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COFFRE-FORT GREC, EN BRONZE

du temps de Périclés (Dict. de Daremberg et Saglio.)

la théca dans laquelle on enfermait les livres, d’où est venu le mot bibliothèque.

La fermeture des capsa consista d’abord en une bande d’étoffe nouée solidement. Plus tard, on assura les extrémités du coffretavec de la terre glaise humide ou de la cire; enfin, dans une époque plus rapprochée de nos jours, on y appliqua un anneau à cacheter. Les Grecs cependant connurent les verrous et les serrures, car on a retrouvé des clefs dont la petitesse prouve qu’elles ne fermaient que des capsa. :

On suppose que les premiers coffres avec serrure (page 43) ont dû être construits du temps de Périclès. Celui que représente la gravureétait tout en bronze et les ornements que l’on voit sur sa face principale étaient ciselés en creux. La serrure affecte, à son entrée, la même forme que les dessins qui l’encadrent à droite et à gauche. Une branche de feuillage, placée au centre du panneau, forme la décoration la plus importante.

Ce coffre était d’un poids considérable et c'était sa massiveté même qui était sa principale sauvegarde contre les larrons. Il servait à renfermer l’argent et les bijoux en même temps queles étoffes précieuses et le nard, ce fameux parfum asiatique qu’on prétend avoirété versé par Marie-Madeleine sur les pieds du Sauveur.

Des coffres du même genre abritaient les objets de valeur qui constituaient le trésor des temples. Leur place était dans l’épisthodome (u8wré), sorte

de réduit secret pratiqué derrière le sanctuaire et où le public ne pénétrait pas ; c'était la sacristie de l'antiquité.

Dans les maisons particulières, c'était dans l’endroit le plus reculé de la maison, dans le gynécée, à côté du lit conjugal que l’on mettait le coffre (apbunwoBnvl) où l’on déposait l’argent et ce que l’on possédait de précieux. Dans ce lieu se tenait la mère de famille avec ses filles et ses servantes, là elle recevait ses intimes amies.

Un curieux exemple nous en est resté (Page 47): sur un coffreen bois de hêtre, orné de clous alignés en rangées symétriques, une femme du temps d'Alexandre est assise en toilette de ville, ornée de sa plus belle coiffure, parée de son collier et de ses bracelets. Cette femme est certainement venue faire visite à une de ses amies, car, après avoir collationné légèrement, elle tend son assiette vide à une personne invisible.

Le coffre sur lequel la belle visiteuse s’est assise est en bois avec incrustations en fer. Il contenait tout spécialement le linge et les habits et on le tenait rangé le long du mur, oùilservait tantôt de table, tantôt de banc.

Un des plus beaux coffres grecs que l’on ait conservés est celui dont nous donnons la gravure (page 51). Le meuble est ouvert et contient deux personnages, un homme et une femme, assis dans son intérieur et causant. Il est monté sur quatre pieds griffés et ornés, sur la face principale, de

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