‹ Le vrai livre du peupleChapitre 49 sur 77 · Mme de Staël; Corinne · texte numérisé non relu

Mme de Staël; Corinne

maître illustre, M. Bertini, qui, après avoir fait pendant de longues années les délices des salons de Paris, comme pianiste, est venu fixer sa retraite dans un riant séjour, tout près de Grenoble, aux pieds du gracieux coteau de Montfleury. Là, M. Bertini continue à donner un libre cours à sa verve d'artiste, et, chaque jour, par des productions nouvelles, il ajoute à sa réputation de premier compositeur de répoque.

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Les sœurs gardes-malades de Notre-Dame- Auxiliatrice ont leur maison-mère à Montpellier, où leur ordre fut fondé par M. Fabbé Soûlas, en 18S4.

Elles font vœu de pauvreté. Leur principale mission est de soigner les malades à domicile, moyennant une rétribution de 1 fr. 25 c. pour le jour et une rétribution semblable pour la nuit. Elles soignent gratuitement les pauvres.

Un article de leurs statuts est conçu en ces termes ; « Les vertus principales qui doivent accompagner la sœur gardemalade dans Texercice de ses fonctions, sont : Tesprit de foi qui lui montre Notre-Seigneur dans la personne du malade; l'esprit de charité qui l'excite à le soigner avec zèle et dévouement ; la mortification qui lui fera supporter avec patience les peines, les ennuis , les dégoûts attachés à sa vocation ; l'obéissance par laquelle elle sera toujours contente, à quelque mission qu'on Fappelle. Elle s efforcera de donner l'exemple de toutes les vertus dans la maison de son malade. Elle n'oubliera pas que sa conduite doit être toujours digne du voile et de Thabit qu'elle porte. Modeste dans ses regards, charitable dans ses paroles, elle sera pour tous un sujet d'édification. »

Les sœurs gardes-malades doivent tenir la personne et la chambre de leur malade dans une très-grande propreté, faire et surveiller les bouillons et tisanes lorsque les parents le désirent, et préparer avec un soin minutieux les remèdes indiqués par le médecin.

Elles doivent exécuter les ordonnances de celui-ci avec une fidélité scrupuleuse, lui parler avec un grand respect et une grande modestie, ne jamais écouter les caprices ni les exigeùces du malade, ne jamais administrer d^ elles-mêmes d'autres remèdes que ceux qui sont prescrits.

Il leur est défendu de s'entretenir d'affaires temporelles avec les malades.

Elles doivent se montrer très-respectueuses et très-dignes envers toutes les personnes de la maison, s'abstenir de toute familiarité, même avec les enfants et les domestiques, manger seules, s'accommoder pour l'heure des repas aux habitudes du ménage, ne manger que de deux plats et ne boire ni vin, ni bière, ni liqueurs ; ne jamais parler de la maladie des personnes qu'elles soignent, de leurs défauts ni de leurs caprices, et garder le secret le plus absolu sur les affaires des familles.

Lorsque le malade est convalescent, la sœur qui Fa soigné se retire. Si la personne qui a reçu ses soins est une femme, elle peut rester, quand les parents le désirent, jusqu'à Tentière guérison. Alors, il peut lui être permis par la supérieure d'accompagner sa malade dans de petites promenades,' mais jamais dans des lieux destinés aux promenades publiques, ni dans des visites.

Vers la fin de 1859, M. Chambon, vicaire général du diocèse de Grenoble, eut la douleur de perdre son père, a Vienne (Isère). 11 avait assisté aux soins donnés à celui-ci, par les sœurs, pendant sa maladie. Leur bonté, leur douce patience, leur piété l'avaient édifié et profondément ému. Dès son retour à Grenoble^ il rendit compte de ses impres^

— fassions à Mgr révoque Ginoulbiac. — Écrivez à Montpellier, dit aussitôt Monseigneur, faites venir dix sœurs gardesmalades. — Mais, Monseigneur, il y aura des frais de voyage, de loyer, de premier établissement? — Je paierai tout. — Bientôt après , la ville de Grenoble possédait dix sœurs gardes-malades, détachées de la maison*mère. Voilà la charité épiscopale!

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Qui ne connaît les sœurs de Saint-Vincent de Paul? Admirables sœurs de charité, visitant, secourant et consolant les pauvres I

Les sœurs de Saint- Vincent de Paul ont une succursale à Grenoble. Là, elles ont établi un orphelinat. Elles y reçoivent de jeunes filles, privées de leurs père et mère, ou même seulement de Tun ou de Tautre, et âgées de dix ans au moins. Elles les élèvent et les instruisent. Un prix de pension est payé par le bureau de bienfaisance ou par des personnes charitables. De 15 à 18 dns, les orphelines sont exemptes de toute rétribution, parce qu'elles savent travailler. Elles peuvent rester dans rétablissement jusqu'à 21 ans. Quand elles en sortent, elles sont placées par les sœurs comme femmes dé chambre ou comme ouvrières.

Le nombre des pauvres filles actuellement internées dans Torphelinat est de cinquante.

L'œuvre créée par les sœurs de Saint-Vincent de Paul n'est pas une concurrence faite aux orphelines , dont j'ai retracé l'histoire dans un chapitre spécial. C'est un orphelinat supplémentaire. Du reste, les élèves des sœurs de Saint- Vincent de Paul n'assistent pas aux enterrements ,

afin de ne pas diminuer Tune des sources de revenus de rétablissement ancien des orphelines. Cette abstention est pleine de délicatesse ; elle ne saurait étonner personne.

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