SCÈNE IL
Les Mêmes, MADAME POMPÉRY, MARIE, BERTHE.
POMPERY.
Ah ! voici ces dames.
BERTHE
Papa, est-ce que le soleil est levé ?
POMPÉRY
Mon Dieu ! oui.
BERTHE
Ah ! quel malheur ! Maman, le soleil est levé !
MARIE
Moi, qui me suis dépêchée.
POMPÉRY
Bah! ce sera pour une autre fois.
BONNETEAU
Comment avez-vous passé la nuit, Mesdames?
MADAME POMPÉRY
Ah! très mal! nous avons couché dans des espèces de tiroirs... sur des matelas épais comme la main... Je ne voudrais pas faire une longue traversée comme çà.
ALIDOR
Moi, j'ai passé une nuit excellente... La mer me va... je suis un homme de mer.
POMPÉRY
Et toi, Marie, as-tu bien dormi ?
Moi?... je n'ai pas dormi.
* POMPÉRY
Je comprends... mais qu'est-ce que tu veux? Il faut te faire une raison.,, il a reçu l'ordre d'aller en Chine, ce jeune homme... Il est parti... c'était son devoir... Nous l'avons vu s'embarquer hier soir dans une petite chaloupe... N'y pense plus... Tûche de te distraire, (a AUdor.) N'est-ce pas Monsieur Alidor ? (Bas.) Dites-lui donc quelque chose !
ALIDOR
Certainement... certainement! (pompéry remonte.) (a Marie.) J'aime la mer, mais que d'eau... que d'eau !... (marie s'éloigne.)
BONNETEAU
Dieu que c'est beau un navire de guerre !
POMPÉRY
11 y a une chose qui m'étonne... c'est qu'une frégate comme la Fulminante n'ait que deux canons...
BONNETEAU
Les autres sont sans doute emballés et serrés.
POMPÉRY
11 faudrait nous informer. (Regardant ic hamac» ) C'est ennuyeux un capitaine qui dort toujours... Si, en attendant son réveil, nous visitions la machine !
BONNETEAU
Moi, je voudrais voir la Sainte-Barbe.
Moi, la cuisine...
POMPÉRY, apercevant Martial, qui pasie au fond.
Eh! mon brave!
MARTIAL
Monsieur ?
POMPÉRY
Est-il permis de visiter la machine ?
MARTIAL
Certainement (indiquant rcscaiicr); si ces dames veulent prendre la peine de descendre...