‹ Le vrai livre du peupleChapitre 42 sur 77 · Remboursement de legs faits aux · texte numérisé non relu

Remboursement de legs faits aux

pauvres des paroisses, enregistrement et frais de mutations. 500

Total général des dépenses. . . 21 ,725 f.

Le bureau secourt, annuellement, environ 2,470 individus.

Il envoie, en outre, chaque mois, à MM. les curés des paroisses un certain nombre de bons de diverse nature, dont ceux-ci veulent bien se faire les distributeurs, et qui viennent accroître les ressources particulières dont ils disposent.

EnGn, le budget de la ville renferme annuellement une subvention spéciale de 400 fr. en faveur du bureau, pour fourniture de cercueils aux indigents. Cette subvention répond à un besoin malheureusement trop réel et sert d'expression à une touchante pensée. Je me rappelle qu'elle fut votée, dans le temps, sur la demande de M. Barrault, l'un des membres les plus actifs et les plus dévoués du bureau de bienfaisance.

L'hiver de 1846-1847 fut un hiver exceptionnel, pendant lequel la cherté excessive des denrées de première nécessité produisit une misère extrême .

Les efforts que fit le bureau pour répondre à sa grave et difficile mission sont constatés dans le rapport suivant, que je présentai au conseil municipal, le 2 juin 1847.

Je publie ici ce rapport, parce qu'on y trouve les renseignements les plus utiles et parce qu'il révèle des faits qui honorent la population de Grenoble. On le lira toujours et partout avec intérêt et avec fruit.

Messieurs ,

« Les bureaux de bienfaisance ont été créés par la loi du 7 frimaire an V.

« Leur mission, dans chaque commune, est de veiller au 'soulagement des malheureux.

« Ils prélèvent un droit sur le produit des spectacles; ils peuvent faire des quêtes, recevoir des dons et legs. Ils dressent chaque année un budget approuvé par l'autorité supérieure ; ils rendent des comptes au conseil municipal ; le maire en fait partie de droit et les préside.

« En 1845, lors de ma nomination à la mairie, le bureau de bienfaisance de la ville de Grenoble était organisé d'une manière régulière ; mais il ne faisait réellement pas la charité. A des époques périodiques, il envoyait l'intégralité de ses ressources à MM. les curés des paroisses, qui en étaient les distributeurs exclusifs.

« J'ai pensé, Messieurs, que le bureau de bienfaisance devait être jaloux de ses prérogatives; qu'il devait se mettre en rapport direct avec les indigents, et avoir une connaissance personnelle de la situation générale et des besoins de cette classe de la population.

« D|ii)s le oourant de Tannée i846, le bureau de bieofaifiwce, eompofié d'hommes honorables et pleins de zèle, était déjà revenu à des traditions meilleures.

p Tout è coup, des circonstances oalamiteuses ont éelaté. I^ bureau s'est disposé i se tenir à la hauteur de fies devoirs.

% Il importait, Messieurs, de lui créer des ressources extraordinaires, car il était en présence de besoins imprévus.

« Sans doute, il m'eût été facile de recourir â la caisse municipale; mais j^ai dû résister auK tendances qui me poussaient dans cette voie. Il m'a semblé que des malheurs exceptionnels devaient être exceptionnellement secourus par Teffort des citoyens eux-mêmes. La caisse municipale n'est jamais assez riche. A côté du bien qui est fait se place toujours le regret du bien qui est encore à faire. Du reste, Messieurs, vous deviez largement payer votre tribut, en votant une somme de 86,000 fp. destinée à faire exécuter en ateliers de charité des travaux d'utilité communale. Vous deviez ainsi apaiser des souffrances dignes de tout votre intérêt et réaliser des améliorations précieuses. C'était atteindre un double but ; c'était bien comprendre vos obligations.

« Dès le 2 novembre 1846, je 6s un appel & mes conoitpyens j^ar une lettre, dont 4,000 exemplaires furent distribués dans Grenoble. Je m'adressais à toutes les opinions, à toutes les fortunes, à tous les dévouements. Je demandais les moyens d'assurer à l'hôtel de ville, à la vmmwk eommiin^, réclat le plus pur, le prestige le plus noble qui puisse lui appartenir.

^ Cet appel fut entendu : il produisit une somme de 9,416 fr. BO cent.

ff Sur ces entrefaites, des devoirs universitaires m'appelèrent 4 Paria, En mon abserice, vous mites à la dispositioa du bureau une somme de 4,286 fr. 33 cent, pour Taider à

établir un seryice de distributioa de soupes économiques. Ce servioe fiit, m eQet, organisé dans une salle de Vhospiee, avec le concours généreux de la commission administrative et des religieuses de cet établissement.

« Depuis le il janvier dernier juiqu^au SO mai, il a été distribué 136,33$) soupes, qui, è raison df 0,0T cent. Tune, ont Qoûté 9u bureau 9,543 fp, %i o. Le nçmbre des familles qui QQt pris part à, qette distribution est de 680. Entre la somme de 9i543 fr- 94 q* et te dépense réelle, il y a une di^érençe de %,dOQ fv.\ cette différenee a été supportée par rhospice.

fi yei^périence qui yient d'être faite a prouvé, Btessleurs, que les coupes dpnt je parle sont le plus profitable des secours qui puissent ^e donnés aux indigents, a

n («a distribution a cessé le 30 mai.

n Le bureau a délivré, en outre, depuis le i*' janvier dar« nier jusqu'au 31 mai, les secours suivants :

« 1** Des bons gratuits représentant 4,445 kilog. de paiq de seconde qualité, donnés directement par le bureau, soit à domicile, soit à Tbâtel de ville ;

« 3"* Des bons gratuits représentant 11,400 kilog. de pain de même qualité, envoyés par le bureau aux ourés des paroisses, et répartis par leur intermédiaire ;

« 3° Des bons gratuits représentait 514,fl87 kilog. de charbon de pierre, et 4iB kilog. decbftrbon de bois ;

« 4'' 1,625 mottes de tauî

« 5^ Des médicements de diverse nature.

« Les bons de pain donnés direetement par le bureau, constituent une dépense de 3,119 fr, 77 cent.

« Les bons de paiu délivrés par Tintermédiaire des eurés, constituent une dépense de 5,385 fr.

« Le tot^ des bops de pein distribués pendant les mois de janvier, février, mars, avril et mai, s'élève donc 4 15,843 kilog.

« Le total de la dépense est de 7,504 fr. 77 cent.

« La valeur du charbon de pierre est de 491 fr. 14 cent.; celle du charbon de bois est de 33 fr. 44 cent.

« La valeur des mottes est de SI fr. 93 cent.

« La valeur des médicaments est de 669 fr.

« Le 1*' mai, jour de la fête du roi, il a été distribué extraordinairement par le bureau de charité , à Fhôtel de ville, 850 kilog. de pain valant 403 fr. 75 cent. Cette dépense a été couverte au moyen des dons envoyés par les citoyens ou parles administrations, que j'avais priés d'employer ainsi les sommes qu'ils destinaient à des illuminations.

« La somme de 904 fr. 75 cent, provenant de la même source et formant le surplus de celle de 403 fr. 75 cent., a été consacnée à diverses bonnes œuvres.

« Permettez-moi, Messieurs, de rappeler ici qu'à Toccasion de la fête du roi , j'ai distribué publiquement dans la grande salle de l'école primaire supérieure, des outils d'apprentissage, des livres, des instruments de dessin et de mathématiques et autres objets utiles, à deux cents enfants appartenant à nos écoles communales et aux divers établissements de bienfaisance. Cette solennité, instituée depuis trois ans, avait attiré, le 1*' mai dernier, un concours inaccoutumé. Chacun semblait comprendre qu'un témoignage d'intérêt était dû plus que jamais à l'enfance aidée et récompensée. « La valeur des objets donnés absorbe le crédit presque entier inscrit au budget pour fêtes publiques.

« Messieurs, les diflerents genres de secours que j'ai énumérés ne pouvaient suffire.

« Le prix du blé s'était élevé à 40 fr. l'hectolitre; les pommes de terre coûtaient 11 fr. les 50 kilog., et déplus, elles étaient fort rares.

« Dès le mois de février, plusieurs personnes se préoccupèrent vivement de la nécessité d'ouvrir une souscription, à l'aide de laquelle un approvisionnement de blé serait fait à

Marseille, ce blé devant être revendu à prix coûtant. Une telle mesure me parut pleine de dangers. Toutefois, je convoquai à rhôtel de ville une commission composée de plusieurs citoyens pris soit dans le sein du conseil municipal, soit en dehors de ce conseil.

N L'assemblée reconnut à l'unanimité qu'une souscription ne pourrait jamais faire face à un approvisionnement trop prolongé ; qu'elle aurait pour résultat de paralyser les opérations du commerce des grains ; qu'un moment viendrait oh l'approvisionnement étant épuisé et le commerce appauvri, il y aurait disette, ou tout au moins une hausse considérable.

« Cependant, la mesure qui ne pouvait se pratiquer sur une large échelle, devait offrir de nombreux avantages si elle était réduite à de justes proportions.

« Le !•' mars, les représentants de quinze de nos sociétés de bienfaisance mutuelle se réunirent à l'hôtel de ville, sous ma présidence. Là, les quinze sociétés s'associèrent pour faire venir des grains de Marseille.

« Je dressai leur acte d'association.

« Les grains achetés devaient être déposés à la salle des Concerts, au fur et à mesure de leur arrivée. Chaque société devait être copropriétaire d'une quantité de grains représentant la somme pour laquelle elle avait contribué à l'achat.

« Cette opération s'est accomplie avec la régularité la plus parfaite, parles soins d'une commission composée des présidents de cinq sociétés.

« Les grains ont été conduits au moulin. Des membres des sociétés, hommes et femmes, se sont relevés le jour et la nuit pour surveiller la mouture. Ramenée à la salle des Concerts, la farine était vendue à toute personne appartenant à l'une des sociétés réunies.

« Cette opération se continue.

* Trop bornée pour gêner en rien la liberté et les préro-

gatives du commerce, elle a néanmoins imposé un certain frein aux spéculateurs ; elle a procuré et elle procure encore une alimentation très-saine à 3,000 personnes qui font ellesmêmes leur pain avec une farine non fraudée.

J^ai vu de près, Messieurs, les sociétés à Tœuvre; j'ai assisté à leurs efforts, à leurs incessantes préoccupations. Ces hommes, ces femmes de la classe ouvriërci se dévouant i Tintérèt commun avec une infatigable persévérance, offrent un noble spectacle que je signale à votre admiration et à vos respects.

« n restait encore, Messieurs, quelque chose à faire. « Au-dessus de la classe indigente qui reçoit des secours tout à fait gratuits, à côté de la classe qui peut gagner son pain, ou plutôt dans cette classe même, se trouvent des familles que la cherté exceptionnelle des subsistances condamne temporairement à un douloureux état de gêne. Ces familles ne se résignent pas à demander; il faut aller au-devant d^ elles et leur offrir des secours que lemys* tère seul peut leur faire accepter.

« Grâce aux sociétés de bienfaisance mntuelle, j'ai pu. Messieurs , découvrir ces familles et les . secourir discrètement. Le bureau de charité avait institué des bons de pain économiques, c'est-à-dire des bons à Taide desquek les porteurs payaient le pain 10 cent, de moins par kilogramme, cette différence étant ensuite soldée au boulanger par le bureau. Or, j'ai prié le président de chaque société de me faire connaître, à la suite d'une délibération prise par le conseil d'administration, la quantité de bons de pain économiques que la société serait bien aise de consacrer par semaine au soulagement de quelques-uns de ses membres. Cette indication m'est parvenue, accompagnée des expressions de la plus touchante reconnaissance.

« Alors, j'ai délivré chaque semaine aux divers présidents ou présidentes la quantité par eux réclamée de bons

économiques. Ces bons ét(iient ensuite répartis par les commissaires de série de la société entre les sociétaires désignés par le conseil d^ administration. De cette manière, les familles secourues n'étaient connues que des magistrats mêmes de leur société.

« A partir du i''' mars dernier jusqu'au 30 mai, époque a laquelle a cessé la mesure dont j'ai Thonneur de vous entretenir, 1786 personnes formant ensemble 516 familles, et appartenant aux diverses sociétés de bienfaisance, ont reçu des bons pour 7,273 fr. 40 cent. Cette somme représente la valeur de 72,734 kilog. depain^ à 10 cent, le kilog., montant 4a dégrèvement. En outre, le bureau de bienfaisance a délivré directement des bons économiques à 1007 personnes étran* gères aux sociétés. Ces bons représentent 27,886 kilog. de pain; leur valeur en argent est de 2,788 fr. 86 cent.

«c Le, total des bons de dégrèvement s'élève donc à 100,620 kil. Le totol de la dépense est de 10,062 fr. 26 c.

« Le 21 février 1847, lors delà création des bons économiques, j'avais adressé aux citoyens un second appel qui fut accueilli non moins généreusement que le premier. Il a produit une somme de 7,521 fr.

« Des quêtes faites dans divers bals se sont élevées, en outre, à 2,075 fr.

« Le total des souscriptions et quêtes extraordinaires est ainsi de 19,012 fr. 50 cent.

« Maintenant, Messieurs, j'ai à vous entretenir des secours en argent donnés par le bureau de bienfaisance aux vieillards et aux nourrices, qui précédemment recevaient ces secours deThôpital, en vertu d'un usage très^irrégulier.

M 735 pauvres, dont 423 vieillards et 312 nourrices, ont reçu du bureau , depuis le 1" janvier jusqu'au 31 mai , 7,312 fr. 26 cent., ce qui fait 9 fr. 95 cent, par personne dans Vespace de cinq mois, soit, par mois, 1 fr. 99 cent., et par jour, 6 cent. 1/2. .

« Le bureau de bienfaisance en était à ses débuts pour ce genre de distribution qui, ainsi que je viens de le dire, lui a été légué par Vhospice. Il a le projet désormais de remplacer, autant que possible, par des secours en nature ces secours en argent dont il est difficile de contrôler l'emploi .

« Les détails dans lesquels je viens d'entrer vont me conduire. Messieurs, à des conséquences consolantes et bien honorables pour la ville de Grenoble.

« Je sais bien que les secours donnés au malbeur dans notre ville ne proviennent pas tous du bureau de bienfaisance. Les bureaux particuliers des paroisses, Vœuvre de Saint-Vincent de Paul, la société formée pour Textinction de la mendicité, et enfin la charité individuelle, concourent au soulagemcpt de Tindigence.

« Quoi qu'il en soit, les recettes totales du bureau de bienfaisance s'élèveront , pour Tannée 1847, i la somme de 56,000 fr. Ses dépenses totales atteindront le même chiffre.

« Le conseil municipal a déjà accordé au bureau une subvention extraordinaire de 4,286 fr. 25 cent., et je présume qu'une nouvelle subvention de 8,000 fr. sera nécessaire. Ces deux subventions forment un total de 12,286 fr. 25 c, figurant dans les 56,000 fr. que je viens d'énoncer. En joignant à cette dernière somme la somme égale affectée par le conseil à divers travaux exécutés en ateliers de charité, on trouve un résultat de 112,000 fr. applicable à toute une année.

« Or, la ville de Grenoble a pu dépenser cette somme sans contracter aucun emprunt, tandis que les vUles dont le relevé va suivre et dans lesquelles le bureau de bienfaisance devait nécessairement avoir ses ressources, ont été néanmoins obligées de recourir à cette voie extraordinaire et onéreuse.

1* Angers. — Population 40,628

Emprunt. . • 100,000

2* Arras. — Population ....... 34,321

Emprunt . . . 60,000 3" Elbeuf. — Population 16,274

Emprunt . . . 60,000 4° Limoges. — Population 34,180

Emprunt. . . 150,000 S" Laval. — Population 16,560

Emprunt . . . 36,000 6» Lille. — Population 67,775

Emprunt. . . 250,000 7" Rouen. — Population 91,046

Emprunt. . . 250,000 80 Saintes. — Population 10,424

Emprunt . . . 20,000 9" Orléans. — Population ....... 41,941

Emprunt. . . 170,000 10" Beaune. — Population 11,362

Emprunt . . . 40.000 11* Reims. — Population 42,538

Emprunt. . . 200,000 12o Neuilly. — Population 12,200

Emprunt . . . 20,000 13" Bourges. — Population 21,670

Emprunt . . . 40,000 14» Turcoing. — Population 26,496

Emprunt . . . 24,000 15* Vannes. — Population 11,356

Emprunt . . . 20,000 16" Meaux. — Population 7,816

Emprunt . . . 45,000

« Ces chiffres. Messieurs, parlent d'eux-mêmes, je n'ai rien à y ajouter : ils démontrent l'incontestable supériorité de notre situation financière.

« Il me reste à élablir une comparaison, à un point de vue particuliefi entre Grenoble et quelques autres villes.

« Ainsi, il a été dépensé i Grenoble, pour dès bons de dégrèvement sur le prix du pain, une somme de 10,062 fr. S6 cent.

« Or, voici à quel chiffre la dépense occasionnée par ce seul genre de secours s'est élevée dans d'autres villes qui ont dû y faire face au moyen de l'emprunt :

1; Bourges. — Population 21,670

Secours pour bons de pain gratuits ou pour bons de dégrèvement. . 40,000 ^ Meaux. — Population 7,816

Secours id 45,000

3' Angers. — Population 40,628

Secours id 80,000

4* Arras. — • Population 24,321

Secours id 60,000

5*» Laval. — Population 16,569

Secours id 36,000

6« Rouen. — Population 91,046

Secours id 250,000

V Orléans. — Population. ...... 41,941

Secours id 170,000

8« Beaune. — Population 11,362

Secours ûl, . . . . 40,000

« La comparaison devient encore plus significative si on rétablit entre Grenoble et Paris,

« La population fixe de Paris est de 945,731 individus. 422,410 personnes ont été admises à la distribution des bons de dégrèvement sur le prix du pain. La proportion est ainsi

de 44 p. ^ ou de 1 sur 2,2. La population flie de Grenoble est de 24,772 individus. 2,793 personnes ont pris part à la distribution des bons de dégrèvement. Dès lors la proportion est au-dessous de 3 sur 24, ou, en d'autres termes, au-dessous de i sur 8.

« J'ai hâte de vous dire. Messieurs» que le bureau de charité a été en permanence à Thôtel de ville pendant tout rhiver. Il donnait audience à tous les malheureux qui avaient à exposer leur situation ; il examinait toutes les requêtes et s'entourait de tous les renseignements nécessaires. Il allait à domicile visiter les réclamants qui ne lui étaient pas suffisamment connus. Il portait à diverses familles les bons qui leur étaient accordés ; il délivrait les autres à rhôtel de ville. Il a constamment présidé à la distribution des soupes. Le bureau de charité a la certitude d*avoir réparti ses secours avec réserve et discernement. Il n'a commis d'autres doubles emplois que ceux qu'il a voulu commettre. Il a souvent restreiàt la part de certaines ùiisères que d'autres misères avaient le triste mérite de surpasser, sans que néanmoins aucune soit restée sans un juste soulagement. Il faut un dévouement bien vrai, pour consentir à vivre ainsi dans un perpétuel contact avec toutes les souffrances humaines. MM. Emmanuel Teisseire, Desvial, Auguste Farconet, Barrault, Sisteron, Rossi et de Bovet, qui composent le bureau de charité, ont droit à la reconnaissance publique.

« J'ai, Messieurs, une autre justice à rendre. La population n'a pas cessé un instant d'être calme et résignée. Il ne s'est pas même manifesté chez elle le plus imperceptible symptôme d'agitation. Son bon sens a été admirable. Un jour, de sinistres appréhensions circulèrent dans notre ville. C'était la veille d'un marché. Le résultat du lendemain vint prouver que ces appréhensions, qui ne m'avaient pas ému le mohis du monde, n étaient qu'une calomnie.

« Tel est, Messieurs, le compte-rendu que j'ai cru convenable de vous présenter, à Toccasion d'une crise qui touche à son terme. Je ne doute pas que ce travail ne soit plein d'intérêt pour vous. Maintenant, remercions la Providence de rère nouvelle qu'elle semble nous préparer, et faisons des vœux pour que les espérances qui nous sont chères ne soient pas trompées. »

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