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-UNE LITIÈRE AU XIVe SIÈCLE
(Extrait du Dictionnaire du Mobilier, Viollet-le Duc, t. IT).
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le bâtard de Bourgogne qui avait été blessé dans un tournoi, se fit toutefois apporter en lictière couverte de drap d’or cramoisi ; «.…. et les che- € vaux qui portoyent la lictière estoyent enharna- « chés de mesme à gros boullons d’argent dorés. IL « éstoit dedenzsa lictière, vestu d’une moult riche « robe d'orfévrerie. Ses archers marchoyent autour « de sa lictière, et ses chevaliers et gentils-hommes « autour de luy; et certes il entra dedenz la lice, « selon le cas, si pompeusement et par si bel ordre, « qu'il ne sembloit pas estre un bâtard de Bour- « gongne, mais héritier d’une des plus grandes « seigneuries du monde. En cette ordonnance se « fist amener jusqu’à un hourd qu'il avoit faict
« faire à ce propos au bout de la lice, sur lequel
« hourd fust sa lictière posée, et fust soudainement « close et baïllée; tellement qu’il fust hors du « dangier de toute presse de chevaux. »
Olivier de la Marche, dans le même écrit, nous énumère ainsi la lictière du seigneur de Ravestain qui assistait aux mêmes fêtes :
« Suyvant le dict chevalier, venoit la personne « de Monsieur Ravestain en une lictière richement « couverte de drap d’or cramoisy. Les pommeaux « de ladicte lictière estoyent d'argent, aux armes « de mondict seigneur de Ravestain, et tout le « bois richement pain, aux devises de mondict « seigneur. Ladicte lictière estoit portée par deux « chevaux noirs moult beaux et moult fiers; lesquels & chevaux estoyent enharnachés de veloux bleu
à gros cloux d'argent, richement; et sur iceulx chevaux avoit deux pages vestus de robes de veloux bleu, chargés d'orfèvrerie, ayant barrettes de mesmes; et estoyent houssés de petits brodequins jaunes, et sans esperons; et avoient chascun ung fouet en la main. Dedenz ladicte lictière estoit le chevalier, à demy assis sur de grans coussins de riche veloux cramoisy; et le fonz desa dictelictière estoit ungtapizde Turquie. Le chevalier estoit vestu d’une longue robe de veloux tanné, fourrée d’ermines, à ung grand colet renversé, et la robe fendue de costé, et les” manches fendues par telle façon, que quant il se drécea en sa lictière l’on voyoit partie de son harnoïs. Il avoit une barrette de veloux noir en sa teste et tenoit toute manière de chevalier ancien (vieux), foulé et débilité des armes porter. Ladicte lictière estoit adextrée de quatre chevaliers qui marchoyent à pié, grands et beaux hommes, qui furent habillés de paletots de veloux bleu, et avoyent chacun ung gros batton en la maïn. »
Nous donnons, page 137, la lictière du seigneur
de Ravestain. Elle est en bois, très finement sculpté et d’un beau style gothique. Ses brancards sont longs et flexibles, de manière à atténuer, dans une certaine mesure, le trot du cheval. Elle est conservée au musée de Coire.
On peut se faire une idée, d’après les quelques
descriptions qui précèdent, de la magnificence avec