‹ Le vrai livre du peupleChapitre 35 sur 77 · STATUTS · texte numérisé non relu

STATUTS

Dl LÀ SOCIÉTÉ DE PATRONAGE DE8 APPRENTIS INDIGENTS

de la ville de Grenoble.

« Considérant que le moyen le plus efficace de secourir, de moraliser les enfants appartenant à des familles pauvres, est de leur faire apprendre un état qui soit en rapport avec leur santé physique et leur aptitude naturelle, et d'organiser autour d'eux une surveillance active et paternelle qui les accompagne jusqu'au moment où, gagnant honorablement leur vie, ils prendront place parmi les citoyens utiles à euxmêmes et à leurs semblables ;

« Considérant que divers membres du conseil municipal de Grenoble, désignés par ce conseil et réunis en commission, ont déjà mis une telle institution en pratique, à faide d'une allocation inscrite aux budgets de la ville en 18S0 et 1851;

« Considérant qu'il importe de compléter cet essai et de donner à l'institution même un caractère de force et de stabilité propre à confirmer et à étendre les heureux résultats qui ont été obtenus ;

« Les soussignés, membres de la commission municipale, ont arrêté les présents statuts :

« Art. 1". — Il est formé à Grenoble une société libre qui prendra le nom de Société de patrofume des apprentis indigents.

« Art. 2. — Cette société se composera des citoyens qui adhéreront aux présents statuts et s'engageront a payer une rétribution annuelle dont le chiffre est abandonné à leur bon vouloir.

— ttO —

« Art. 3. — Lorsque les souscripteurs auront atteint le nombre de 300 , ils seront réunis en assemblée générale pour élire parmi eux, au scrutin et à la simple majorité, une commission administrative et executive. Cette commission sera composée de douze membres ; deux membres du conseil municipal, désignés par ce conseil, en feront en outre partie de plein droit; elle nommera ensuite un président, un secrétaire et un trésorier. Elle pourra choisir en dehors de son sein un employé qui tiendra les écritures et dont elle fixera le salaire.

« Art. 4. — La commission sera soumise tous les ans i un renouvellement par moitié. Pour la première fois, le sort désignera la moitié sortante. Les 6iembres dont œlle-ci se composera pourront être réélus.

« Art. 5, — Le président, le trésorier et le secrétaire de la commission seront aussi nommés pour un an. La corn* mission pourra les maintenir dans leurs fonctions,

« Art. 6. — La commission aura pour mandat de placer chez des industriels de la ville de Grenoble ou chez des agriculteurs des environs, des apprentis indigents de T un ou de Tautre sexe, choisis parmi ceux qui lui auront adressé des demandes ; d'arrêter les conditions du placement et de l'apprentissage , et d'affecter à chaque apprenti , sur les fonds de la société, un secours dont elle déterminera la quotité et la forme.

« Art. 7. — La commission désignera i chaque apprenti ou apprentie, parmi les membres de la société, un patron ou une dame patronnesse, qui aura pour devoir de se mettre en rapport avec Tapprenti, de s'enquérir de sa conduite, de son travail, de ses progrès, de lui adresser fréquemment des encouragements ou des remontrances, et en outre, de surveiller les relations du maître avec l'apprenti,

« Art. 8. — Tous les mois, chaque patron enverra au président de la commission un rapport écrit renfermant sur

— Mlle patronné les divers renseignements nécessaires pour le faire apprécier.

« ART. 9. — Tous les six mois les souscripteurs seront convoqués en assemblée générale. Le président exposera rétat moral de l'institution ; le trésorier rendra compte de sa situation financière. Les noms des apprentis qui se seront signalés par leur sagesse et leurs succès seront proclamés dans cette assemblée et inscrits au procès- verbal, à titre de mention honorable.

« Art. 10. — Dès que les finances de la société le permettront, il sera dScemé chaque année , dans la dernière assemblée générale, des prix à un certain nombre d'apprentis, qui se seront rendus plus particulièrement dignes de cette distinction. Ces prix consisteront en outils de travail, ou autres objets que déterminera la commission.

« ART. 11 . — Le conseil municipal de la ville de Grenoble sera prié de continuer une subvention annuelle à la société. Les citoyens seront également priés de lui venir en aide par des libéralités entre-vifs ou testamentaires.

« Art. 13. — Les présents statuts seront imprimés et portés à la connaissance des citoyens. »

M. Arnaud, qui m'avait succédé à la mairie, réclama des souscriptions par une lettre qui -fut répandue à un trèsgrand nombre d'exemplaires, et à laquelle étaient joints le texte des statuts et un bulletin destiné à être garni par les citoyens qui voudraient souscrire.

Les souscripteurs ne se firent pas attendre. Le 18 mars 1852, ils furent réunis en assemblée générale. Ils adoptèrent les statuts, en y introduisant cette seule modification, que le maire de la ville serait de droit le président du comité.

L'assemblée procéda immédiatement à l'élection des membres de ce comité. L'ancienne commission fut élue par T 49*

acclamation; les autres membres furent élus au scrutin. Le surlendemain, SO mars, le comité nomma deuxyiceprésidents, un secrétaire, un trésorier et un agent comptable salarié, pris hors de son sein * .

Désormais la société était constituée et représentée.

Depuis lors elle Va cessé de fonctionner avec une régularité parfaite. Le comité s'est fréquemment réuni et a voté suocessivement diverses mesures réglementaires dont l'ensemble^ joint aux statuts, forme le code pratique de Tassociation.

Ainsi, le comité n'admet que les enfants Agés de 13 ans révolus, ayant fait leur première communion, sachant lire et écrire et connaissant les premières règles du calcul.

Chaque apprenti a son dossier. Ces dossiers se composent d'abord de la demande d'admission, qui doit toujours être adressée au comité, par écrit, puis du rapport fait sur cette demande par deux membres du comité, rapport qui renferme tous les renseignements nécessaires pour apprécier les titres du candidat; enfin, d^un double du contrat d'apprentissage.

En outre, toutes les délibérations prises par le comité au sujet d'un apprenti, soit pour lui accorder des secours, soH pour toute autre cause , sont mentionnées par extrait sur lé dossier du patronné qu'elles eonœmcnt, et tous les bulletins ou rapports mensuels du patron y sont soigneusement classés.

Chaqoe patron a us livret sur lequel il inscrit tout ce qui concerne son patronné. Ce livret renferme un extrait de la

I . M. Beijamin Giroad, dief àa secvétâriit de te mairie, esl tout )i te ùm rtgem eompUble et le sacréloira' de la société. Etant nuôte, j^ai pu af^récier k mérite précoce et rmteUigence d'élite de H. Giread , jeune homme plein d*avenir. C'est lui qui a bien youIu rechercher à la mairie et au dehors beaucoup de documents que je lui ai demandés p<mr te composition de cet ooTrage. Je Im en témoigne id tonte ma

loi du 22 février i851 , sur les contrats d^apprentissage, afin de mettre les patrons en position d'user du bénéfice des dispositions de cette loi. Il renferme en outre les statuts du patronage et une instruction ainsi conçue :

« Les patrons ne doivent jamais perdre de vue que si, dans leurs fonctions, ils exercent l'autorité du père de famille, ils ont aussi à en remplir les devoirs. Us devront donc s'entendre avec les parents de Fapprenti, afin d'assurer le succès de la mission qui leur est confiée.

« Par le fait de leur acceptation , ils s'engagent d'une manière spéciale :

« A faire une visite hebdomadaire au maître de l'apprenti;

« Â avoir des relations fréquentes avec ce dernier et à étudier ses besoins ;

« A prendre chaque semaine des notes sur sa conduite et sur son travail ;

« A adresser au comité un bulletin mensuel résumant ces notes;

« A éclairer l'apprenti, avant le terme de l'apprentissage, sur le choix d'un atelier , et à se coi}certer avec sa famille pour le placer le plus convenablement possible.

< Toutes les dépenses relatives à un apprenti sont payées parle trésorier entre les mains du patron, et doivent être portées à leur date sur le livret. »

Afin de faciliter l'apprentissage de certaines professions pour lesquelles l'étude du dessin artistique est utile , le comité fait suivre à ceux des patronnés qui le demandent, les cours gratuits de dessin entretenus par la ville. Une heure est spécialement réservée, à cet effet, dans le contrat d'apprentissage. Le comité se charge des fournitures nécessaires.

En outre, le conseil municipal ft institué un Oôun de dessin linéaire tout spécial en fayeur des patronnés.

Les comptes-rendus ont lieu désormais tous les ans, en assemblée générale et publique* Lés enfantSi leuri paf^ntii les patrons, les dames patronnesses assistent à ces réunions, d'autant plus émouvantes qu'elles sont plus simplesi Les premiers fonctionnaires s'empressent de s'y rendrai et leur présence est pour tous un honneur et un encouragement.

J'emprunte le passage suivant au compte^rendu fait é& i852, par M. Henri Giroud, notaire :

« Nous ayons consulté la liste des souscripteurs, et nous avons acquis la certitude que jamais nos apprentis ne Manqueront de patrons. Bien mieux, et les faits sont venus eon» firmer notre jugement , nous étions sûrs d'avance de la ponctualité avec laquelle ces fonctions seraient remplies. A de rares exceptions près, les bulletins mensuels ne noUs ont pas fait défaut, et nous avons sur nos apprentis le§ rensei*' gnements les plus sérieux et les plus consciencieux en même temps qu il soit possible de réunir.

« Cependant, Messieurs, lorsque dans ces derniers jours il a été question de ^istribuei* les récompenses promiseSi afin de régler cette distribution sur une uniformité de vues et d'observations sans laquelle nous courions le risque d'être injustes, une commission spéciale prise dans le sein du comité a été priée de contrôler toutes les notes remises par les patrons , et d'étendre ses investigations sur toutes les circonstances qui seraient de nature à déterminet* la préférence à accorder à tel apprenti sur tel autfei

« Le dépouillement de tous ces éléments réunis met en lumière des particularités pleines d'intérêt qu'il serait trop long de vous citer :

* Tantôt , c'est un pauvre enfant peu soigné i à peins nourri par un beau-père ou une belle-mère, et qui, frftO0

au (^atfbtta^, vÀ Qiiif par se procurer titlé existence indé-* petidante \

« Tantèt, c'est une mère, un frère, une sœur, qui Se dévouent au contraire et s'imposent de rudes privations pour rendre votre intervention possible ;

tf Ou bien, 6e sont de mauvais penchants qui pàt^ennent à être oomplëtement réprimés.

« Souvent aussi, ce sont deâ organisationiâ tout à fait heureuses qui se révèlent à nous : comme cette jeune flUe qui, apprentie tailleuse depuis quelques mois à peine , a déjà trouvé le moyen d'utiliser chaque soir le peu qu'elle a pu apprendre, pour gagner quelques sous et aider aux dépenses de sa famille; comme cette autre enfant de laquelle on obtient tout, en lui parlant de sa mère qu'elle a perdue. 1»

Le coitapte>*rendu de 1853 renferme lés nouveaux détails qu'on Va lire et qui sont non moins intéressants.

« Depuis le mois de décembre 1849, quatre-vingt-dixneuf jeunes gens ont été admis au patronage : soixante^ quinze garçons et vingt-quatre filles.

« Sur ce nombre, vingt-quatre garçons et dix filles ont terminé leur apprentissage et gagnent aujourd'hui de 1 à 2 fr. par jour, quelques-uns môme davantage. Une chose digne de remarque, c'est que sur les dossiers de presque tous ces enfants se trouve cette annotation bien simple, mais bien touchante : It retnet ce qu'il gagné à m mire.

k Cinq apprentis n'ont pas achevé leur apprentissage, soit à ôause du départ de leurs parents, soit pour d'autres motifs indépendants de leur volonté et de la nôtre..

« Un seul est décédé en apprentissage.

« Enfin, le comité s'est vu dans l'obligation de prononcer l'exclusion de sept apprentis garçons et d'une fille dont il n^était déjà plus possible de Viiincre les mauvais penchants.

— Î98 — bre de ceà hommes qût ^nt les plus fêriùéâ ioutieûs de

Tordre, parce qu'ils savent que les révolutions SUpprirnentle travail, et que c'est à leurs bras vigoureux qu'ils doivent leur etisteûce et celle de leur famille ? Ne nôus lassons donc point de protéger V Œuvre du patronage. Les faveurs qu'elle accorde ne sont point un encouragement à la paresse ; elle

exige le travail qui régénère, le travail qui sanctifie, le travail qui ôuvre toutes les carrières et appelle, suivant les ctr^ eotistaûces, à de hautes destinées. »

Le compte-rendu de 1859» présenté par Mi Blandin filsi constate que les recettes se sont élevéesi en 1858| à 5,393 fr« 20 cent.; le produit de Ôll souscriptions annuelles figure dans cette somme pour 3|481 fr« 50 cent.

Les dépenses totales ont été de 4,458 fr« 15 cent.» de sorte qu'il y avait en caisse 937 fri 05 cent<

A la fin de 1857, il restait en cours d'apprentîssaga 53 enfants ; en 1858» les admissions se sont élevées i 43 ; total 96.

Dans le courant de l'annéci ce nombre a été réduit de 4A, dont 33 sont devenus ouvriers, dont 4 ont renoncé et dont 5 ont été exclus.

Au 1*' janvier 1859, il restait donc 54apprenti8| savoir i 40 garçons et 14 filles.

On trouve dans Je rapport de M. Blandia une heureuse citation, que j'aime à rappeler ici :

« A vôtis tous enfin, mes eiiftints, nous dirons en terml-»

nant ce que le formulaire des anciennes associations d^ôUVrters recommandait à Tâpprentl, au moment où il allait quitter le maître de qui il avait appris à travailler t

« Prends honnêtement congé de ton maître, le dimanche, é après le dtner, Jamais dans la semaine ; car ce n'est pas

é Fdsage d^abandouner l'ouvrage avant le jour indiqué pour

« lei^pos.

« THêAtii i * Maître, Je votis tâmerôte de m^dvoif appris n un métier hofiombld ; Dieu veuille que Je vous té rende un « jour à vous ou à d'autres» >

« Ld mattrOi qui ràooômpâKâe, entré autres reeomtnsndations, lui dit alors : « Quand tu renodtttreras Une fontaine,

• bois et ne trouble pas reau> car u«t autre pourrait venir « apràs toi, qui ne serait pas fàôhé de boire^ «

« Ces pensées ne sônt que le développement dé ce sublime principe de la môf aie chrétienne dont uous avens parié sou-<vent) qui dit à tous \ « f*ais à autrui ee que tu voudrais que

• chacun fit pour toi. »

« Cette recommandation, mes enfants, xiôus vous deman^

dons de vous la rappeler toujours en souvenir et comme devise du patronage. »

Douze récompenses et onze mentions ont été accordées aux apprentis dans la solennité dé 1880.

Trois récompenses etdeuiî mentions ont été aéôordéésà des ouvriers ou apprentis suivant le cours dé dessin «

EnflUi onse mentions honorables ont été accordées ft des ouvriers.

Diverses libéralités ont été ftiites à la Société du patronage. Leur histoire est une histoire édifiantes

En 1848| M. Garrèrei sous^officter de fermée des Alpes, alors en garnison i' Grenoble, apprit qu'il venait d'être promu au grade de sous^-Heutenant» Il était entré aU Service comme remplaçant. Saisi d'un scrupule honorable, et voulant, en quelque sorte, régénérer par une bonne action l'origine de ses épaulettes, il joignit au pril de son remplacement, qui était encore intact à la caisse d'épargne, tous les intérêts jusqu'au jour de sa nomination, et il déposa son livret entre les miûns du maire de la Ville, déclaraht en

faire don aux ouvriers sans travail. Le mootant de ee livret,

arrivant à 2,241 fr. 60 cent. , fut laissé à la caisse d'épargne.

En 1850, M. Carrère fut prié de consentir à ce que sa libéralité servit à fonder une dotation spéciale, uniquement aJSectée au patronage des apprentis indigents. M. Carrère s'empressa d'adhérer i ce vœu.

. Ce vœu émanait du conseil municipal, qui délibéra, i ce sujet, le 9 septembre 1850, que tous les legs, donations et libéralités quelconques qui seraient faits pour augmenter cette dotation seraient convertis en rentes sur F état ; que le produit de toutes ces rentes serait seul dépensé chaque année et figurerait au budget des dépenses en un seul article, sous le tilre de : Dotation du patronage des apprentis indigents.

Par son testament du 11 décembre 1850, M"* Annette Berriat, de Grenoble, a légué à la dotation du patronage

aoofr.

Dans le mois de juin 1853, les citoyens qui avaient composé la 2™* comi^gnie du 1*' bataillon de la garde nationale ont donné une somme de 400 fr. Ce capital avait été offert à la compagnie, eh 1848, par une personne voulant venir en aide aux gardes nationaux qui ne pouvaient pourvoir à leur équipement, et il était resté sans emploi.

Le 4 février 1854, l'Association alimentaire a fait remettre au comité une somme de 100 fr. \

La commission d'organisation de la cavalcade, aujourd'hui dissoute, a compris la société du patronage dans la répartition des sommes recueillies par elle, savoir :

En 1853 pour 250 fr.

À reporter. . . . 500 fr.

4. Déjk, le 47 février 4853, l'Assodation alimentaire avait mis k la disposition du comité 500 jetons de soupe et de légumes.

Report. . . . âOO fr.

En 18S5 pour 238

Total 2,035 fr.

En 1856, la banque de France acheta de la ville de Grenoble un emplacement, pour y construire un hôtel. Lorsqu'on débattait le prix de cette acquisition, deux délibérations furent prises simultanément, Tune, à Paris, par laquelle la banque renonçait à un rabais de 3,000 fr. qu'elle avait demandé ; l'autre, i Grenoble, par laquelle le conseil municipal accordait le rabais. Quelle était celle de ces deux délibérations qui devait prévaloir ? La banque de France trancha noblement la question, en donnant les 3,000 fr. aux pauvres de la ville. Le patronage fut compris dans ce don pour 300 fr.

La somme de rentes sur l'Etat appartenant à la dotation, au 8 mai 1859, était de 460 fr.

Le 28 février 1855, le comité a décidé que tous les membres de la société, qui, à quelque époque que ce soit, auraient fait partie du comité, seraient appelés à assister à ses séances, lorsque des questions importantes devraient y être débattues et que la majorité de ses membres réclamerait leur présence ; ils y ont voix délibérative, et le comité, dans ce cas, prend la dénomination de Conseil de famille.

Telle est l'œuvre à la création de laquelle je suis heureux d'avoir concouru, dont la loge des Arts-Réunis fit la première application, dont M. Hippôlyte Bouvier fut le principal fondateur, que MM. Arnaud etCrozet, maires, ont constam*

ment entourée de leurs vives sympathies, à laquelle le conseil municipal n'a cessé d'accorder son appui intelligent et empressé, que M. Leborgne, négociant, vice-président du comité, dirige avec le zèle et le dévouem^ent le plus dignes d'éloges, et que les citoyens de Grenoble soutiennent de leurs dons généreux.

L^ société du patronage des apprentis indigents est l'une des institutions dont la ville de Grenoble a le plus justement le droit d'être fière. Douée d'un caractère essentiellement préventif, elle fait le bien en s'attaquant à la source même du mal, et elle donne le touchant spectacle, non-seulement du riche s'empressant d'intervenir dans l'intérêt du pauvre, mais encore de toutes les classes de la population, animées d'une même pensée de charité et de désintéressement, sachant unir leur action et confondre leurs efforts pour secourir et moraliser ceux de qui le divin Maître a dit : Laissez venir à moi les petits enfants.

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