QUATRIÈME ET DERNIÈRE SÉANCE
(Rédaction provisoire très-prolahJement.)
Où notre vénérable ami, le picopo de Korororéka après
avoir entretenu, avec beaucoup de peine, ses éminents collègues, de la portion (négative) du rôle que la race blanche et le catholicisme romain ont joué déjà, dans le grand drame de la
civilisation humaine ne parvient que peu ou pas à leur
faire comprendre ce qu'il reste à faire à ce même catholicisme, enfin, déromanisé, ainsi qu'à cette même race blanche, enfin démilitarisée, pour inaugurer la partie positive de sa tâche, ici est, pour remplacer, par des conclusions, sinon exclusivement, du moins beaucoup plus scientifiques, les solutions sociales, trop erronées, qu'inventèrent les hommes de sentiment et que ne rectifièrent qu'imparfaitement les gens de pratiqiie.
Cette séance, ouverte au milieu des réclamations et des murmiires tes plus étranges, a
été si orageuse, si fréquemment interrompue et si pénible pournotre vénérable ami, que je n'ai pas encore eu le courage de lui en soumettre la rédaclion.
Je vous envoie donc, tels quels, les fragments que j' 671 ai recueillis.
Quand le temps aura calmé sa douleur si profonde, je soumettrai, à cette noble victime de son excessive franchise et de ses généreuses illu' sions, ces notes plus ciu' incomplètes. Nul doute qu'il ne m'aide alors à les parfaire.
N. B. Toutes les lignes pointi liées qui vont suivre devront être interprétées .-Agitation, bruit et tumulte tels qu'on n'entend plus du tout la voix de l'orateur.
... Ainsi donc, en premier' lieu, une phase toute de formation, toute de foi aveugle, toute d'aspirations illimitées !
Une phase pendant laquelle l'être humain, aussi parfaitement dénué de la plus simple notion positive que de la moindre expérience pratique, croit et obéit fatalement aux images que toutes les impulsions, apparences et sensations qu'il perçoit provoquent dans son encéphale !
Une phase pendant laquelle ce susdit être humain ne mesure la valeur des combinaisons (ayant trait à sa vie mentale, ayant trait à sa vie pratique et ayant trait à sa vie végétative) que font naître, en chacun de ses trois ministères, le monde et son propre organisme qu'aux sensations bonnes ou mauvaises que lui
procurent leurs traductions sensorielles, contractiles et plastiques !
Une phase pendant laquelle, par conséquent, la logique du sentiment, prime toujours, chez lui, celle du caractère et toujours aussi celle de l'intelligence !
Une phase enfin qui me semble mériter, on ne peut mieux, le titre de végétativo-sentimentale. Végétative ! parce que le genre de service que l'être humain rend alors à lui même consiste surtout à se développer matériellement. Et sentimentale ! parce que le genre de services que l'être humain rend alors, aux autres, consiste essentiellement à développer, chez eux, les sentiments affectifs... témoins toutes les peines et toutes les joies que les oscillations vitales des enfants procurent à leurs parents: et témoins aussi tous les enthousiasmes et toutes les aversions que les plus belles doctrines et les meilleures institutions sociales naissantes provoquent, respectivement, et chez leurs partisans et chez leurs adversaires.
{Deux voix : La question préalable !)
... Ainsi donc, en second heu, une phase ascendante encore, non matériellement mais
bien temporeUement!
Une phase aussi remplie de confiance en soimême qne de méfiance envers les autres.
Une phase où la logique du caractère pèse énormément plus, dans les décisions, que celle de l'intelligence ou que celle du cœur!
Une phase, enfin, méritant (à tous égards, ce me semble) les norhs de musculo-volontaire et de pratico-active ; parce que l'être humain (dominé, tant qu'elle dure, parle besoin d'utiliser des forces musculaires et morales, aussi distantes des faiblesses de l'enfant que de celles du vieillard) se plaît, alors, infiniment plus aux luttes, qui veulent de la puissance dynamique ou de la ténacité mentale, qu'à celles qui exigent de la perspicacité intellectuelle ou du cœur?
{Quatre voix : La question préalable !) . . . .
...Ainsi donc, en troisième lieu, une phase ascendante aussi, non plus au point de vue matériel ou temporel mais bien au point de vue spirituel!
Une phase pendant laquelle, ne pouvant plus acquérir aucun surcroît de pouvoir mécanique ou plastique, l'être humain s'efforce d'obtenir une valeur sociale, en utihsant son acquis mental en faveur des autres!
Une i)hase, enfin, qui me semble digne de
la double qualification d'intellectuello-spéculative ou de cérébro-scientifique; parce que pendant que diminuent, en même temps que notre orgueil et notre énergie, nos aptitudes
végétatives, musculaires et sensorielles
toutes choses si précieuses à ceux qui ont besoin d'être à même de beaucoup pouvoir, de fortement vouloir et de beaucoup surveiller objectivement; afin de constituer de bons chefs spirituels ...parce que, dis-je, pendant que diminuent nos ressources matérielles et morales d'activité... augmentent au contraire (par le fait d'une irrigation cruorique plus intense vers le seul de nos appareils qui ne soit pas encore en décadence; comme ne le prouvent que trop, hélas! maints accidents cérébraux) augmentent, dis-je et redis-je, toutes nos aptitudes intellectuelles ou spéculatives, plus notre vanité, plus encore notre bonté. Toutes nos aptitudes intellectuelles ou spéculatives, plus notre vanité, plus encore notre bonté ! C'est-à-dire toutes les quahtés indispensables à ceux qui ont besoin de beaucoup pouvoir et de beaucoup aimer subjectivement, je dirais presque de ne beaucoup pouvoir et de ne beaucoup aimer qu'ainsi; pour embrasser la carrière si belle, mais si difficile et si peu tolérée par le temps qui court, de guide spirituel aussi profondément ami du conseil exclusivement
appuyé sur le savoir, qu'ennemi du commandement accompagné de séduction et surtout (surtout!) de menaces même de nature exclusivement spirituelle.
(Huit voix : La question préalable /)......
Eh bien, maintenant que nous savons qu'il
n'y a pas d'être humain» individuel ou collectif, qui ne soit organisé trinitairement et, trinitairement aussi n'évolue, pourvu qu'il parcourre
dignement sa pleine carrière pas d'être
humain (quel que soit son tempérament, son pays et sa race) qui ne traverse, avant de tomber en sénilité, d'abord une phase dominée par le point de vue sentimentalo- matériel, ensuite une phase dominée par le point de vue activo-temporel, et, puis enfin, une phase dominée par le point de vue spéculativo-spirituel
Maintenant, dis-je, que nous connaissons cette belle et grande loi, tout problème ayant trait à la vie végétative, musculaire et mentale..., toute question d'éducation du cœur, du caractère et de l'intelligence,... tout système d'enseiginement hygiénique, pratique et théorique, toute institution concernant le culte, le régime et le dogme à établir, en faveur d'un être humain quelconque, doit évidemment
débuter, pour nous, par la détermination aussi nette et aussi exacte que possible, premièrement, du tempérament et de l'âge de ce susdit être humain; secondement, delà nature et de l'âge, pareillement, du milieu social au sein duquel il doit fonctionner; et troisièmement, enfin, s'il en existe un déjà, de l'âge et du tempérament du corps enseignant qui, j'usqu'alors, ïd dirigé.
Tout problème, dis- je, de réglementation matérielle, temporelle et spirituelle doit, pour nous, débuter par ce triple examen ; afin de nous mettre à même de procurer, le moins brusquement possible, à cet être humain susdit, les conseils qui lui mériteront le meilleur bon vouloir de ses contemporains ; parce qu'ils lui auront fait mettre à leur service ses aptitudes, sinon les plus éminentes, chez lui, du moins les plus utiles, pour eux.
(Seize voix : La qustion préalable ! ) . . .
Ceci posé ; puisque notre ambition aussi carrément affichée qu'ostensible, est de gouverner spirituellement, rien que par des moyens pleinement avouables, tous les êtres
humains possibles à commencer par la race
blanche européenne; dans cette race blanche européenne, par ses occidentaux du sud, et
dans ces occidentaux du sud, par le peuple qui passe, aux yeux de tous les pouvoirs modernes, pour être le plus révolutionné en même temps que le plus révolutionnant qui soit
au monde; examinons, premièrement
ce qu'à fait la portion de la race blanche à laquelle nous appartenons; secondement, dans cette portion de race blanche, ce qu'ont fait les populations greco-latines'plus particuhèrementj et, troisièmement enfin, dans ces populations greco-latines ce qu'à fait, plus particulièrement encore, tout à fait particulièrement, la nation française. La nation française ! qui, si elle ne mérite plus le nom de nation très-chrétienne, mérite plus que jamais peut-être le titre de fille ainée du vrai catholicisme.
. . .(Trente deux voix : La question préalable!)., , ..
Examinons, dis-je, ces quelques questions de race et de nationalités blanches d'abord , pour bien déterminer le sens des aspirations de l'éhte européen. Et puis examinons, ensuite, où nous en sommes nous-mêmes, nous autres cathohques romains, afin desavoir, d'une part, ce qu'il y a de bon et de mauvais dans ce bourdonnement, si gros d'orages, des doctrines con-
temporaines et pour savoir, d'autre part, ce que nous pouvons et devons y apporter d'obstacles ou d'assistance.
En conséquence, première question: Comment les grands problèmes d'organisation matérielle, temporelle et spirituelle, qui se dressent devant toute collectivité humaine, soucieuse de vivre en société, ont-ils été abordés par notre race blanche? et, deuxième question, comment les avons-nous abordés nous-mêmes?
Ou (ce qui me semble devoir être plus exact, car nous n'en sommes peut-être encore qu'à notre phase négative), comment les solutions des grands problèmes industriels, politiques et religieux, fournies par les noirs et les jaunes, ont-elles été modifiées par nos ancêtres blancs; et en quoi avons-nous entravé ou servi leurs travaux, en notre qualité d'être humain faisant fonction de directeur moral.
Problème rehgieux. Phase végétativo-sentimentale des blancs d'Europe.
Depuis la plus haute antiquité jusqu'au début du moyen-âge, c'est-à-dire, tant qu'à duré sa phase juvénile ou préparatoire, notre race blanche (par les Grecs, d'abord, les Romains
ensuite, et d'autres nations plus modernes, après) a protesté au nom de sa caractéristique mentale ou, si mieux vous aimez, de sa supériorité intellectuelle contre tout ce que ses initiateurs sociaux, noirs et jaunes, Africains ou Asiatiques, avaient laissé de trop naïvement puéril dans la collection, si nombreuse, des dieux et des mythes qu'ils leur importaient.
Cette protestation, qui dura des siècles, aboutit, ainsi que vous le savez, à la destruction, ponr l'immense majorité du monde païen, du fétichisme, de l'astrolàtrie et de l'idolâtrie...... A la destruction, dis>je, de ces trois
modes religieux , par la substitution des dieux, presque exclusivement antropomorphes de 'Olympe, aux innombrables divinités d'ordre minéral, végétal, animal et finalement animalohumain ou monstrueux que, successivement,
adorèrent nos forts lointains devanciers
Que successivement adorèrent nos forts lointains devanciers , avant de reconnaître que le type humain était, somme toute, supérieur à tout ce qu'ils pouvaient trouver ou bien imaginer de mieux.
Je dis, pour l'immense majorité du monde païen, parce qu'à l'époque où naquit notre syslème religieux, les esprits les plus distingués avaieut reconnu, depuis longtemps déjà, que lu Providence la plus positive
de notre espèce est l'ensemble des bons travaux que chaque génération qui passe laisse, systématiquement ou non, à celle qui lui fait suite.
...{Soixante quatre voix: La question préatable!)
Eh bien, cette première œuvre, éminemment destructive ou négative, à rencontre des entités divines successivement adoptées ou bien élaborées par nos si anciens initiateurs, jaunes et noirs; nous autres catholiques l'avons-nous secondée suffisamment, depuis le jour où (sagement conseillés par notre faiblesse native) nous n'employâmes, pour faire adopter nos idées, que la douce persuasion, jusqu'à l'époque malencontreuse où, nous sentant incontestablement forls, nous recourûmes à la force pour imposer notre manière de voir.
{Cent vingt-huit voix : La question préalable!)
Cette première œuvre, dis-je, toute de rectifications, de réductions, et finalement d'éhminalions, l'avons-nous secondée, depuis notre enfance la plus tendre, jusqu'à notre
pleine yirilité? Oui, incontestablement oui; puisque nous avons fini par faire triompher notre monothéisme, dans le sud- ouest de l'Europe surtout.
Pouvions-nous, devions-nous aspirant à
devenir ou rester les chefs religieux de tous, et non les directeurs exclusivement intellectuels d'une très-intîme minorité de savants, qui ne pouvaient comprendre encore la positivité que, dans un nombre fort restreint de phénomènes arithmétiques, géométriques ou mécaniques tout au plus, pouvions-nous, dis-je,
devions-nous aller plus loin, en faisant passer de l'infini à zéro le nombre des êtres surhumains auxquels avait cru la faiblesse de l'homme, au heu de le réduire à un ?
Évidemment non ! Car aller jusqu'au néant surhumain, c'était non seulement nous suicider en niant, avec toutes les approximations qui Pavaient précédé, l'idéal au nom duquel nous parhons;
. . (Deux cent cinquante six voix, suivant les unSj beaucoup moins, suivant les autres, réclament la question préalable.)
Nous avons donc noblement poursuivi l'œuvre commencée par les prêtres de Saturne et continuée par ceux de Jupiter
{La question préalable^ mise aux voix, n'est
pas adoptée Y aurait-il donc, dans Vémi'
nente assemblée, plus d'adhérents qu'on aurait osé le croire, aux doctrines de notre vénérable amil Ou bien son grand âge et ses grands malheurs .....1) . .
Question politique. Phase pratico-active
de notre race blanciie.
A l'époque où les Grecs et les Romains, encore en phase sentimentalo -végétative, travaillaient à faire passer les autres blancs d'Europe, des mœurs et conceptions du cannibale Saturne, aux habitudes et pensées beaucoup moins carnassières et beaucoup plus aimables des divinités olympiennes, les grands hommes politiques d'Athènes et de Rome s'élevaient déjà contre ce que les premiers chefs temporels de leur pays avaient, comme tant d'autres, introduit de trop musculairement brutal, de trop dynamiquement volontaire {dura lex, sed lex) dans leurs intitutions gouvernementales.
Eh bien, si cruelles qu'aient été, pour les vrais citoyens de ces deux nobles foyers civilisateurs, les luttes qu'ils durent successivement soutenir (dès le début de leur éveil social, si je peux ainsi parler) d'une part, contre leurs agresseurs étrangers et, d'autre part, contre
leurs brigands, leurs rois, leurs aristocrates de source divine et, finalement, leurs divers tyrans nationaux ...... avant de pouvoir obtenir,
pour eux-mêmes, la censure, le tribunal et l'affranchissement partiel des esclaves ; et avant, aussi, de pouvoir accorder aux autres (c'est-à-dirC; à leurs ci-devant ennemis absolument domptés) les titres et privilèges d'alliés, d*amis et finalement de citoyens...... Eb bien,
dis-je, si cruelles qu'aient été ces luttes antidespotiques, intra aussi bien qu'extra-nationales: pouvons-nous, je vous le demande, les comparer, pour leur violence et pour leur durée, à celles qa'eurent à supporter, pendant tout le moyen-âge, les populations qui devinrent françaises, italiennes et autrichiennes, hongroises, polonaises, turques, grecques modernes, barbaresques et espagnoles ; en subissant, respectivement, les premières, l'infiltration du sang, des mœurs et des préjugés des barbares du Nord plutôt que la sève, les coutumes et les sciences des civilisés du Sud ; et, les secondes, en faisant précisément le contraire? Pouvons-nous, dis-je et redis-je, faire cette comparaison ; et conclure, pour ces générations successives, k l'égalité de leurs travaux et surtout (surtout !) à l'égalité de leurs peines matérielles ? — Non, évidemment, non. Donc, malgré les hauts faits des Hercule,
des Thémistocle et des Alexandre, des Paul- Emile, des Scipion et des César, force nous est de reconnaître que la phase musculo-volontaire de notre race blanche européenne, son âge vraiment activo-pràtique, est la période qui commence à la chute de l'empire d'Occident et finit à la destruction de celui d'Orient.
Ceci posé, pendant cette deuxième saison vitale, si prodigieusement agitée de notre race
blanche européenne, pendant cette phase
aussi énergiquement batailleuse, au point de vue de la lutte temporelle, qu'infatigablement discuteuse, au point de vue de la lutte spirituelle pendant cette double, sinon quadruple croisade, où nos prédécesseurs immédiats se montrèrent aussi désireux de vaincre l'individualisme barbare, intus et extra, que de triompher du fatalisme civilisé ; parce que celui-ci voulait trop absolument subordonner l'homme à un ordre social presque immuable ; et parce que celui-là prétendait, au contraire, lui laisser un arbitraire personnel véritablement incompatible avec une organisation politique tant soit peu stable, pendant cette
période toute d'incubation morale et d'agitation physique, aussi mal comprise qu'injustement critiquée , vu qu'il en sortît en même temps que les germes de toutes nos sciences et
de toutes nos langues modernes, les rudiments de toutes nos libertés temporelles et spirituelles pendant cette période où les tendances de Tautocratisme (si familier au praticien asiatique) et du théocratisme (si cher au sentimental africain) (autocratisme et théocratisme ravivés, l'un et l'autre par le très-puissant amalgame que venait d'en refaire la conception islamique) furent définitivement battus par les naissantes aspirations humanitaires de notre race blanche, faisant enfin intervenir sa caractéristique mentale, sa supériorité intellectuelle, dans la solution des questions poHtiques, ainsi qu'elle avait déjà fait dans l'examen des questions religieuses, et comme bientôt elle allait
faire dans celui des questions industrielles,
pendantcette période, enfin, si décisive pour la suprématie de notre race blanche européenne, tant de ce côté-ci de la terre que de l'autre ; quel rôle avons-nous joué, nous autres cathoHques romains ?
Pendant cette dernière lutte de notre race blanche (si jeune encore, socialement parlant, vu qu'elle ne comptait alors que deux mille ans environ d'existence, moitié historique et moitié légendaire), si jeune encore,- si peu nombreuse, si pauvre et si territorialement restreinte, acculée qu'elle fût à un certain moment
contre les Alpes et les Apennins, pendant
cette dernière lutte, dis-je, de notre race blanche contre ses sœurs aînées, si grandes, si peuplées, si opulentes et si positivement civilisées depuis cinq, six et peut-être même sept fois plus de temps qu'elle, ainsi que le prouvent tant de monuments écrits ; nous fûmes toujours, nous autres catholiques romains, à la tête du mouvement politique et prêchant partout la résistance temporelle ; comme, sur la fin du paganisme, nous avions été semblablement à la tête du mouvement religieux et prêchant partout la résistance spirituelle.
Prêchant partout la résistance temporelle, comme nous avions prêché la résistance spirituelle ! et la prêchant si bien ! qu'au sortir de cette tourmente aussi anxieuse que décisive, le nombre des tyranneaux féodaux qu'avait créés la conquête, se trouva, grâce à nous, réduit, dans les plus importants Etats de l'Europe, d'une fort grande pluralité à la simple unité monarchique ;.... absolument, comme au sortir du polythéisme, le nombre des dieux qu'avaient importés les missionnaires africains et asiatiques, s'était trouvé ramené, grâce à nous pareillement, d'une pluralité, considérable aussi, à la simple unité chrétienne.
Mes Seigneurs, ce travail de rectification, de réduction et finalement de très-grande élimination de chefs politiques, devions-nous, pouvions-nous (en notre qualité de clergé consacrant et conseillant) le pousser plus loin, jusqu'à zéro, par exemple, c'est-à-dire jusqu'à la négation de tout droit monarchique ; sans nous suicider, sans renier (en même temps que notre mission) l'idéal au nom duquel nous pariions alors?
Non, certainement, non ! car on ne pourra jamais obtenir de suffisant concours social, sans invoquer un droit surhumain ; tant que le moderne révolutionarisme continuera de troubler les saines et saintes notions du devoir domestique, professionnel, civique et humanitaire, par sa prétendue infaillibilité de conscience et sa quasi-inviolabilité de l'individu.
Donc, l'œuvre si noblement commencée par les grands politiques d'Athènes, si noblement continuée par ceux de Rome et si noblement poursuivie par ceux du moyen-âge, nous aussi l'avons noblement secondée. Donc, nous aussi, les dévoués de la tiare, nous avons eu, comme notre race blanche et pendant qu'elle fonctionnait politico-volontairement, notre phase
de pleine virilité, notre phase où (plus inspirés, nécessairement, par les pratiques militaires de Rome que par les conceptions esthétiques d'Athènes) nous avons dominé, intus et extra, par la force plutôt que par l'amour et par la persuasion, ceux que, très-probablement, nous n'aurions pu vaincre autrement. Conséquemment, on aurait fort mauvaise grâce à nous reprocher notre énergie d'alors; si (en faisant trop longtemps et trop souvent usage des armes du pouvoir temporel, contre l'étranger du Nord et contre l'étranger du Sud , contre ceux que nous nous assimilâmes, tant bien que mal, et contre ceux qui nous résistèrent absolument) nous n'avions contracté, pour
leurs procédés, une passion leiie ! que, de
ce long moyen-âge, nous sortîmes sensiblement plus préoccupés de nos acquisitions territoriales que de noire rôle religieux.
(Èruit, murmures, prolesîalions^ réclamations et agitation considérables. Bon nombre de membres de réminente assemblée vont, viennent et parlementent^ pour obtenir, d la question préalable, Vunanimité des suffrages, et ne comentent à se rasseoir qu'après avoir acquis la certitude qu'elle ne réunirait encore quune écrasante majorité.J
Question matérielle..
A l'époque où ils ne possédaient encore aucune espèce de notions positives, les blancs d'Europe (ainsi que le font encore presque tous les noirs, l'immense majorité des colorés et tous les Polynésiens) les blancs d'Europe, dis-je, ont pratiqué le régime des castes et l'esclavage.
En outre (comme presque tous ces mêmes noirs, ces mêmes colorés et ces mêmes Polynésiens), ils ont expliqué par des fictions, trèsentachées de surnaturalisme, toutes les découvertes et procédés industriels, plus l'origine et l'organisation de toutes les sociétés humaines, plus encore la création du monde et l'engencement de l'univers.
Enfin, toujours à la même époque, ces susdits blancs d'Europe ont (non plus ainsi, mais beaucoup plus que ne le firent jamais les noirs, les colorés et les Polynésiens) abandonné l'examen des phénomènes et des questions qui pouvaient le mieux servir de base à l'organisation d'un régime exclusivement industriel et libéral, aux dernières classes de leurs sociétés naissantes.
Je dis : non plus ainsi, mais beaucoup plus que, et cœtera, etcœtera, et cœtera; parce que
l'intensité de leur instinct militaire et de leur nature Carnivore (plus grande, témoins encore leur régime alimentaire et leurs monstrueuses, guerres actuelles, plus grande, énormément plus grande, chez eux, que chez toute autre espèce d'homme) ne les poussait que trop à dédaigner tout ce qui n'avait pas trait à la chasse ou au combat.
Eh bien, malgré leur abominable défaut
de carnassier destructeur ; malgré qu'ils aient été de ce côté-ci de la terre, comme leurs collègues Polynésiens le sont encore de l'autre, beaucoup plus anthropophages et beaucoup
plus militants que les autres hommes Ces
blancs d'Europe dès qu'ils eurent appris,
de leurs instituteurs d'Asie et d'Afrique, à compter quelque peu ; à discerner plus ou moins les êtres par leurs formes ; à, tant bien que mal, les reconnaître malgré leurs mouvements ; à, tant bien que mal aussi, distinguer leurs qualités spécifiques; et surtout (surtout!) dès qu'ils furent à même, grâce aux engins et approvisionnements de ces mêmes instituteurs, de surmonter les difficultés d'ordre végétatif et d'ordre musculaire que leur offrait leur pays, difficultés qui les avaient maintenus en sauva-
gerie, bien qu'heureusement pour eux, elles ne
fussent nullement excessives Eli bien,
clis-je et redis-je, malgré leurs abominables défauts de carnivores amis des combats, ces blancs d'Europe qui n'avaient encore en rien contribué à la civilisation humaine, protestèrent, aussitôt qu'on les eût armés spirituellement et matériellement, avec tant d'empressement, tant d'énergie et tant de continuité, au nom de leur virginale .supériorité intellectuelle, contre ce qu'il y avait de trop naïvement sentimental et de trop servilement imitateur dans les conceptions et procédés qui leur venaient
d'Egypte ou d'Asie ! que, les premiers, ils
en arrivèrent à détruire le régime des castes et l'esclavage, si usités aujourd'hui, même chez les colorés et les noirs ; que, les premiers encore, ils parvinrent à melire les quelques aphorismes et les quelques théories de nos sciences modernes, aussi peu nombreuses que pleinement saiisfaisaotes, au lieu et place des innombrables fictions explicatives imaginées par les noirs, et des non moins nombreuses compilations défaits aide recettes accumulées par les colorés 5 que, les premiers pareillement, ils substituèrent partout l'expérimentation, aussi prudente que systématique, à la constatation, presque toujours aussi douloureuse que forcée, des événements de toutes sortes ; que,
les premiers toujours, ils employèrent, en agissant de la sorte, la logi(]ue (ordinairement assez prévoyante, comme je viens de le dire à l'instant même; car je ne fais ici que mettre sous une autre forme la pensée que je viens d'émettre), la logique, dis-je, ordinairement assez prévoyante de rintelligence au lieu de celle, trop souventes fois aveugle, du carac^ tère et de celle, trop souventes fois, pareillement, décevante, du sentiment; et que, les premiers enfm (après avoir construit, détruit et reconstruit, maints el maints systèmes du monde, successivement basés sur les propriétés des nombres, sur les formes des molécules, sur les combinaisons des mouvements, sur les qualités inhérentes aux éléments, et cœtera, et cœiera, et cœteraj bref, sur les propriétés mathématiques, physiques ou chimiques des êtres réels, c'est-à-dire, toujours aussi accessibles qu'espérimeniables) ils en arr- ;^èrent à donner, sur l'univers et ses habitants, sur l'homme et ses débuts en civilisation, et puis enfin sur ses premières ^découvertes et procédés industriels, des explications beaucoup plus vraies et beaucoup plus utiles qu'aucune espèce [de Genèse et qu'aucune espèce de synthèse purement fictive.
Certainement puisque je vous ai dit,
trop longuement bien qu'insuffisamment, comment les climats des noirs poussèrent fatalement leurs habitants vers des préoccupations trop exclusivement senlimentalo-végétatives , pendant que ceux des colorés lançaient, non moins fatalement, les leurs vers des préoccupations trop exclusivement pratico-musculaires, j'aurais mauvaise grâce à vous expliquer, fort en détail, comment nos climats tempérés déposèrent, par le fait même de leur médiocrité en toutes choses, nos ancêtres immédiats sur la pente des recherches intellectuello-utilitaires ou scientifiques, alors que la Polynésie (sous-tropicale surtout !) si prodigue, au contraire, envers ses enfants, les attira aussi doucement qu'agréablement vers les rêveries sentimentalo-intellectuelles ou esthéticoreligieuses.
Certainement, dis-je, après vous avoir expliqué toutes ces choses, j'aurais mauvaise grâce à beaucoup insister sur les relations de cause à effet, de milieu à organisme, qui déterminèrent nos variétés blanches, grecques, romaines, françaises, et cœtera, et cœtera, et cœtera, tant au point de vue des aptitudes mentales
qu'au point de vue des apparences physiques. Mais, parce que je ne peux vous dire, très en détail, commenl, de par leur climat en tous points médiocre, nos prédécesseurs immédiats (déposés sur la pente de l'indispensable production du réel et du positif, pente qu'ils n'ont pas quittée depuis leur éveil mental) en sont
arrivés à force de ne voir, dans les êtres,
presque toujours composés, et, dans les événements, presque toujours complexes, que ce qui s'y trouve, rien que ce qui s'y trouve, que ce qui en est inséparable, rien que ce qui en est inséparable ; à force de ne chercher partout que la simplicité, rien que la simplicité, les éléments primitifs des matériaux mis en jeu! puis, dans ces éléments primitifs, que les qualités qui leur sont inhérentes, rien que les qualités qui leur sont inhérentes : qualités toujours en fort petit nombre, bien que leur intensité varie indéiiniment ! puis enfin, dans les événements accomplis en vertu précisément de ces qualités inhérentes, que les lois, rien que les lois, toujours en fort petit 'nombre aussi, qui président à leurs engencements divers, engencements dont la quantité peut, comme celle de toutes les combinaisons possibles, facilement arriver à des proportions énormes......
parce que, dis-je et redis-je, je ne puis vous expliquer fort en détail comment les blancs
d'Europe (de par un milieu leur imposant des recherches) dans le domaine du toujours accessible et du toujours vérifiable, en arrivèrent à instituer autant de genres de notions bien réelles, bien exactes et bien distinctes, c'est-à-dire, autant de sciences physico-chimiques et biologico-morales qu'il existe, dans le corps humain, d'organes sensoriels bien distincts aussi; s'ensuit-il que je ne doive pas très-soigneusement préciser le rôle que nous avons joué, nous autres catholiques romains, pendant ce long et séculaire travail? Non, évidemment, non !
Donc, laissez- moi vous parler de ce rôle important, fort important, si important ! qu'il nous suffirait de le reprendre dignem.ent, pour qu'immédiatement nous revinssent toute l'affection et toute l'influence que nous avons perdues.
En conséquence, tant qu'a duré le moyenàge, qu'avons-nous fait, nous autres cathoHques romains, à propos de la question matérielle et des conséquences mentales qu'elle entraînait forcément avec elle.
Tant que notre race blanche a traité les conceptions et les procédés induslriello-intcllec-
tueîs des noirs et des colorés , comme elle avai traité leurs conceptions et procédés politicovolontaires, plus encore leurs conceptions et procédés sentimentalo-religieux, c'est-àdire, tant que notre race blanche a travaillé à rectifier et réduire, par voie d'élimination, le nombre des procédés et conceptions que ses instituteurs noirs et colorés s'étaient faits sur la nature et rengencement des êtres qui nous sont accessibles, en même temps que sur la nature et l'engencement de ceux de l'univers
tout entier en deux mots, tant que notre
race blanche a traversé la première partie de sa phase intellectuello-mentaîe (première partie qui ne pouvait être que négative ou, ce qui est tout un, destructive à l'encontre do maintes races d'origine africaine ou asiatique) nous l'avons imitée de notre mieux ou, plus véridiquement, nous l'avons aussi cordialemicnt encouragée que puissamment dirigée.
Je dis : cordialement encouragée, parce qu'en lui représentant le monde comme l'œuvre d'un Dieu unique, souverainement intelHgeni, souverainement puissant et souverainement bon, nous avons laissé entendre, aux plus émineats penseurs blancs, que ce créateur suprême de l'univers, vu sa bonté souveraine, ne refuserait probablement pas, à la persévé-
rance de leurs efforts intellectuels, la découverte des lois inéluctables de ce monde, aussi rationnellement que fortement coordonné par son intelligence et sa puissance souveraines, découverte qu'effectivement on réalise chaque jour de mieux en mieux.
Et j'ajoute, à cet aussi cordialement encouragé, les mots : que puissamment dirigé ; parce que pendant ce pénible et séculaire travail de rectification et de réduction (par voie d'élimination) du spiritualisme outré, ou fictivisme noir, aussi bien que du matérialisme outré aussi, ou praticisme jaune nous, catholiques romains, avons toujours forcé, de plus en plus sinon de mieux en mieux, tous les astrologues, tous les chercheurs de pierre philosophale, tous les abstracteurs de quintessence en quête d'une panacée plus ou moins universelle, et tous les autres partisans, par trop crédules ou par trop intéressés, des sciences occultes, à se faire astronomes, physiciens, chimistes, médecins et philosophes aussi perspicaces que généreux. Nous avons contraint, dis-je, tous ces fauteurs de la cabale et du surnaturel (aussi nuisibles, socialement parlant, qu'indisciphnés) à se transformer en bienfaiteurs humains, aussi soucieux de l'ordre que de la réalité ; non-seulement à force de leur donner (en nos couvents, hospices, asi-
les et autres lieux de refuge) le triple exemple des méditations intellectuelles, de l'activité administrative et du travail manuel ; mais encore à force de nous montrer, à l'encontre des explications qu'ils tentaient de nous fournir sur les phénomènes de notre domaine abstrait et spirituel, pour le moins aussi difiiciles qu'ils l'étaient eux-mêmes (dans leur domaine du concret industriel) à l'encontre de la pureté des matériaux, qu'ils employaient, et de la justesse des notions, qu'ils se procuraient sur leurs propriétés diverses ; afin de les mieux manipuler.
Mes Seigneurs, de tout cela que conclure ; pour ce qui est de nous, clergé catholique romain ?
Que [conclure ? Sinon, premièrement, que nous avons (comme tout autre corporation sociale, comme tout autre être humain) payé notre tribut, à la grande loi qui régit tous les êtres sociables etphilanthropes ! Sinon que, secondement, comme la variété blanche que nous avons plus spécialement dirigée, nous sommes entrés déjà dans notre troisième grande saison vitale : celle de notre pleine maturité mentale : celle où nous ne devons exclusivement prévaloir que par notre pleine supériorité intellectuelle ! Et sinon encore que, troi-
sièmement enfin, comme cette susdite variété JDlanche, nous avons parcouru déjà la première partie de cette troisième grande phase : celle qui ne pouvait être que plus spécialement négative ou -destructive, à l'encontre des erreurs les plus grossières imiaginées par les noirs et les jaunes, pour expliquer les phénomènes d'ordre industriello-matériel.
Eh bien ! pendant la période qui ne peut plus être que spécialemicnt positive ou constructrice, à l'encontre des phénomènes nonseulement d'ordre industriello-matériel, mais aussi d'ordre politico-temporel et d'ordre sentimentalo-religieux ; car enfin, à toujours détruire il ne reste plus rien, et rien est peut-être ce qui démoralise le plus !..... Ehbien ! dis-je, pendant la porlion de cette même phase de pleine maturité mentale, que les sommités intellectuelles de notre [variété blanche vont consacrer à remplacer tous les mythes qui nous viennent d'Asie ou d'Afrique, par un ensemble do notions et théories plus particuhèrement biologiques, sociologiques et morales; ensemible de notions et théories plus particulièrement biologiques, sociologiques et morales qui nous permettra enfin de prévoir et pourvoir,'en matière d'événements libéraux, aussi sûrement que nos connaissances méca-
niques, physiques et chimiques nous permettent de le faire maintenant, en matière d'ordre
industriel! pendant le temps, enfm, que
nos plus éminents penseurs européens vont consacrer à parfaire le tribut, caractéristique autant que glorieux, que notre variété blanche s'est mis à payer, si tardivement, à l'œuvre commune de la civilisation humaine, cornmencée depuis si longtemps par les races aînées de la nôtre ; que ferons-nous, nous autres catholiques romains ?
Ainsi que nous avons présidé (si généreusement, d'abord) la un de la saison végétativosentimentale de notre variété blanche européenne et (trop énerglquement, ensuite) la totahié de sa phase pratico-volontaire ; présidederons-nous systématiquement, c'est-à-dire, aussi volontairement que scientifiquement.....
.,.=.. (Trois voix : La question préalable !....)
la portion la plus particulièrement
positive de sa pleine maturité mentale ; afin d'empêcher ses plus éminents et plus sincères travailleurs d'être troublés, en leur œuvre suprême, par la foule toujours trop nombreuse de ses faux savants ?
Par faux savants, j'entends nos modernes
absolutistes; ceux-là voulant pousser l'aualysc jusqu'à l'isolement de l'atome ; ceux-ci la synthèse, au contraire, jusqu'à l'engiobement dû grand tout : les.uns exigeant qu'on remonte jusqu'au passé le plus reculé ; les autres prescrivant, au contraire, qu'on descende jusqu'à l'avenir le plus éloigné : tous esprits également faux : tous héritiers également inconscients des matérialistes et des spirituaîistes, que nous avons combattus si longtemps : tous, discuteurs intarissables qui ne tendent à rien moins que prolonger le règne de la métapiiysique ; avec leur funeste habitude, quelque question qu'on leur pose, d'en rechercher la solution au-delà des limites de l'accessible et de l'expérimentable : tous enila présomptueux, trop imbus de ce funeste préjugé : qu'on ne saurait faire rien qui vaille si, tout d'abord, on ne dérobe son secret à i'inliniment grand aussi bien qu'à l'intimment peiit, si tout d'abord on ne peut expliquer l'origine du m.onde et sa iin !
(Neuf voix : La quesiion préalable ?....)
Présiderons-nous, dis-je, la portion
plus particulièrement positive de la pleine miaturité mentale de notre variété blanche, âlhi de protéger les vrais savants contre leurs faux confrères; en m.ême temps que nous protège-
rons les femmes, les enfan(s et les vieillards contre leurs faux bienfaiteurs ?
Contre leurs faux bienfaiteurs ! c'est-à-dire, contre nos modernes égalitaires, tous êtres que leur foncier égoïsme et leur i^jnorance absolue des lois de la morale, de la sociologie et même de la biologie poussent à proclamer l'égalité individuelle des bommes et l'égalité professionnelle des sexes, en attendant, probablement, qu'ils proclament celle des âges ! Progressistes, plus qu'étranges, dont les doctrines arcbi-rétrogrades n'auraient pour eiTet infaillible que de nous ramener à cet état de sauvagerie, heureusement devenu fort rare, même en Australie, où l'homme et la femme (égalisés par le dénûment le plus complet) dépensent, d'une façon identique, à partir du jour où ils ne tètent plus, leurs temps et leurs peines, à marauder, depuis le malin jusqu'au soir, et grelotter, depuis le soir jusqu'au matin.
Présiderons-nous, dis~je, nous autres (clergé cathohque ayant enfin substitué le point de vue scientifique au point de vue romain)
. . .(Vingt-sept voix : La question préalable !. . .)
la phase et l'œuvre ultime de notre
variété européenne ?
Et, ce faisant, reprendrons-nous enfin, avec plus de raison et plus d'autorité que jadis, notre si digne et si bon vieux rôle de directeur moral du monde producteur ; digne et bon vieux rôle qui, somme toute, n'a jamais poursuivi qu'un bat : rappeler, au double point de vue de l'iiarmoiiie sociale et de la réalité, tous ceux qu'en éloignait un excès do matérialisme, ou bien de spiritualisme ?
{Quatre-vingt une voix: La question préalable L.,.)
Présiderons-nous, dis-je, cette phase et cette œuvre ultimes ? Ou bien (nous cramponnant à un surnom, aui ne nous a que trop longtemps distrait de notre véritable devoir, etnous efforçant de récupérer des possessions qui ne pourraient que nous replonger en pareille faute, si nous avions le malheur de les recouvrer), déserterons-nous notre oflice au moment suprême ?
Je dis : au moment suprôm.e, pour ce qui est de noire race blanche européenne ! perce qu'étant aussi puissante, au point de vue matériel, qu'affolée, au point de vue moral, elle ne peut que retomber en un moyen-âge, mille fois plus ergoteur et mille fois plus bataillenr
que celui dont nous l'avons tirée à si grand peine; si une doctrine sociale, aussi vigoureiue que bonne et démontrable, ne vient très-prochainement discipliner ses prodigieuses forces mililaires et intellectuelles.
Et j'ajoute : suprême aussi pour nous ! parce
que pouvant éviter à notre espèce la plus
monstrueuse révolution qui se puisse imaginer, en présidant la pbb'^ radicale évolution qu'elle ait jamais tentée; car il s'agit, pour elle, de changer son rôle initial de créatin^e contre celui déiniitif de créateur...... nous ne manquerions pas de ternir, avant notre mori, un passé qui n'est certainement pas dépourvu de grandeur; si, par égoïsme ou paresse, nous repoussions un avenir qui ne pourrait être que plus grandiose encore, vu la nécessité où nous serions (de par lesuilrage universel), puisant sa raison momentanée d'être dans. .
{Deux cent quarante-trois voix i !.a ques-
iion préalahle /..,.)
vu la nécessité, dis-je, où nous serions de
prêcher, plus fortement que jamais, le dévouement du fort au faible et la vénération du faible au fort.
Si, dis-je, nous repoussions un pareil ave*
nir, au moment où, mieux que jamais, nous connaissons les lois qui président k la triple vie de l'humanité tout entière et le noble but, matériel autant que moral, qu'elle se propose de faire atteindre à tous ses enfants, grands ou
petits, races, peuples ou individus.
Noble but, matériel autant que moral, qui
consiste pendant qu'elle s'efforce (avec
les engins toujours plus efficaces de son industrie) d'effacer les différences physiques, extérieures, que le cosmos apposa, tout d'abord, seul et fort despotiquement sur chacun
d'eux à les hiérarchiser de mieux en
mieux, grâce à toutes les institutions et conceptions de plus en plus libérales, au point de vue du cœur, du caractère et de l'intelligence, au point de vue de la valeur comme producteur matériel, organisateur temporel et spéculateur spirituel, et cœtera, et cœtera, et cœtera; remplaçantainsi la décroissante influence physique d'un milieu matériel, que toujours elle corrige, par celle de plus en plus morale d'un milieu social qu'elle améliore sans cesse.
Nous ne manquerions pas, dis-je, de ternir, avant notre mort un passé qui ne manque certainement pas de grandeur ; si nous abandonnions ainsi lios enfants de prédilection et nousmêmes, au moment où, mieux que jamais, nous
connaissons toutes ces choses, c'est-à-dire, au moment où mieux que jamais nous connaissons les qualités matérielles, temporelles et spirituelles de la véritable Providence terrestre de
[Le p rés iden l : La q ites l ion p réa lab le
réclamée par l'immense majorité des assistants est mise aux voix )
Je demande, comme première et dernière faveur, de ne point assister au vote qu'elle va provoquer.
{Notre vénérable ami est sorti à pcine^
qu immédiatement l'agitation^ le bruit et les discussions recommencent avec plus de violence que jamais. Décidément il avait, dans Véminente assemblée, pins d'adhérents à ses opinions qu'il n'aurait osé l'espérer )