CHAPITRE PREMIER
Le Voyage aux temps primitifs
dE titre de ce modeste travail paraîtra bien E un peu ambitieux à nos lecteurs, quand A) nous leur aurons appris que nous nous proposons de ne traiter que des bagages, coffres, bahuts, malles, etc., en un mot, des objets servant à voyager depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours; à peine effleurerons-nous l'étude des moyens de transport qu’il nous est nécessaire, néanmoins, de ne pas négliger entièrement. L’histoire observée par ses petits côtés est aussi intéressante et nous croyons combler une lacune en examinant au point de vue technique, les différentes manières dont les hommes ont agi pour rendre leurs déplacements plus profitables pour eux ou plus commodes, | Les premières migrations sont, sans contredit, celles des Celtes, descendus originairement des Ï
plateaux asiatiques du Caucase, où la science croit voir le berceau du genre humain. Combien d’années durèrent leurs voyages et leurs luttes avec la nature et la faune européennes, avant leur établissement dans telle ou telle contrée ? Ces questions
sont de celles que l’érudition moderne est obligée .
de laisser sans réponse et qui peut-être ne seront jamais résolues.
Le plus lointain souvenir que nous puissions recueillir sur ce point remonte à 3450 ans en arrière de nous. On sait, en effet, d’après les bases de calcul fournies par Diodore de Sicile, Hérodote et d’autres historiens de l’antiquité, que vers
l’année 1500 avant J.-C., les Celtes forcèrent par
hordes immenses les gorges des Pyrénées, détruisirent ou refoulèrent dans 1a péninsule les populations ibériennes et fondèrent, au milieu d'elles, des colonies assez prospères et assez puissantes pour qu'une partie de l'Espagne ait gardé d’eux le nom de Galice et une autre celui de Celie-Ibérte. .
Ne parlons que pour mémoire des Ligures, des Ombres ou Ambrons (c’est-à-dire les Courageux) qui s’abattirent sur le Midi, envahirent la péninsule italique et parvinrent à se maintenir dans la contrée qui forme la portion la plus avancée au midi de ce territoire et qui a gardé le nom d'Ombrie. |
La manière de voyager de cès hordes ne variait point et l’on peut dire que, de nos jours, il est possible d’en avoir des échantillons certains, en obser-