‹ Le vray mistère de la passionChapitre 8 sur 90 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

seront malheureux et meschants. Ma noblesse et ma grant beauté est tournée en difformité, mon chant en lamentation, mon ris en désolation, ma lumière en ténèbre ombrage, ma gloire en douloureuse rage, ma joie en incurable deuil; ne demeure que mon orgueil qui ne m'est mué ni changé depuis le jour que fus forgé lassus* au pardurable empire, sipon que toujours il empire sans se diminuer en rien.

Mon plaisir et souverain bien est d'avoir, par subtil moyen, fait déchoir l'homme, citoyen de la région fortunée, et tenir sa race damnée en ceste chartre ténébreuse où sa chancon très douloureuse

à mon mal apporte soûlas^.

Cy s'entend derechef la dolente prière des âmes.

Les âmes du Limbe chantent.

Hélas! et quand sera-ce, hélas!

Puis dict Adam :

Adam.

souveraine majesté, Dieu bon qui en éternité

Page 1