SCÈNE I
MARIE, BERTHE, puis M m ° POMPÉRY.
Au lever du rideau, Marie et Berthe sont assises à gauche, près d'une table. — Berthe fait de la tapisserie. — Marie tient un livre à la main.
CHANT
BERTHE, regardant Mario qui tient son livre sant lire. — A part.
Qu'a-t-elle donc? d'où vient cette tristesse extrême?
(Haut à Marie;
Tu ne dis rien ?
MARIE, vivement, sortant de sa préoccupation.
Qui? moi?... je t'écoutais.
BERTHE
Mais je ne parle pas.
MARIE, troublée. t
C'est qu'alors, je lisais.
BERTHE
Non... l'on ne trompe pas une sœur qui vous aime. Voyons quel chagrin est le tien ?
MARIE
i Je te l'assure, je n'ai rien.
BERTHE
Dis quelque chose, alors... parle , je t'en supplie !
MARIE
Et de quoi? du beau temps? .
BERTHE
Non, mais de l'Italie.
MARIE, vivement.
De l'Italie?
BERTHE
Où j'espère à mon tour, Ainsi que toi pouTOir aller un jour.
MARIE
Italie !
Terre bénie, Pays nar moi si regretté !
J'aurais voulu passer ma vie Sous ton ciel enchanté.
BERTHE, après un moment de silence.
Comment, c'est tout? Allons, je le vois bien... Pour arriver à te distraire, Il ne me reste qu'un moyen !
MARIE
Que veux-tu faire?
BERTHE
Te chanter, chère sœur, cet air napolitain Que tu m'as rapporté toi-même...
Cet air que ton cœur aime,
Et dont tu m'aideras à dire le refrain.
Jer
Le ciel bleu se colore Des premiers feux du jour; A Naples, dès l'aurore, Tout respire l'amour.
Is'interrompant.)
. Je le sens... ce n'est pas cela.
Qu'as-tu donc ; un rien t'embarrasse ?
BERTHE
Eh bien, eh bien! de grâce !
Veuillez m'aider, aimable signora.
MARIE
Ecoute bien... voilà î