LES JEUNES :ÉCONOMES
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Napoléon P', avec cette profondeur de vues qui caractérisait chacune de ses paroles, a dit cpie l'avenir d'un enfant dépend de sa mère. Cependant, de nos jours encore, l'instruction et r éducation des filles, destinées à devenir mères de famille, est la partie la plus négligée du système général de renseignement.
Mais, dans cette bonne ville de Grenoble, où nul besoin n'est oublié, les jeunes filles du peuple devaient avoir leurs écoles, et c'est à des femmes pieufees et charitables que revenait le touchant honneur de les fonder.
En 1834, une société de dames se constitua, à Grenoble, sous le nom à'œuvre de la Providence, dans le but de procurer aux jeunes filles pauvres l'instruction élémentaire gratuite.
Les ressources de cette société consistaient dans les souscriptions de ses membres.
La part la plus large était faite par M°*® Savoie-RoUin.
Une école fut d^ abord organisée dans la rue des Beaux- Tailleurs. L'enseignement fut confié à des sbeurs de Tordre de la Providence.
Bientôt, et par délibération en date du 20 mai 1834, le conseil municipal alloua à la société une subvention de 2,200 fr.
Le 26 novembre 1835, la subvention fut portée à 3,400 fr. ; le conseil accorda, en outre, à la société, une somme de 1 50 fr . pour prix à distribuer.
En 1836, le conseil lui concéda, dans les bâtiments de Sainte-Marie d' en-haut et dans ceux de la halle, des locaux spacieux, où deux autres écoles furent établies.
Une délibération du i^' septembre de'la même année éleva la subvention à la somme de 4,000 fr., applicable au traitement de huit institutrices, le surplus de la dépense restant à la charge de la société.
En 1839, la société organisa un ouvroirdans le local de la rue* des Beaux-Tailleurs.
Elle distribua des vêtements à 70 élèves, en novembre 1845, et à 95, en avril 1846.
Le nombre des élèves était alors de 21 5 dans la première école; de 216 dans celle de la halle; de 97 dans celle de Sainte-Marie. 32 élèves étaient admises dans Touvroir ou classe de travail.
Le 29 mars 1848, la société fit l'acquisition de la maison située dans la rue des Beaux-Tailleurs, où avait été créée Vécole primitive; cette maison devint ainsi l'établissement central de Vœuvre de la Providence,
Aujourd'hui, Vomvre de la Providence compte trois écoles: Tune, dans le bâtiment central ; l'autre, dans les bâtiments de la halle ; la troisième, dans le monastère de Sainte-Ursule. Ces trois écoles sont divisées en dix classes. Il y a dix institutrices et une supérieure.
La subvention municipale est de 4,400 fr., y compris 200 fr. pour prix à distribuer aux élèves.
La moyenne du nombre des élèves, pendant Tannée scolaire 4857-58, a été de 650.
Les filles sont admises dans les écoles de la Providence à Fàge de six ans. Elles peuvent y rester indéfiniment.
Un ouvroir, établi dans la maison centrale, continue à recevoir trente jeunes filles. Ce sont les plus âgées. Elles sont formées, dans cet ouvroir, à des ouvrages de couture. Elles ont chaque jour une classe qui dure une heure et demie; le surplus de la journée est consacré au travail. Quelques-unes, déjà habiles, sont payées, à leurs pièces. L'ouvroîrestdonc, non-seulement une école de travail, mais encore un moyen ingénieux de retenir le plus longtemps possible un certain nombre de jeunes filles sous une tutelle qui les abrite et les protège.
Du sein même de Fœuvre de la Providence est sortie une autre société appelée les Jeunes Economes. C'est une agrégation de jeunes demoiselles, appartenant aux premières familles de la cité. Elles confectionnent ou font confectionner à leurs frais des vêtements complets.
Chaque année, au mois de novembre, une distribution de vêtements est faite à 200 élèves.
Les jeunes économes font, en outre, préparer dans la maison centrale, pendant chaque hiver, 250 soupes, qui sont distribuées le matin.
La distribution de vêtements et de soupes est faite aux élèves les plus pauvres.
L'œuvre de la Providence, complétée par la société des Jeunes Économes, oflre un spectacle doublement édifiant, car elle donne l'instruction et pratique la bienfaisance.