces vastes horizons entrevus. Coqueluchon poussa des hi-hans de joie et commença à tourner l'œil alternativement vers la gauche et la droite de la route où des chardons savoureux dressaient sur les talus leurs têtes chevelues.

Dumollet sifflait toujours.

Commencement de voyage délicieux. Peut-être, à cette heure, la diligence de Saint-Malo avait-elle confectionné une de ses premières omelettes de voyageurs; Dumollet heureux de se sentir à l'abri de ces capilotades, prit un petit sentier qui longeait sous bois la route et permit à Coqueluchon de savourer à l'aise les touffes de chardons et les menues verdures.

On approchait du pont de Sèvres, .\vant de sortir du bois, Dumollet résolut de faire une petite halte à l'ombre ; il se laissa glisser en bas de sa monture et s'allongea dans l'herbe en invitant Coqueluchon à en faire autant.

L'herbe était molle et elle sentait bon ; un parfum délicieux, mais compliqué, où il y avait du thym, de la fraise, de la violette et quelques

vagues effluves de pâté de foie trufl"é... Oui vraiment, ça sentait le pâté de foie truffé ! Dumollet chercha vainement de l'œil et du nez la fleur

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