CHAPITRE III
Le Voyage che’^ les Grees
N Grèce, le voyage ne devint usuel, soit au point de vue politique, soit au point de vue particulier, qu’à l’époque des grands envahissements médiques ou persans. Jusque-là, les petites bourgades qu’on appelait Athènes, Sparte ou Corinthe, ambitionnaient fort peu, pour leurs roitelets, les honneurs des relations d’outre-mer.
A l’époque homérique, les rares instruments de voyage qui existaient étaient fabriqués en hêtre massif, assez habilement assemblé. On renfermait dans ces bahuts les habits, les provisions de bouche ou les objets que l'on désirait conserver. On y ajouta, mais bien plus tard, des plaques de fer aux jointures, aux coins et sur le couvercle, lorsque l'on désirait y renfermer des bijoux ou des objets précieux. On finit par les faire en bronze massif
LE VO-YAGE
jusqu’à l’époque où le besoin de les transporter fréquemment contraignit les Grecs à recourir à des matières plus légères.
Sur tous les documents que nous avons pu recueillir sur cette époque, on ne trouve pas trace d’armoires ou de coffres fixés à demeure dans la muraille. Il est à présumer que ces bahuts devaient renfermer tout ce que possédait leur propriétaire : étoffes, parfums, bijoux, argent, objets de toilette, etc.
C’est le long des murs ou adossés à une colonne qu’étaient placés les coffres. Ils reposaient sur quatre pieds, peu élevés du reste, car ils servaient aussi de sièges. Nous constaterons en passant qu’ils avaient une ressemblance grande avec les bahuts du moyen âge et de la renaissance, dont nous parlerons plus tard.
Les panneaux étaient recouverts de dessins et même quelquefois de figurines sculptés dans le bois ou incrustés en métal précieux et en ivoire.
L’ornementation la plus ordinaire consistait principalement en lignes de couleurs plates, enchevêtrées d’une façon presque toujours originale, dont quelques-unes nous sont restées. Nous citerons, entre autres, ce que l’on appelle Mne grecque. Ce motif bien connu de nos jours, a été trouvé sur des coffres de cette époque. Les couleurs de ces bandes ornementales étaient le plus souvent jaunes ou rouges, parfois les deux teintes étaient entremêlées. On trouve aussi des bahuts garnis de clous à