francs et 37.961.534 francs
Actuellement, le warrantage des céréales est surtout développé dans les circonscriptions des Cours d’appel d'Amiens, de Douai, de Paris et de Rouen.
Il est à remarquer que pour les années 1929 et 1930, dans la circonscription de la Cour d’appel de Grenoble, le total des sommes avancées sur céréales est passé de 1.500 francs à 1.284.500 francs.
Les warrants sur céréales ne garantissent ordinairement que des prêts à court terme, puisque le gage est destiné à être vendu dans une période de temps très brève.
Parmi les céréales, 1l faut citer en premier lieu le blé. Parma les céréales secondaires, on warrante en France surtout l’avoine et l'orge.
La baisse continue des cours du blé pendant ces dernières années pose des problèmes excessivement complexes de financement de la récolte.
A partir de l’année 1931, les caisses de crédit agricole se sont efforcées de mettre à la disposition des agriculteurs et des coopératives, sous forme de prêts à court terme garantis par cautions et warrants, les fonds qui leur sont nécessaires pour leur permettre d’échelonner la vente de leur blé.
Pendant l’année 1931, les prêts à court terme consentis pour le financement de la récolte de blé et garantis par Warrants pour une grosse part se
sont élevés à environ 105 millions de francs (1).
Les caisses de crédit agricole utilisent pour ces opérations les dépôts de fonds qui leur sont confiés et dont le montant est de plus en plus considérable.
Elles avancent sur les céréales des sommes représentant 50 à 70 et même 75 % de la valeur du gage.
Si les caisses prêteuses ont soin d'exercer une surveillance suflisante, ce qui est dans ce cas assez facile, le risque qu’elles courent est minime. Cette surveillance est d’ailleurs rendue encore plus aisée lorsque les céréales, au heu d’être enfermées dans une multitude de petits greniers, sont emmagasinées dans des docks coopératifs.
Il n'existe pas en France à cet égard une organisation comparable à celle qui fonctionne en Algérie, comme nous le verrons dans le prochain chapitre. Nous avons cependant, dans l’Ouest, des magasins très importants (100.000 quintaux à Angers). Nous rencontrons aussi dans le Soissonnais des silos de grande capacité (40.000 quintaux à Soissons). Beaucoup de coopératives ont des silos ou magasins de 10.000 à 20.000 quintaux ; on peut citer à cet égard ceux du Pas-de-Calais et de Vendée.
Certaines coopératives disposent de petits silos
(1) Rapport sur les opérations faites par les caisses régionales de crédit agricole mutuel pendant l’année 1931, J. off., 16 décembre 1932,
pour le rassemblement des grains de quelques milliers de quintaux destinés à un magasin secondaire plus important.
Nous n'avons pas de résultats précis pour le warrantage de la récolte de 1932-1933. Mais le chiffre des sommes avancées est certainement très élevé.
Certaines caisses de crédit agricole qui n’avaient jamais prêté sur warrant se sont décidées, devant la baisse persistante du prix du blé, à venir au secours des agriculteurs, pendant les mois qui viennent de s’écouler.
C’est ainsi que le directeur de la Caisse de l’Ariège, dans une lettre qu’il nous a adressée au sujet du warrantage, après avoir observé qu'il ne se pratique guère dans sa région, ajoute : « Cependant, en 1932-33, nous avons utilisé le warrant sur la récolte de blé pour garantir des prêts à court terme que quelques agriculteurs avaient contractés. »
Le directeur de la Caisse de l’Orne, répondant à la même question, nous dit : « Dans notre département le warrant est peu en usage ; néanmoins nous avons avancé au cours de cette année (1933) environ D00.000 francs en warrantant du blé. »
B. — Fourrages. — Pailles.
Parmi les produits agricoles, fourrages et pailles ne présentent qu'une importance très réduite au point de vue du warrantage.
Nous indiquerons donc seulement, en nous reportant au Rapport précité sur le warrantage durant
les années 1929 et 1930, qu’en 1929 il a été avancé un peu plus d’un million sur des pailles et fourrages représentant une valeur de 5 millions et demi environ, et qu’en 1930 les chiffres passent respectivement à 3 millions et 8 nullions et demi.