‹ Le vuidangeur sensibleChapitre 28 sur 33 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

MISTRISS SENTFORT, WILLIAM,

{La nuit se répand insensiblement sur le Théâtre.)

WILLIAM tenant une petite bouteille et une tasse, qu'il pose sur une table.

{A part.) Je l'ai donc composé ce fatal breuvage ! {Haut.) Ma chère amie, la nuit s'approche : à la faveur de l'obscurité, allez chercher ce malheureux; il faut absolument que je le voie ici.

MISTRISS SENTFORT.

Mais il me semble qu'il serait de la prudence de vous rendre vous-même dans la maison où il se tient caché : on peut observer mes démarches, et vous risquez qu'on vienne l'arrêter sous nos yeux.

WILLIAM

Allez, je saurai nous délivrer de tout sujet de crainte.

MISTRISS SENTFORT.

Faites-moi part des moyen? que vous vous proposez d'employer.

J04 Le Vuidangeur

N'ayez aucune inquiétude ; ils sont infaillibles. Bientôt un espace immense... {Des sanglots lui coupent la parole.)

MISTRISS SENTFORT.

Vous pleurez ! Comment concilier vos espérances avec les larmes que je vous vois répandre ?

WILLIAM

Vous connaîtrez que mon projet est immanquable et pour lui et pour nous. Si quelques larmes s'échappent de mes yeux, c'est que je ne puis songer sans m'attendrir à une séparation.... Mais ne perdez pas de tems ; amenez-le-moi au plu-tôt.

MISTRISS SENTFORT.

r Je cours le chercher. Je conçois que vous vous proposez de lui donner une bonne somme, et de l'instruire de la conduite qu'il doit mener hors de sa patrie, tandis que vous n'épargnerez rien pour arranger son affaire. Vous avez raison, l'argent seul contribue au bonheur de cette vie, et il est tout naturel de ne point l'épargner pour ses enfants. {Elle sort.)

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