DU PAUVRE
Beatus rtr qui imUlligit mer êfenum et pauperem; tu die maia itheraM eum Dominua,
Henreox Thomma qni eonpreod les besoins do paoTre et de rlndigenl; le Seignenr le délivrera ao Jour maavats. . t
Ps. 40, V. I.
« Le plus ancien hôpital de Grenoble est celui de Saint- Hugues, fondé par ce prélat vers la fin du XI* siècle, appelé aussi de la Madeleine, à cause d'un autel qui y était dédié a cette sainte et d'où a tiré son nom la rue qui y conduisait. Il s'étendait sur remplacement occupé depuis par les Cordeliers et converti aujourd'hui en une place publique, derrière le palais de justice. Il y avait également à Grenoble, dès le temps des dauphins, un hôpital de Saint-Antoine, desservi par des religieux de cet ordre. Il était bftti sur le coteau près de l'ancienne route traversant la hauteur de Chalemont ; plus' tard, du moins^ après les guerres de relir 23
gion, il fat transféré au pied de la montagne, dans la rue Perrière.
« En 1329, Jacques de Die, dit Lappo, chevalier, auditeur des comptes et conseiller du dauphin, et Catherine Montanée, sa femme, créèrent pour les mendiants une maison de refuge située dans la rue de YUe, qui, dans la suite, re* çut de cet hospice le nom de rue du Pont-Saint-Jacques ou Pont-Saint- Jaymes qu'elle porte encore de nos jours. D'autres bienfaiteurs suivirent Texemple de Lappo ; ils dotèrent son établissement de nouvelles ressources. Revmond deThevs, l'un d'eux, seigneur de Thoranne en Trièves,'' lui donna en 1393 une rente annuelle de 14 florins d'or, pour l'entretien de sa chapelle érigée sous le vocable de >'otre-Dame et Saint- Jacques.
« Â cette époque, l'hôpital de Saint-Hugues était devenu insuflSsant pour Içs malades de la ville. L'évêque Aymon de Chissé fonda pour eux, en 1424, une nouvelle maison dans la rue Chenoise, proche de la Cathédrale ; elle fut nommée VaumOnerie de Notre-Dame. Son fondateur l'enrichit de plusieurs dons; il lui réunit Fhôpital de Saint-Hugues et en Confia la direction d'une manière spéciale aux consuls de la ville. Au même hôpital furent aussi unis plus tard ceux de Saint-Jacques et de Saint-Antoine dont nous venons de parler et une maison, pour les pestiférés, fondée en 1485 par Gratto ou Grasso d'Archelles, écuyer du palais du roi. Cet hôpital, connu sous le nom de Saint-Roch ou de TUe, parce qu'il était situé dans la partie du territoire de la ville appelée nie (on dit aujourd'hui YÏle-rerUouVlle-Vert), occupait l'emplacement voisin du cimetière actuel de Saint- Roch. Il ne reste, depuis longtemps, de ses bâtiments qu'une petite chapelle en ruines, près de l'Isère : au-dessus de la porte d'entrée est une pierre sur laquelle sont les armes de la ville et la date de 1686. Les revenus réunis de ces hôpitaux, accrus de plusieurs legs, donations et autres bienfaits,
constituèrent depuis un hôpital général, régi et administré par un seul bureau composé de Tévêque, d'offlders du par^ lement, de la chambre des comptes et du bureau ded finances, des quatre consuls, d'avocats et d'autres notables; De nouveaux bâtiments, plus spacieux, plus cotrlmoded, itliëiix situés, s'élevèrent pour cet hôpital, aux fixais de la ville et au inoyende souscriptions, de 1632 à 1690i Ils furent tonstruits dans l'enceinte de la cité neuve, à Vendl'oit ob ils sont encore * . »
Passant immédiatement de cet historique aux temps Mtuels, je vais exposer les immenses bienfaits que répand l'hôpital de Grenoble.
La moyenne annuelle des malades civils traités â l'hôpital pendant les années 1855, 1856, 1857 et 1858, a été de 1,826.
Les malades de la ville de Grenoble sont traités gratidtement; quand les malades n'appartiennent pas à la ville, letir commune paie pour eux ; mais ces malades étrangers sont en petit nombre.
La moyenne annuelle des femmes mariées, trop pauvres pour accoucher chez elles, qui sont venues accoucher à l'hôpital, a été, pendant les mêmes années, de 43
Celle des filles-mères du département, admises pour faire leurs premières couches dans une salle spéciale appelée asile départemental, a été de 168.
Celle des filles malades par suite d' inconduite, traitées dans^un bâtiment particulier, de construction récente^ a été de 98.
Celle des vieillards indigents, reçus à vie, tous de Greno-
4 . J'emprante ces détails au tome troraième de la StàtUH^ue du Aêpàf'' tetnent de l'hère. Ce tome a pour auteur eiLclusif M. Pilot, le sayant archivisto de ce département.
ble ou ayant acquis le domicile obligatoire par cinq ans de résidence dans cette ville, a été de 396
Celle des enfants trouvés, abandonnés, ou orphelins pauvres, connus sous la dénomination générique d'enfants assistés, à la charge du département, comme Agés de moins de 12 ans, a été de 711
Celle des enfants infirmes, qui 3ont chez des nourriciers, quel que soit leur Age, pour lesquels Thôpital paie une pension, a été de 137
Celle des enfants infirmes, que les nourriciers ne veulent pas recevoir, même moyennant une pension, et nourris a rhospice, quel que soit leur âge, y compris les enfants déposés temporairement, jusqu'à leur placement, a été de . 337
Celle des malades militaires soignés à Fhôpital, en vertu d'un traité passé avec Tadministration de la guerre, a été de 2,404
La moyenne générale annuelle des individus malades, vieillards, étants, etc., qui ont séjourné àThôpital et y ont été nourris pendant les quatre années, ci-dessus, a été de 5,369
La moyenne annuelle des journées de nourriture fournies par rhôpital pendant les mêmes années, a été de. 338,962
Voici à Taide de quelles ressources l'hôpital fait face à des charges aussi énormes.
Pendant les mêmes années que ci-dessus, la moyenne annuelle du revenu rural (fermages, coupes de bois, produits en nature) a été de 134,400 fr. 73c.
Le revenu des maisons a donné une moyenne annuelle de 20,941 54
La àioyeime annuelle des rentes sur l'Etat a été de 34,459
A reporter 1 89,801 fr. 27 c.
Report 189.801 fp. 27 c.
Celles des rentes sur particuliers a été de 646 72
Celle des rentes transférées par le gouyemement, c'est-à-dire destinées à remplacer des biens vendus, dont Tétat s'était emparé, a été de 942 84
La ville de Grenoble fait à Thôpital une subvention annuelle de 45,000 »
Totel 236,390 83 c.
La moyenne annuelle du revenu casuel, tel que journées des malades militaires, journées des filles^mëres ou malades, produit des inhumations loué à rhôpital par les fabriques des paroisses de la ville, a été de 234,251 26
Total 470,642 fr. 09 c.
La moyenne annuelle des recettes, tant ordinaires qu'extraordinaires (celles-ci comprennent des coupes de bois extraordinaires, des prix de ventes de terrain, des soultcs d'échange, etc., et les capitaux qui en proviennent sont convertis en rentes sur l'Etat), a été de. . . 512,231 fr. 12 c.
La moyenne annuelle des dépenses, tant ordinaires qu'extraordinaires, a été de ^ . 503,506 fr. 02 c.
Le ^nji moyen de la journée commune, pendant lesdites années, a été de Ofr. 94c. 0268
Celui de la journée des malades a été de i fr. 18 c. 9365
Depuis longtemps, les hôpitaux sont régis par des com-
migrions administratives, composées de cinq membres qui, d'après la législation existante, sont nommés par le préfet. Ces commissions sont renouvelées, chaque année, par cin* quième. Les membres sortants sont rééligibles. Le maire fait partie, ^e (droit, de la commission, indépendammeat des cinq autres membres, et il la préside.
La commission administrative de l'hôpital de Grenoble est formée aujourd'hui du maire de la viUe, de MM. Fiéreck, conseiller à la cour impériale, vice-président ; Piollet, conseiller à la cour impériale ; Gautier fils, avocat général à la cour impériale; comte de Saint-Ferriol et Yicat fils, propriétaires.
M. Fiéreck est membre de la commission depuis quatorze ans. Son zèle et son dévouement sont infatigables. On peut dire de lui qu'il a en quelque sorte adopté les pauvres de rhôpital .
Les malades sont soignés par des sœurs appartenant à l'ordre de Saint-Thomas de Villeneuve, dit Notre-Dame de Grâce, dont la maison mère est à Aix (Bouches-du^Rhône). Elles sont au nombre de 31 , dont 27 seulement sont rétribuées. Les quatre autres sont postulantes ou reposantes. On appelle reposantes celles qui ont été en quelque sorte admises à la retraite.
On lira avec intérêt la liste suivante des principaux donateurs de l'hôpital de Grenoble :
1424. — Atmon de Chissé, évêque de Grenoble.
1480. — Grato-d'Ahghelles, écuyer de l'écurie du roi dauphin.
1810. — Claude Coct.
1B40. — George db Saint-Marcel-d'Avançoii .
1575. — François de Saint-Marcel-d'Avançon, évêque de Grenoble.
1686. — Jean de Boffui, seigneur d'Apgenson.
1669. -^ Jean Duvagh?;, baron de CbAteau^-Neuf de rAlbenc.
1671 . — Alpbonso Ferrand pb Saimt^Ferjub, conseiller au
parlement de Grenoble.
1681 . — André pe Makimt, maître ordinaire en la obambre
des comptes.
169S- -^ Louis DE PqitàTi maître ordinaire en la ehanfibre
des comptes.
1683. — Joseph deChissé, seigneur de InHarcousee.
1684. — Jean-Louis de Poi^at, seigneur des Combes. 1684. — Nicolas Prunier, seigneur de Saint-André, mar^
quis de Virieu, premier président du parlement de Grenoble.
1689. — Athénée SAj^vAiifO de Boiasuu.
1690. — Michel RufFiER, curé de Notre-Dame de Grenoble,
1693. — Madeleine de La Morte, veuv® ToNif ard, conseiller au parlement de Grenoble.
1695. — Gabriel Prunier, seigneur de Saint^André, président à mortier au parlement de Grenoble.
1697. — Jean Alloix, président au parlement de Grenoble.
1707. — Le cardinal Etienne Le Camus, évèque de Grer noble.
1717. — Louis DuFOUR, curé de la paroisse de Saint-I/)uis
de Grenoble.
1718. — Louis GRiMAUD-DE-BicuB, conseiller au parlement
de Grenoble.
1723. — Françoise Chaboud, femme d'Antoine CoTnoNAT auditeur en la chambre des comptes.
1728. — PouRROY-DE-L'AuBERiviiRE , président du parlement.
1728. — Pierre MoRET deBpurchbvu, marquis de Yalbonnais,
premier président de la chambre des comptes.
1729. — André Blanc La Comchb.
1781 . — Catherine de Yachon •
1731. — Pierre Gallœndb Chabons.
1735. — François de Sautereau, seigneur de Chasse.
1736. — Jean Sujon, procureur au parlement.
1739. — Louis Belluard, avocat au parlement.
1772. — Anne de Martint, fille d'un conseiller i la chambre des comptes.
1784. — Joseph Chatelard DE Garchi, conseiller au parlement de Grenoble.
1788. — M. DE VrrALiN, rentier.
1788. — M°* Lemaire, rentière.
1802. — M"* veuve Saint-Ours, propriétaire.
1803. — M*"* Péeier-Lagrange, propriétaire.
1804. — M"* Lemaire, rentière.
1805. — M. de Bréissac, propriétaire.
1806. — M°* veuve Bla^c, née Bochat, propriétaire.
1807. — M. DE Franquières, propriétaire.
1808. — M. Barnéoud, ancien aumânier de Fhospice. 1808. — M. Chion, rentier.
1808. — M. Fallot, soldat au 52* régiment de ligne.
1809. — M. Trinchet, notaire.
1810. — M"*' veuve Olivier^ rentière.
1812. — M™* AsTEZAN, propriétaire.
1814. — M"' Devaux, rentière.
1815. — M. Amabert, inspecteur delà loterie. 1815. — M""* veuve Jacquet, rentière.
1818. — M"* Dumoulin, rentière.
1819. — M""* veuve Guetmard, née Perrhsr, rentière. 1819. — M"* veuve Poudret, rentière.
1819. — M"** Gamon, propriétaires.
1820. — M. DE MomiEU, propriétaire. '
1820. — M. DuPRÉ, propriétaire.
1821. — M. Botut, inspecteur de la loterie.
1822. — M. Bousselot, rentier.
1823. — M. DE Bardonnbngrb, propriétaire»
4823. — M"' Luc, ancienne directrice de salle à Thospice.
1823. — M. Chàrréàrd, propriétaire.
1823. — M. Roter, propriétaire.
1824. — M. Richard, propriétaire.
1825. — M"* veuve RfiNOiT-DuPERRiER, propriétaire.
1825. — M. PisoN, avoué.
1825. — M"* CoTTDi, rentière.
1825. — M. Rivet, chanoine.
1825. — M. deRarral (Jean), ancien premier président de
la cour.
1825. — M. de Rarr AL, prêtre.
1826. — M. Yallet-Yernatel, propriétaire.
1826. — M. DE Serre, rentier.
1826. — M'*^ SiBUET, propriétaire à Yillard-Ronnot.
1827. — M. Revol, ancien avocat au parlement. 1827. — M"' veuve DE Gautheron, propriétaire.
1827. — M. Salamand, avocat.
1828. — M. YiAL, percepteur à la Tronche.
1828. — M"* Pascal, propriétaire à Saint-Marcellin. 1828. — M. Chenevas, premier président de la cour. 1828. — M. le marquis de Maubeg, ancien maréchal de
camp. 1830. — M"* Menon, propriétaire.
1830. — M"* Gratel dû Rouchage, propriétaire. 1830. — M. Augustin Perier, banquier, député. 1833. — M. FuGiER, négociant.
1833. — M. DE MouLEziN, propriétaire.
1834.— MP'FuzARD, rentière.
1834. — M"* Leglet (Liliose), propriétaire,
1834. — M. Rivet, teneur de livres i la banque Augustin
Perier.
1834. — M. EcK, rentier.
1832. — M. Trinchet, conseiller à la cour. 1836. — M"* Yallet-Yerk atbl, propriétaire.
1836. -r^ M. Labbb, prêtre.
1838. — M. Urbain Berthibr, offloiev de santé. *
1839. — M"* veuve Broghibr, rentière.
1839. — H. HuMBERT DU BoccHAGB, propriétaire à Saint*
Egrève.
1840. — M. Augustin Blanc.
1840. — M. Camille Teisseire, ancien député.
1840. — M. DE NoAiLLE, président de chambre à la cour.
1840. — M. Caffarel, conseiller.
1841 . — M. le marquis de Pisançon.
1841 . — M*"*^ de Malbec, veuve de M. le marquis de Maubee.
1842. — M°* veuve Retnier, néeCnossoN, rentière.
1844. — M"* DoccET, couturière.
1845. — M^* Bouvier des ÀNOOifinis, propriétaire. 1847. — M*"* SAVoiB-RoLLnr, néePérier.
1848.* — M. Champion, propriétaire à la Tronche. 1848. — M. Reboul, propriétaire.
1850. — M. Penet, ancien député et administrateur de Thos^ pice.
1850. : — H""' veuve Pages, propriétaire.
1851. ^T-M°** veuve TsisaBmB, néePÉRUR.
1855. — M"" PoucHOT, ménagère.
1856. — M""* DE Goutefrey, née db Miribbl, propriétaire.
C'est bien avep raison qu'en tète de ce chapitre, j'ai écrit ces mots : Œuvre édifiante du riche.
Au fond de la vaste salle servant de-réfectoire, on aperçoit le buste de M. de Moidieu. Ce buste est en marbre blanc, n repose sur un socle en marbre noir portant cette simple inscription :
DE MOIDIEU BIBWAITBUR DB l'hOSPICB.