‹ Le vrai livre du peuple, ou, Le riche et le pauvreChapitre 33 sur 85 · A.DOPTÉ PAR LA COMMISSION ADMINISTRATIVE · texte numérisé non relu

A.DOPTÉ PAR LA COMMISSION ADMINISTRATIVE

« Vu Fart. 20 des statuts généraux de l'Association alimentaire, ainsi conçu : Tous les détails de l'administration seront réunis pour former le règlement définitif dont la rédaction reste à la charge de la commission administrative ,

« La commission administrative a adopté le règlement suivant, destiné à faire connaître dans ses moindres parties la constitution de l'Association alimentaire, et à préciser les règles de détail selon lesquelles elle se dirige.

« Art. 1". — Les jetons de l'Association alimentaire sont de six espèces : pain , vin, soupe , viande , légumes, dessert.

« Les jetons portent d'un côté les armes de la ville de

Grenoble, avec cet exergue : Association alimentaire; et de l'autre côté, le nom de la denrée qu'ils représentent.

« Art. 2. — Les denrées délivrées par Tassociation alimentaire, en échange de jetons, ont été ainsi déterminées et tarifées dans le principe :

« 1* Une soupe (un litre), 10 centimes ;

« 2* Viande, enviren 130 grammes, ou environ 200 gram* mes de poisson sec et cuit, 20 centimes ;

« 3* Légumes (une bonne assiettée), 10 centimes;

« 4« Vin, 1/4 de litre, 7 cent. 1/2 * ;

« 5" Pain, 132 grammes environ, 5 centimes;

« 6® Dessert, 10 centimes.

« Le sociétaire est obligé d^ acheter deux jetons de vin à la fois, sauf à n'en consommer qu'un seuP.

« Art. 3. — Les délivrances de rations aux guichets extérieur et intérieur ont lieu, le matin, de sept heures à neuf heures, puis de onze heures à deux heures, et, le soir, de six heures à huit heures et demie. Le matin il n'est délivré que de la soupe, du pain, du vin et du dessert.

« Art. 4. — Deux tableaux donnant l'énumération des mets préparés pour chaque repas sont placés, l'un dans la cour d'entrée de rétablissement, et Vautre près du guichet intérieur.

« Art. 8. — Les jours maigres, il est préparé une quantité d'aliments maigres, suffisante pour répondre au désir des sociétaires qui ne veulent pas d'aliments d'une autre nature.

« Art. 6. — Le commissaire général est le directeur de l'association, sous la haute autorité du président, et sauf droits réservés par les statuts à la commission adminis-

4 • Le prix du vin a été momentanément augmenté à cause de la cherté exceptionnelle de ce liquide.

2. Cette obligation n'existe plus depuis que le jeton de vin est à 40 centimes.

trative, à rassemblée des commissaires de surveillance, et rassemblée générale des sociétaires.

« Art. 7. — Le commissaire-directeur doit s'inspirer c cette idée que ses devoirs ne se mesurent pas sur son tra tement, que son traitement est moins un $alaire qu'ur indemnité, et que sa plus précieuse récompense est dans " bien qu'il fait, en coopérant d'une manière efficace a succès d'une grande œuvre.

« Art. 8. — Le commissaire-directeur doit se rend tous les matins à rétablissement, afin de donner les ordr que comporte le service de la journée.

« Art. 9. — Un local convenable devant être incessar ment disposé dans l'établissement, le commissaire-directei devra s'y installer chaque jour, depuis onze heures jusqu deux heures, sauf les absences qui seront provoquées par I besoins extérieurs du service. En outre, le commissaire directeur devra faire le soir une inspection à l'établissemen à des intervalles aussi rapprochés que possible.

« Art. 10. — Le commissaire-directeur, tenant la caisse en vertu de l'art. 8 des statuts, solde les mandats délivre

sur lui par le président, d'après les factures ou les note que le président reçoit de l'économe. Il doit communique ses hvres au président, ainsi qu à la commission adminis trative, chaque fois qu'il en est requis.

« Art. 11. — Le commissaire-directeur doit avoir l< yeux constamment ouverts sur tous les services , sur toi les employés, s'assurer de la fidélité de ces derniers et de moralité de leur conduite tant au dedans qu'au dehors « rétablissement. Il doit signaler au président et à la commî sion toute faute des employés, alors même qu'elle ne 1 aurait pas paru de nature à motiver la suspension cj l'art. 8 des statuts lui donne le droit de prononcer.

« Art. 12. — Dans chaque réunion mensuelle de la coi^ mission administrative, le commissaire-directeur présente

un aperçu général et sommaire sur la situation de l'Association pour le temps qui se sera écoulé d'une réunion à Tautre. En outce, il rendra compte des visites faites à l'association par des étrangers ou des citoyens notables de la ville de Grenoble, des éloges ou des critiques qu'il aura recueillis, des incidents survenus dans le service, des observations qui auront pu lui être adressées par des sociétaires ou autres , de manière à tenir la commission au courant du mouvement moral de Toeuvre.

« Art. 13. — Tous les six mois, la commission administrative désigne l'un de ses membres pour remplacer gratuitement le commissaire-directeur, en cas de maladie ou en cas de congé donné par le président.

« Art. 14. — L'économe, puis Pagent comptable, prennent rang après le commissaire-directeur ; viennent ensuite le chef de cuisine, l'aide de cuisine, le concierge et les employés subalternes.

« Art. 15. — L'économe doit apporter la plus grande sévérité dans le contrôle des livr«nisons de denrées. Toute discussion entre l'économe et un fournisseur , relative à la qualité, au nombre, à la mesure ou au poids d'une denrée apportée à l'établissement, est tranchée par le commissairedirecteur, qui, du reste, est naturellement tenu d'exercer une surveillance générale sur la réception des approvision- '^ements et sur les soins donnés à leur conservation. L'économe est tenu de soumettre ses notes et carnets provisoires ^ l'examen du commissaire-directeur, quand il en est Requis.

« Art. 16. — La fonction des commissaires de surveillance étant toute de dévouement, ces commissaires, lorsqu'ils ^nt de service, doivent être l'objet de la plus grande défé- ^^nce. Leur droit et leur devoir sont de surveiller et de Conseiller; ils ont particulièrement à s'enquérir auprès des Sociétaires de la qualité des aliments.

« Art. VI. — Les commissaires de surveillance sont de service une fois par mois. Chacun d'eux , en cas d'empêchement, devra se faire remplacer par un de ses collègues. Le commissaire qui aurait abandonné son service deux fois de suite, sans se conformer à cette obligation, sera considéré comme démissionnaire et remplacé par la commission administrative, en vertu des pouvoirs que lui donne Tart. 5 des statuts, sauf toutefois à la commission la faculté d'admettre les excuses qui lui paraîtraient valables.

« Art. 18. — Chaque jour, trois commissaires de surveillance sont de service aux heures de repas. L'un est placé au guichet extérieur, l'autre au guiciiet intérieur, pour recevoir les jetons des sociétaires, assister à la délivrance des aliments et veiller à ce qu'elle se fasse avec ordre, convenance et propreté. Le troisième est plus particulièrement chargé, de concert avec le commissaire-directeur, lorsque celui-ci sera présent, de la surveillance générale des réfectoires et notamment de la surveillance du guichet de distribution du pain, du vin et des desserts. Une surveillance spéciale devra s'exercer dans le réfectoire dit réfectoire des femmes, où il inîporte de ne laisser pénétrer que des femmes seules, ou des femmes accompagnées de leurs parents ou alliés.

« Art. 19. — L'agent-comptable doit être rendu à son guichet avec une rigoureuse exactitude , aux heures fixées pour les repas.

« Il ne doit vendre des jetons qu'au comptant.

« Art. 20. — Après chaque repas, les jetons, versés dans de grandes boîtes à six compartiments, sont comptés par les commissaires de service et par l'économe. Il est tenu note du résultat partiel de chaque repas, et le soir , le résultat général de la journée est consigné sur un registre et signé par les commissaires^ de service et par l'économe. Les jetons trouvés dans les boîtes sont placés par nombre de

SO dans d^autres petites bottes de fer-blanc, et remis à Fagent-comptable .

« Le commissaire-directeur inscrit sur son livre, à la page Entrée, la totalité des jetons reçus dans la journée, et à la page Sortie, ceux qui ont été livrés à T agent-comptable.

ce L'agent-comptable, à son tour, inscrit sur son livre, à la page Entrée, les jetons qu'il reçoit chaque soir, et à la page Sortie, ceux^u'ila vendus le lendemain.

« Le livre de Tagent-comptable fait ainsi connaître, jour par jour, le nombre et l'espèce dés jetons vendus, et le livre du commissaire- directeur fait également connaître, jour par jour, le nombre et Tespèce des jetons consommés; par le nombre et l'espèce on connaît la valeur en argent. L'agentcomptable doit représenter en nature la différence entre le nombre des jetons entrés et le nombre des jetons sortis. Si les jetons entrés sont insuffisants pour la vente , Tagentcomptable réclame un supplément au commissaire-directeur. « L'agent-comptable verse chaque jour entre les mains de celui-ci le produit des jetons vendus.

« Art. 21. — Il est tenu, à l'Association alimentaire, un registre sur lequel les commissaires de service doivent consigner leurs observations de la journée. Ce registre sera consulté chaque jour par le commissaire-directeur, qui, en cas d'urgence, devra immédiatement en référer au président. Ce même registre sera présenté à la commission administrative dans chacune de ses séances.

« Art. 22. — Un tronc, dont le président et le viceprésident ont seuls la clef, est placé dans l'un des réfectoires. Tout sociétaire peut y déposer des observations écrites et signées.

« Ce tronc sera ouvert en présence de la commission administrative dans chacune de ses séances.

« Art. 23. -— Tout membre de la commission administrative a le droit individuel de visiter TétaWissement quand

bon lui semble, non pour donner des ordres, mais seulement à titre d'inspection, et sauf à rendfre compte de ses impressions à la commission administrative régulièrementassemblée. « Art. 24. — Les sociétaires doivent s' abstenir dans les réfectoires de toute conversation bruyante. Leur maintien doit être convenable et réservé. Il leur est recommandé de ne pas amener de chiens dans rétablissement. Toutefois, il n'est pas défendu d'amener un seul chien, que le sociétaire devra tenir à l'attache près de lui. Il est interdit de fumer dans aucune partie de l'établissement, même dans la cour d'entrée.

« Art. 25. — Les sociétaires qui viennent réclamer des aliments au guichet extérieur, pour les emporter à doniicile, doivent'être munis de la vaisselle nécessaire pour contenir ces aliments. Ceux qui ont le droit de prendre leur repas dans les réfectoires trouvent sur chaque table assiettes, cuillers, fourchettes, couteaux, verres, carafe, sel, poivre, vinaigre et moutarde.

« Ils doivent se rappeler qu'en principe ils sont obligés de prendre eux-mêmes leurs aliments au guichet intérieur de distribution. Les garçons de salle ne sont tenus qu'à garnir et à dégarnir les tables.

« Art. 26. — Nul sociétaire ne peut consommer dans les réfectoires plus d'un demi-litre de vin par repas. Cette disposition de l'art. 12 des statuts est de stricte rigueur.

« Conformément à l'art. 13 des statuts, un sociétaire peut consommer dans l'établissement le pain qu'il apporte avec lui, mais il est expressément défendu d'y apporter toute autre denrée.

« Art. 27. — Les sociétaires sont admis à se munir de serviettes, qu'ils peuvent déposer dans un casier préparé à cet effet.

« Art. 28. — Il est expressément défendu à tout employé d'emporter ou vendre des os, graisses, eaux grasses,

restes quelconques, sans Fautorisation formelle du commissaire-directeur.

« Art. 29. — Le concierge est chargé, sous sa responsabilité, par le commissaire-directeur, de délivrer les cartes, d^en percevoir le prix., de tenir le registre des sociétaires ; il remet au commissaire-directeur le montant des cartes délivrées ; il doit veiller à ce que des sociétaires seuls se présentent au guichet de Tagent comptable pour acheter des jetons, et, /pour cela, il peut demander à toute personne Texhibition de sa carte. Il doit également veiller, à Taide du même moyen, à ce que les personnes qui ont seulement le droit de se présenter au guichet extérieur, ne s'introduisent pas dans les réfectoires. Il ne doit pas quitter pendant les heures de repas la loge qui lui est assignée à Tentrée de rétablissement.

« Art. 30. — Il est recommandé au concierge et aux employés subalternes de ne jamais s'écarter des habitudes d'une scrupuleuse décence; de s'abstenir de tout bruit, de tout jurement , de toute plaisanterie libre. Les employés subalternes ne ^doivent pas séjourner dans les salles; ils ne doivent y pénétrer que pour les besoins de leur service.

« Art. 31 . — Toute discussion politique ou religieuse est interdite dans l'établissement. Il est défendu d'y apposer aucune affiche de quelque nature que ce soit, d'y faire circuler aucun prospectus, aucune liste de souscription, aucune pétition, à moins qu'il ne s'agisse d'une liste ou d'une pétition relative à l'association elle-même, et qu'à cet égard, le président n'ait délivré une permission écrite. Il est également défendu d'apporter dans les réfectoires aucun journal ou brochure politique. »

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