‹ Le voyage du Levant. Publié et annotéChapitre 1 sur 68 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le Voyage de M. du Fresne-Canaye en Levant, remplit les feuillets 23 à 38 du manuscrit Dupuy 238. Ce manuscrit (relié avec le n° 23 y, qui est une copie de la Servitude volontaire) est un recueil de relations de voyages forme en 1623. Outre notre texte, il contient les œuvres suivantes: Voyage de M. d'Aramon à Constantinople, 1547-49; Voyage fait de Paris jusques à la Chine parle sr de Feine; Relatione di G.-B. Leone dell' Isola di Malta, 1582 ; R. sopra la morte disoltan Morac..., 1596 ; R. delli principati d'Italia, 1609.

Le Voyage de du Fresne, qui occupe la seconde place dans ce recueil, a été copiée par deux mains différentes, qui se sont très irrégulièrement partagé le travail, et qui se sont remplacées tour à tour. Lesf0:i 23 à 28Q'usquà la ligne 10),

vi INTRODUCTION

34 v° à 37 {sauf les dernières lignes), 38 à 39, enfin 40 v°à la fin sont d'une main; de la dixième ligne duf° 28 à la fin duf° 34, la plume a été tenue par une autre main, qui a écrit également les dernières lignes du f° 37 et le recto du f° 40. Les deux écritures sont des dernières années du XVIe ou des premières années du XVIIe siècle.

Nous n'avons donc qu'une copie de ce Voyage ; le premier copiste ne savait sans doute qu'imparfaitement l'italien, langue de V original. ^Ainsi, f° 57, il avait d'abord écrit quella gran pianura, ce qui est évidemment la vraie leçon; il a remplacé pianura par paùra,cequi n'offre aucun sens. Il ne paraît même pas que les copistes aient su très bien lire le texte qu'ils avaient sous les yeux. Le second, au f° 31, avait d'abord lu bandollières pour brandilloires ; au début du f° 40, il a délibérément supprimé une partie du récit d'une noce pérote.

Une première question se pose au sujet du document que nous venons de décrire : a-i-il déjà été publié ? Le plus ancien biographe de Canaye, le Minime Robert Regnault\ parle ainsi de son voyage à Constantinople {p. 2): « // en a fait un Diaire ou Relation en forme d'Éphémérides, si judicieusement descrite, que l'on a trouvé bon de la faire voir au public, vestue à l'Italienne, où paroist la politesse de cette langue, bien qu'elle ne luy fust naturelle. » On peut à la rigueur inférer de ces mots : « la faire voir au public », que cette relation a été publiée; peut-être faut-il seulement

1. Voy. Lettres et ambassade de Messire Philippe Canaye,. avec un sommaire de sa vie..., Paris, 1635-36, 3 t. in-f.

INTRODUCTION vu

entendre par là qui! en circula des copies manuscrites. Moreri a interprété dans le premier sens le texte de Regnault : « // publia la relation de ce dernier voyage sous le nom d'Éphémérides. » Les biographes modernes ont renchéri encore sur cette affirmation de Moreri et ont avancé que ces Éphéméndes avaient été publiées avec ses Lettres et ambassade \ Erreur d'autant plus inexcusable que le P. Lelong* avait donné un résumé très détaillé et très exact des trois volumes de Lettres, lesquels ne contiennent rien qui ressemble aux Éphémérides. — Le Voyage de du Fresne peut, il est vrai, avoir été publié à part; mais toutes les recherches que nous avons faites n'ont pu nous fournir la moindre trace d'une publication de ce genre, et, jusqu'à plus ample informé, le texte que nous publions doit être considéré comme inédit.

On a vu plus haut que ce texte est rédigé en italien. Nous pensons, avec Regnault, que c'est du Fresne lui-même qui l'écrivit en cette langue : fantaisie de lettré, ou peut-être encore exercice de jeune homme. Du Fresne avait voyagé

i. Voy. la Nouvelle biographie universelle : « Les Ephémérides, relation de son séjour à Constant inople. imprimées avec les précédentes. » Même Lalanne, généralement mieux informé : « On y trouve les Ephémérides... » La France protest., plus prudente, se contente de répéter Moreri, et de signaler l'existence d'une « traduction italienne » dans le Dupuy 238. Berger de Xivrey (Lett. miss., /. V, p. 404,11. j) accumule plusieurs erreurs en quelques lignes lorsqu'il écrit : « Des nombreux et savants ouvrages qu'il avait composés, on n'a d'imprimé que son Voyage à Constant inople, sous le titre d'Ephémérides, et trois volumes de ses Ambassades. » On verra, en effet, quil nous reste plusieurs ouvrages de Canaye.

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