XVI INTRODUCTION
Nous reviendrons plus loin sur ce voyage lui-même. Nous voudrions d'abord résumer ce qu'on sait de la vie de Canaye à partir de ce moment.
Aussitôt après son retour en France^ il dut terminer ses études de droit. Il vint à Paris après la mort de Charles IX et entra au barreau. En ij/^, il sollicita un office de conseiller au Grand Conseil : mais on fit de longues difficultés avant de sceller les lettres de provision d'un calviniste; il fallut que le roi intervint directement en sa faveur, et que le jeune avocat fit certifier par une commission sa science juridique^
Il était dès lors en relations avec le roi de Navarre. En ISS4, nous le trouvons à Pau, d'où Henri l'envoie à M. de Scorbiac, conseiller en la Chambre de VÉdit à Albi^. Par commission délivrée à Montauban, le 14 janvier i$86, il le nomme son procureur général avec charge d'emprunter en son nom en France, Allemagne, Angleterre et
(Lettres, t. /, p. iio) : ^'^J'ay estéesbahy du changement que fay trouvé au bout de trente ans que je viens revoir ce climat, . . »
1. Ce fait est attesté par une lettre de Philippe Canaye, adressée à Pierre du Lac, avocat à Toulouse, de Paris, le 11 octobre ijj^ (publia par Pradel, ouvr. cité, 2'* partie); il lui annonce quHl a reçu un certificat signé de quator:^ des plus anciens maîtres des requêtes y et quil a enfin pu prêter serment. Ces choses sont plus explicitement exposas dans la Déclaration du roi de Navarre du ij avril ijSo (Lettr. miss., /. /, p, 2^2) : « ... Comme il s y est veu par Canaye^ qui a esté plus de six mois, combien quiljust très suffisant, avant questre receu en Pestât de conseiller au Grand Conseil, quelque rigoureux et exprés commandement que le Roy mon seigneur en fisty seulement pour le poinct qu'il est de la religion. » Regnault s'est donc trombe en mettant cette nomination en ijSj.