LE HUCHIER
Les huchiers, au XIII siècle, fabriquaient des | portes, des fenêtres, des volets, des coffres, des
bahuts, des armoires, des bancs (1). Cet art équivalait à celui de menuisier. Défense leur était faite de prendre des ouvriers tâcherons. Ils étaient compris dans la classe des charpentiers (2); c’est qu’en effet les meubles, à cette époque, aussi bien que la menuiserie, étaient taillés et assemblés comme de la charpenterie fine. Les bois étaient toujours employés de fil, assemblés à tenons mortaisés, chevillés en bois ou en fer. Le règlement d’Etienne Boïleau était formel à cet égard :
« Item ne huchier ne huissier ne peuuent ne ne « doivent faire ne trappe ne huis ne fenestre, sans « gouions de fust ou de fer. »
Les collages n'étaient employés que pour les panneaux, les applications de marqueterie, de peaux ou de toiles peintes; quant aux moulures et à Ia sculpture, elles étaient taillées en plein bois et non pas appliquées.
Pour éviter les longueurs et rendre nos descriptions des moyens de fabrication plus vives et plus claires, nous nous supposons introduits dans un atelier de menuiserie en meubles, d’un huchier, vers la fin du XIITI° siècle et nous rendons compte du travail des ouvriers.
Jacques, le huchier, nous fit voir d’abord, derrière son atelier, une assez grande pièce remplie de bois de chêne refendu, disposé là pour sécher, en
(1) Ordonnances relatives aux métiers de Paris. (Collection des documents inédits sur l'Histoire de France. Première Série), (2) Règlement d’Etienne Boileau.
BANC A BARRE SERVANT DE COFFRE (Dict. du Mobilier VNiollet-le Duc, t. I).
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nous faisant observer qu’il n’emploie que du merrain (bois refendu et non scié) emmaganisé depuis plusieurs années, en ayant soin de remplacer le vieux par du neuf afin de conserver toujours 1a même provision. De ces bois, les uns sont carrés comme du chevron plus ou moins gros, les autres sont refendus en planches d’un à deux pouces d'épaisseur pour les encadrements et panneaux. Quand il a quelque ouvrage de choix à exécuter, Jacques nous dit qu'il soumet les panneaux à l’action de la fumée pendant plusieurs semaines, en les suspendant au-dessus de l’âtre de la cheminée. Jacques n’a et ne peut avoir qu’un apprenti; son fils et son neveu complètent l'atelier. Ils sont donc trois ouvriers; lui, Jacques, ordonne, s'occupe de
ses bois dont il a grand soin, va chez les seigneurs :
et les bourgeois pour prendre les commandes et travaille aussi de ses mains: c’est un habile homme. Ii nous montra un banc à “barre servant de coffre (voir la gravure, page 143) et dont toutes les pièces terminées étaient prêtes à être assemblées. « Vous « voyez, nous dit Jacques, les quatre montants « principaux, ceux du dossier À plus élevés que « ceux du devant B pour recevoir la barre C. Je fais toujours mes assemblages de barres à dou-
« bles tenons D avec embrèvement, car j'ai remar-
« qué que ces barres sont sujettes à se désassembler, « je les renforce à l’assemblage : cela perd un peu « de bois, maïs les personnes à qui je les fournis, « ne me les renvoient jamais pour être réparés. On
s'appuie sur ces barres; les valets peu soigneux tirent dessus pour reculer ou avancer les bancs, et si elles ne sont pas solidement assemblées et chevillées, elles ont bientôt quitté les montants. Deux tenons valent mieux qu’un, car ils sont tous deux serrés par les doubles mortaises. Vous voyez aussi que je donne de la force à mes bois là où je suis obligé de fabriquer des mortaises, puisque celles-ci affaïblissent les pièces. Maintenant nos seigneurs ne veulent plus de ces meubles massifs comme ceux que l’on faisait autrefois ; ils veulent être commodément assis, se plaignent quand ïls trouvent sous leur main des arrêtes vives. Il faut nous soumettre à ces exigences, et, sans nuire à la solidité, je diminue autant que je puis la force du bois entre les assemblages, soit par des adoucis, des chanfreins ou quelques colonnettes. Remarquez cet appuiE, comme il permet de poser le bras sans fatigue et
comme je l’assemble par de bons doubles tenons
pour réunir le grand montant À au petit B.
Devant mon banc, j'ai une suite de panneaux F serrés entre deux traverses et des montants. J'en fais autant par derrière; puis, sur les côtés, j'ai des joues H qui portent les tasseaux I recevant le couvercle K qui sert de siège. Le bord des joues L affleure la tablette à charnières. Ces charnières sont forgées avec soin; on les pose avec des clous rivés sur le coffre et les bords du fer sont fraisés pour ne point accrocher les habits
« des personnes qui s’asseoient. C’est une pré- « caution assez inutile car personne ne s’assied « sur un banc sans coussins. J'ai vu un temps, qui « n'est pas très éloigné, où les couvercles des bancs « servant de coffres étaient ferrés avec des pentures « saillantes sur le dessus du couvercle; mais on ne « veut plus de ces lourdes ferrures sur les meubles; __« déjà on nous demande de les dissimuler autant « que possible et l'on arrivera à nous demander « de les supprimer entièrement.
« Vous regardez ces sculptures qui décorent les
« montants et la barre? C’est mon neveu qui les” « exécute, et j'espère en faire un imagier; d'ici à « quelque temps il entrera en apprentissage chez « l’imagier Relot, l’un des meilleurs de Paris. Tous « les jours on nous demande de la sculpture sur « les meubles et l’on ne veut plus entendre parler « de ces incrustations d'ivoire, d’étain, de cuivre « ou d'argent que l’on aimait beaucoup jadis. Ce- « pendant les seigneurs et les bourgeois riches qui « exigent de la sculpture sur les bois des meubles « les plus ordinaires n’y mettent pas un prix raïi- « sonnable, et nous sommes obligés ou de travailler « pour rien ou de nous contenter d'une exécution « grossière. Puis les imagiers prétendent que nous « empiétons sur leurs privilèges, et si nous avons « recours à eux, ils se font si bien payer, qu’il «ne nous reste pas de quoi payer le bois. »
Jacques nous fit voir alors dans un coin de son atelier une assez grande armoire prête à être
livrée. Sur notre observation que ce meuble paraissait être de forme ancienne, bien qu’il fût neuf, Jacques nous dit qu’il était destiné à l’abbaye de***, qu'il devait renfermer des reliquaires et vases sacrés, que l’abbé avait exigé que ce meuble fût couvert de peintures et dorures, afin de s’accorder avec l’ancien mobilier du sacraire exécuté il y a plus d'un siècle. « J'ai eu grand’peine, continua le « huchier, à faire cette armoire, onne veut plus de « ces meubles dont la fabrication exige beaucoup « de temps et de soins; aujourd’hui on est pressé, «et personne ne consent à attendre un meuble « pendant un an, cariln’a pas fallu moïns de temps « pour terminer celui-ci: encore les peintures ne « sont-elles pas achevées,; le peintre imagier de « l'abbé a plus d'ouvrage qu'il n’en peutfaire. Voyez « comme ces faces de volets sont unies ; on croi- &«rait voir du marbre poli. Mon grand-père a fait « beaucoup de ces meubles peints et dorés pour les « églises et les appartements des seigneurs et c'est « à lui que je dois de savoir les fabriquer. Les vo- « lets sont composés d’ais parfaitement secs, collés « ensemble sur leur rive avec de la colle de fro- « mage; il faut beaucoup de peines et de soins pour «les bien assembler. Ces ais tiennent ainsi entre « eux, sans grains d'orge, par la seule force de la « colle; car les grains d'orge ont l'inconvénient de « paraître toujours à la surface du panneau et les « font fendre le long des joints. Quand tous les « ais d’un panneau sont bien collés et secs, il faut
« râcler sa surface avec un fer tranchant mais &« peu à peu ; autrement on éraille le fil du bois et « l'on n'obtient pas une surface unie. Après cela «on tend sur les panneaux une peau de cheval, «d'âne ou de vache, non encore tannée mais « bien macérée et dépouillée de son poil; la peau « est collée au panneau avec cette même colle de « fromage. Ceci fait, il faut laisser sécher dou- « cement, sous presse, et ne pointse hâter de toucher « aux panneaux, car si la peau n’est pas parfaite- « ment desséchée elle fait coffiner les panneaux. « En été, il faut compter un mois au moins pour « que ces apprêts soient secs et en état d'être em- « ployés. Alors, dans un lieu frais mais non humide, « on passe sur la peau ainsi tendue sur les ais, trois « couches de plâtre bien broyé que l’on fait chauffer « dans de l’eau avec de la colle de peau; entre « chaque couche il faut laisser s’écouler un temps « assez long pour que le plâtre sèche parfaitement. « Après quoi on râcle doucement la surface et on « la dresse avec un fer plat et tranchant. Ce travail « exige une main exercée, car si l’ouvrier appuie « sur un point plus que sur un autre il se produit « des bosses et des dépressions: il faut recom- « mencer l'opération ; encore ne réussit-elle jamais « comme la première fois. Les couches de plâtre « aplanies au fer, il faut les polir avec de la prêle & jusqu’à ce quelasurface devienne brillantecomme « du marbre. Ceci terminé, on passe sur le plâtre «une couche de peinture bien broyée avec de
« l'huile de lin, puis une seconde. C'est sur ce « fond que l'imagier trace et peint les figures ou « les ornements, qu’il applique les feuilles d’or ou. « d'argent au moyen d’une colle faite de clair de &« blanc d'œuf battu sans eau; s’il veut brunir l'or « ainsi appliqué et lui donner un certain relief, ce « qui est fort plaisant aux yeux, il superpose jus- « qu’à trois feuilles d’or battu en ayant le soin de « coller chacune d'elles; puis, quand l'ouvrage est « bien ferme mais non encore complètement des- « séché, il brunit doucement l’or ou l’argent avec « une pierre d’agathe polie et arrondie en forme « de dent de loup. Il rehausse sa peinture et cerne « sa dorure par un trait de couleur brune détrempée « dansun vernis composé d’huile de lin et de gomme « laque que l’on a fait cuire à feu doux. S’il veut « donner du brillantäla peinture, il passe sur toute « sa surface une couche de ce même vernis faitavec « le plus grand soin dans un pot neuf et bien pro- « pre. Quant aux parties sculptées du meuble sur « lesquelles on ne peut tendre de la peau, on se con- « tente de passer les couches de plâtre sur le bois, « puis on répare avec de petits outils de fer et l’on « polit avec de la prêle comme je viens de le dire « tout à l’heure.
« Ces meubles sont fort beaux, très riches, bril- « lants et propres ; ils décorent mieux les salles et « les chambres que nos meubles de bois sculpté, « souvent grossièrement peints ; mais cela est passé « de mode aujourd’hui et l’on n’emploie plus guère
« ce genre de fabrication que chez les écriniers, « pour les litières, pour les selles de chevaux, les « écus et quelques petits coffres de voyage. »
Jacques nous fit voir ensuite une huche de dimensions énormes (page 95), telle qu’un âne eût pu y être enfermé (r). Sur ce que nous étions ébahis de voir pareille huche, Jacques nous dit : « Vous vous « émerveillez, Messieurs, mais on nous demande « aujourd’hui des huches de cette taille ; nos seï- « gneurs et même nos bourgeois et bourgeoises ne « trouvent jamais les huches assez grandes pour « serrer leurs besognes. Levez le couvercle et vous « trouverez en dedans plusieurs coffres faits pour la « place. Si la huche est bien travaillée, les coffres le « sont mieux encore. Vous allez me demander com-
(1) Les vignettes des manuscrits du commencement du quatorzième siècle indiquent déjà des huches énormes et dans les romans il est souvent question de huches dans lesquelles on renferme quantité d’objets et des coffres, des malles. Ces grandes huches furent longtemps en usage.….:
« L’an MCCCCXVIIT, ung gentilhomme fréquentant les armes, appelé « Casin du Boys, estoit en garnison au chasteau de Beau-Mont-sur-Oyse, lequel chasteau le duc de Bourgoigne assaillit, et dura l’assault troys « jours et troys nuiz..... Lequel Casin fut prins et mené en ung villaige environ deux lieues de Beau-Mont, et là fut enfermé en une huche fermante de clef, et en oultre fut liée ladicte huche d’une moult grosse « corde, tout à travers, à l'endroit de la claveure,.…… et fist couchier ung < homme dessus ladicte huche, affin qu’il ne peust trouver manière de soy « en sortir ne eschapper..…. »
(Les miracles de Mme Saincte Katherine de Fierboys, 1375-1446; mss. de la Bibl. Nationale, publiés par l’abbé Bourassé. Tours, 1858.)
Comme on le voit, l’habitude que certains grands criminels ont prise d’enfermer, pour,s’en débarrasser, des cadavres dans des malles (voyez plus loin aff. Lebiez et Rarré et Eyraud) n’est pas nouvelle : en cela comme en beaucoup d’autres choses, aujourd’hui plagie le passé,
ment on peut sortir ces coffres ? Or remarquez que le devant de la huche est divisé en deux vantaux retenus par une feuillure, un loqueteau et le moraillon attaché au couvercle; ouvrant les vantaux, vous tirez les coffres à votre plaisir. Il y a dans cette huche quatre malles ; la tablette qui supporte les deux malles supérieures permet de tirer celles du dessous. — Mais pourquoi enfermer des coffres dans une huche? — Ah! voici pourquoi, continua Jacques : Quand on part en campagne on emporte un, deux, trois ou quatre coffres avec soi suivant le besoin; dans l’un doit être enfermé dulinge, dans le second des habits, dans le troisième des armes, dans le dernier de la vaisselle. Celui-ci est encore, à l’intérieur, divisé en trois petites caisses séparées et fermées chacune : dans l’une est de l'argenterie, dans l'autre des bijoux et dans la troisième des épices et des dragées. On peut ainsi charger chacune de ces caisses sur des bêtes de somme, ou les placer facilement dans des chariots ; on les enveloppe alors dans des peaux munies de boucles et coutroies qui servent à les attacher. Si l’on part avec ces caisses, on Ôte la tablette intérieure qui est mobile, et l’on enferme dans la huche des courtines, des fourrures, des tapis, des draps que l'on ne veut point laisser à la poussière ou qui pourraient être gâtés par les insectes et les rats. Les petits bourgeois et les paysans ont aussi de ces grandes huches grossières : quand ils sont à la
maison, ils y mettent la farine et y font le pain; quand ils quittent le logis, ils y enferment leurs ustensiles de ménage et les habits qu'ils ne veulent pas emporter avec eux. Dans tous les ménages grands ou petits, vous verrez au moins
une huche. Nous en faisons toujours et jamais
nous n’en avons de reste; souvent même on vient nous en demander à louer pour porter les morts au cimetière et, quoique ce profit nous soit interdit, il est des moments de mortalité où le prévôt est obligé de fermer les yeux, car bien des pauvres gens ne peuvent payer une bière et l’on fait semblant de croire qu'ils ont pris leur huche pour ensevelir leur parent, tandis que la même huche sert à une douzaine d’enterrements en quelques jours.
« Les coffres de cette huche sont munis de poi-
« gnées sur le devant pour les tirer et sur les côtés « pour les soulever et les transporter. Aujourd’hui,
il est rare que nous soyons chargés de fabriquer les coffres intérieurs; ce sont ordinairement les écriniers qui se mêlent de cette besogne, car ils font pour les voyages des malles de bois très légères, recouvertes de cuir gaufré, et qui sont extrêmement solides ; on préfère ces écrins à nos coffres de menuiserie car ceux-ci sont lourds. Si vous voulez, je vais vous conduire chez mon voisin l’écrinier; vous y verrez de très beaux ouvrages deïce sente.) >
Nous nous empressâmes d’accepter la proposition
de Jacques le huchier ; et, ôtant sa robe de travail et son tablier (1), il nous conduisit chez Pierre - Aubri, l’écrinier.
L'ÉCRINIER
Pierre Aubri est un homme âgé, d’un aspect vénérable, et qui prend volontiers des airs d’importance car il fait des affaires avec toute la noblesse ; il est souvent appelé dans les appartements des seigneurs et des demoiselles pour recevoir leurs ordres et s’occuper du mobilier de l’intérieur des familles. Il tient à paraître discret et réservé, non sans raisons, car il sait bien des secrets de nobles dames et de riches seigneurs. Dans Ia boutique, sur la rue, on ne voit guère que des coffrets recouverts de lames de cuivre étampé ou de plaques d’étain fondu, puis de petites tables incrustées d’os et d’ébène. Mais lorsque Jacques lui eut assuré que nous étions étrangers et très capables d'apprécier le mérite de ses œuvres, il nous fit passer dans un atelier situé au premier étage, où travaille son apprenti.
Là nous nous trouvâmes au milieu de petits meu-
(1) Les menuisiers-huchiers endossaient pour travailler une sorte de blouse juste au corps, à manches courtes et mettaient devant eux un petit tablier, Ce vêtement se conserva jusqu’au XVIe siècle. Dans une très belle vignette du temps de Louis XII, appartenant à M. Delaherche de Beauvais, on voit un menuisier-huchier ainsi vêtu et entouré de tous les instruments de sa profession : ce sont les mêmes que ceux dont on se sert encore aujourd’hui. (Voir page 187.)
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bles de toute forme et de toute manière, les uns de bois, d’autres d’ivoire ou d’os, de marqueterie de
métal et de bois étrangers, de cuir de vache, d’âne
ou de cheval; les uns peints des plus brillantes couleurs et dorés, d’autres couverts de plaques d’émaux. En soulevant quelques-uns de ces coffrets nous fûmes surpris de leur extrême légèreté et notre étonnement à ce sujet fit sourire Pierre Aubri :
« H n’y a qu'ici, Messieurs, nous dit-il, où vous «trouverez des écrins aussi solides qu’ils sont « légers. Voyez ce coffre, poursuivit-il, en nous « mettant dans les mains une assez grande boîte, «recouverte de cuir gauffré et qui paraissait « ancienne, il y a douze ans que je l’ai fabriquée < pour un riche marchand de bijoux qui ne cesse « de courir les foires toute l’année : eh bien | il n’a «jamais laissé ce coffre chez lui, toujours il le « porte à cheval, en croupe ou en chariot; :üil « me l’a rendu pour réparer les coins qui sont «usés et y mettre une serrure neuve à secret « comme celles que je fais fabriquer depuis peu. « D'ailleurs, il pourrait servir longtemps sans y « rien faire. » :
Maître Aubri rompit brusquement le propos en prenant un assez grand étui de couleur brune et en forme de mallette : « Prenez ceci, Messieurs, nous &« dit-il, ce n’est guère pesant, c’est l’écrin du maître- « queux de notre seigneur le comte de *, Dans « toute cette pièce il n'entre pas un seul copeau de
« bois, tout est fait de cuir bouilli. Ni la pluie ni le « soleil ne peuvent altérer cette enveloppe, lors- « qu’elle est bien fabriquée. Observez que cet étui «est double, que ce n’est qu’une liette entrant « dans une enveloppe. (Voir page 157.)
« Voici d'abord quatre compartiments pour les « épices, poivre, cannelle, poudre pour les sauces et « piment ; puis, au bout de la tirette, un grand com- « partiment divisé par des lannières de peau souple « pour serrer les couteaux lardoirs, les cuillers et « fourchettes. Deux anneaux attachés aux deux « bouts permettent de passer une courroie et de por- « ter l’étui en bandoulière. La tirette est fermée par « une petite serrure à moraillon. Voyez comme les « angles sont légèrement relevés pour que la tirette « glisse bien droit dans son étui. Je donne une sur- « face quelque peu cylindrique à trois côtés, parce « que cette forme est plus solide, puis parce que le « frottement se trouve diminué, les courbes des faces « dela tirette étantun peu plus plates que celles de « l'étui. La face du dessous est plate pour pouvoir « poser l’étui sur une table.
« La fabrication de ces étuis demande beaucoup « d'expérience et de soin et je puis me vanter « d’être le premier qui ait fait de ces écrins qui ne « se gauchissent ni à la chaleur ni à l'humidité. &« Je commence par faire un moule de bois de tilleul « ou de hêtre bien séché au four, suivant la forme « que je veux donner à l’écrin; ce moule est en plu- « sieurs pièces, l’une au centre, en forme de coin.
(‘3 fonQ-T-JONOTA ‘401LQON ND 914) IRIS AIX NE XAHNO-HAULIVIN NN NIUOH