SCÈNE PREMIÈRE
JONES, seul, en mauvaise redingote^ en bonnet de nuit, et ses souliers en pantoufles.
ERROi-JE toujours ccttc mauditc canaille, qui vient chaque jour, dès six heures du matin, me demander de l'argent? Je n'entends parler que de billets, de lettres de change et de faquins de créanciers, qui osent encore me menacer... Ah! j'en rosserai quelques-uns.... Ma foi, je crois que le plus simple seroit de ne pas coucher ici.. . Il est ridicule de harceler un galant homme
3o Le Vuîdangeur
qui dort et ne se couche qu'à quatre heures du marin... Les drôles pensent que je ne travaille guères avec mon père ; car ils me laisseroient au moins dormir une partie de la journée. Que n'attendent-ils que mon père soit mort? Il ne peut vivre long-tems; car il devient vieux tous les jours. Je dois lui succéder, et je me prépare à me bien divertir. Je ne lézinerai pas comme lui. Ma mère de son côté, n'est pas jeune, il s'en faut de beaucoup : ainsi je présume qu'ils auront bientôt leur passe-port pour l'autre monde, sans que je m'y
oppose Tous ces diables d'importuns-là me
donnent de l'humeur; et, au premier jour, j'étrillerai si bien l'un d'entre eux, que les autres se dégoûteront d'y revenir [Il regarde une pendule.)
Il n'est que sept heures. Que ferai-je toute la matinée? Mes amis dorment encore. Nous étions, cette nuit, tous si bien empafés, que la plupart n'auront pu regagner leur gîte. Pour nosdonzelles, elles avoient leur coiffe de travers, et l'œil d'un tendre... d'un tendre... Il faut avouer que Miss Arlowe est charmante; sur-tout quand elle se livre à sa gaieté : son image m'auroit empêché de dormir, si je ne m'étois couché appesanti par les fumées du vin et de l'eau-de-vie... J'entends marcher... Est-ce encore quelque malotru decréancier?
sensible 3i