DISCOURS DE M. MARIÉTON
Voici un abrégé du discours de M. Paul Mariéton :
C'est au nom du félibrige, c'est-à-dire au nom des traditions et de la race de la petite patrie et de l'histoire du félibrige, hautement accueilli en cette demeure, que je viens saluer le jeune héros mort en glorifiant le grand nom méridional d'Uzès.
Après quelques mots sur l'Afrique, meurtrière aux pionniers de la civilisation chrétienne, et sur l'esprit de hardiesse des races méridionales, fréquent dans la maison d'Uzès, M. Mainéton parle de l'expédition du jeune duc et de sa ténacité à la poursuivre.
Il conclut ainsi :
Le ferment héréditaire s'étant réveillé en lui, il aima mieux mourir que de renoncer à son rêve. Salut, jeune mort plein de gloire! Je t'ai connu; tu fus simple, loyal et bon, avant de devenir simplement héroïque. Rejoins au sein de Dieu Tàme immortelle des ancêtres, celle dont nous vivons tous, mais dont toi tu as su mourir !
Enfin, M. Delonele, député, dit les dernières paroles d'adieu au milieu de rémotion générale.
DISCOURS DE M. DELONCLE,
DÉPUTÉ, ANCIEN SOUS-SECRÉTAIRE d'ÉTAT.
Messieurs,
Le vœu de Aime la duchesse d'Uzès m'invite à rendre un dernier liommage à ce jeune héros au nom du c^roupe colonial de la Chambre. J'obéis. Sa mort a été pour nous un deuil profond, comme celle de Crampel, de Ménard, de Crozat. Nous l'avions vu partir avec tant d'enthousiasme, il avait tant de vaillance, sa tâche était si noble, si grandiose, que nous ne doutions pas de son succès. Notre confiance le suivait au delà de l'Oubanghi, sur ce Ilaut-Nil, prêchant notre civilisation et notre diplomatie, et nous armant fortement pour des luttes prochaines, au seuil du Soudan égyptien.
Et il nous apparaissait déjà ceint de l'auréole triomphale des Brazza. des Binger, des Maistre, des Alonteil. Hélas! le mirage s'est évanoui et la réalité est là, terrible, impitoyable. La terre d'Afrique a voulu une nouvelle victime. Quand se lassera-t-elle de nous faire pleurer?
Consolez-vous, madame, tout n'est pas perdu. Ce n'est pas seulement son nom qui restera impérissable dans notre mémoire; son œuvre restera, elle aussi. Elle engendrera dans cette jeunesse de France, fille des pionniers africains de saint Louis et de Louis XIV, ce puissant esprit d'émulation qui, réveillant les initiatives séculaires, jettera les plus nobles missionnaires vers ce centre africain où il ne s'agit plus seulement de conquérir des territoires, mais surtout d'assurer de précieuses garanties pour la politique méditerranéenne. Et je dirai toute ma pensée : peut-être qu'une Uzèsville naîtra, un jour prochain, sur cette terre où est tombé si bravement, là-bas, le fils de tant de preux de France.
Ce livre est achevé. Il n'est pas seulement, on a pu le voir, l'hommage rendu par une mère au lils qu'elle pleurera toujours ; il est aussi l'hommage rendu par une femme de France au jeune Français qui risqua sa vie et la perdit pour la gloire et la grandeur de la patrie hienaimée.
Duchesse D'UZÈS,
née MORTEMART.
PETIT VOCABULAIRE BANZYRI