ACTE III 99 ALIDOR, très pile
Je suis avec vous... de cœur... mais ne me faites pas remuer... quand je tourne seulement la tète... ça m'agite ï
BONNETEAU
Voyons votre plan.
POMPÉRY
Chut! qu'est-ce que vous penseriez d'une révolte à bord ?
HENRI, sortant de sa cabine, à part.
Hein? une révolte!...
(il se cache derrière un mât et écoute.) BONNETEAU.
Une révolte ! c'est grave !
Nous sommes dans le cas de légitime défense... (a xudor.) N'est-ce pas ?
ALIDOR
Oui, mais ne me faites pas remuer.
POMPÉRY
On ne transporte pas comme ça à Pékin un père, une mère, deux filles.
BONNETEAU
Et un notaire qui a une liquidation pressée.
POMPÉRY
Donc, letâroit est pour nous, (a Aiidor.) N'est-ce pas ?
ALIDOR
Oui... ne me faite* pas parler.
POMPÉRY, à part.
Ce garçon-là manque de ressort. (Haut.) Une fois maîtres du navire, nous mettons le cap sur Cherbourg.
BONNETEAU
Moi... j'ai une inquiétude... je crains que l'équipage ne défende son capitaine... et si nous nous révoltons... il faut nous révolter par la douceur.
ALIDOR
C'est ça... sans bougor.
POMPÉRY
Oui, évitons l'effusion du sang... appelons la ruse à notre aide.
BONNETEAU
Oui... appelons la ruse...
POMPÉRY
Et pour commencer, le capitaine est dans sa cabine, je vais 1 y enfermer.
BONNETEAU
Bravo!
HENRI, à part.
C'est une bonne idée.
(Porapérytaà la cabine d'Henri, la ferme, prend la clé et la met dans sa poche.)
POMPÉRY
Ce n'est pas plus difficile que ça... J'ai le capitaine dans ma poebe.
HENRI, à part.
En attendant que tu sois dans la sienne ! Cette fois je vous tiens, papa beau-père... Vite mes instructions à Martial, (il disparaît.)
POMPÉRY
Maintenant, il s'agit de souffler le feu.
Oui, sans nous compromettre... mais comment?
POMPÉRY
Monsieur Alidor, vous avez la parole... Est-oe que vous dormez ? *
ALIDOR
Mon, je me recueille.
POMPÉRY
Vous avez la parole.
\ ' ALIDOR
Je ne l'ai pas demandée... je suis hors d'état d'aborder la tribune... Pardon... je vais respirer la brise...
(il sort vivement.)
POMPÉRY
Décidément, il manque de ressort, (a ôonneteau.) Allons, parlez, vous, puisqu'il n'y en a pas d'autres...